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Il a pourtant affiché son éternel sourire Ultra Brite, et exprimé sa foi en l’avenir lors du discours d’inauguration. Arnold Schwarzenegger, le charismatique Gouverneur de Californie, n’a pu endiguer un net recul des exposants pour cette édition 2009 du CEBIT touchée par la crise. Philippe MECHIN
Confortique Magazine
Les chiffres sont même impressionnants puisque la baisse est de 25 %. Ce qui représente un bon millier d’exposants en moins. A regarder de plus près, ce sont avant tout les asiatiques qui fournissent le gros du contingent des absents, ce qui permet de dire aux organisateurs que cette baisse est en fait une forme de nettoyage. Ces annulations sont venues d’entreprises qui ne pouvaient apporter de valeur ajoutée au salon, de par leur taille, leur stratégie inadaptée au marché, et leur pauvreté en matière d’innovations. D’ailleurs plutôt que de parler d’annulations, il est plus adéquat de parler de disparitions pures et simples de sociétés insuffisamment armées pour faire face à la crise financière qui secoue le monde depuis septembre 2008. Le raisonnement n’est pas faux. Le meilleur exemple est l’absence, cette année, de ces spectaculaires descentes policières et douanières sur des stands de "copieurs", suivies de la saisie du matériel, et de la fermeture immédiate. Cependant, ceci est un peu court pour justifier intégralement cette baisse. L’univers des technologies de l’information souffre aussi cruellement d’un manque d’innovations. Un phénomène déjà évident l’an passé, et qui se reproduit cette année, en raison d’une absence de prises de risques de la part des industriels en termes de lancement de produits. Pour autant, il est difficile de les blâmer vu la conjoncture lorsque l’on connaît les coûts en matière de recherche&développement, dans ce type d’activité.
La faute aux organisateurs ?Ne faut-il pas non plus chercher du côté des organisateurs, les raisons de cette baisse de fréquentation ? Il nous a semblé, à l’issue de ce salon, que celui-ci manque d’une certaine forme de cohésion, et que le monde du numérique et des technologies est aujourd’hui un gigantesque fourre-tout de fabricants et de services. Même si Deutsche Messe a fait de son mieux pour rendre l’offre cohérente, via un principe de sectorisation, nous ne nous pouvons pas ne nous étonner de voir cohabiter dans un même salon, des univers aussi différents que ceux de la banque et de la finance, les services publics, la télémédecine ou les navigateurs au prétexte que tous intègrent les technologies du numérique dans leur fonctionnement. Ce dénominateur commun est aujourd’hui trop vaste pour offrir une cohérence suffisante. Et comme en plus l’offre de services s’étend un peu plus au détriment de l’offre produits, la "mise en scène" est loin d’être simple. Il est toujours plus attrayant de voir exposées les dernières nouveautés d’un fabricant de PC portables que celles d’un fournisseur de logiciels destinés à améliorer le trafic routier à l’attention des municipalités ou optimiser les transferts interbancaires…
Des exposants satisfaitsQuant aux visiteurs, ils ont également enregistré une baisse d’environ 20 %. Toutefois, et malgré ces temps difficiles que traverse le monde entier, le Cebit reste un grand salon avec pas moins de 4 300 exposants et 400 000 visiteurs. Le socle est donc encore solide, et la quasi-totalité des entreprises présentes affiche un bel optimisme pour les mois et années à venir. Un optimisme qui s’est renforcé au fil des jours grâce à la qualité des contacts pris, et ceci est finalement la mission essentielle d’un salon professionnel. Il faut dire que ce phénomène de déflation d’exposants semble se généraliser sur l’ensemble des salons européens, tous secteurs d’activité confondus, à quelques exceptions près. En cette année de célébration de Darwin, ses travaux semblent plus que jamais d’actualité. La crise financière engendre une sélection naturelle, laquelle au final, s’avère positive pour les plus forts, les mieux structurés, ceux qui ont compris que le monde avait changé depuis le séisme de l’automne passé. Des marchés nouveaux se sont ouverts, des tendances de fond sont apparues, et il existe de beaux jours pour bon nombre d’entreprises. Ainsi pour Patrice Ferrand, Directeur commercial France de Mobotix, leader mondial de la télésurveillance vidéo Megapixel, l’avenir est chargé d’espoirs "Notre positionnement, à savoir la fabrication de caméras haute définition, dites intelligentes, répond à une demande de nos clients, lesquels exigent maintenant une réelle qualité d’image, ce que nous offrons avec nos produits. Mobotix est entreprise allemande d’environ 200 personnes, basée à Kaiserslautern, et nous sommes avant tout éditeurs de logiciels sur nos propres plateformes, lesquelles sont des PC. Nous fabriquons uniquement en Allemagne. Si nous sommes optimistes, c’est non seulement parce que le marché est demandeur, mais parce que nous apportons une technologie qui fait effectuer un bond considérable à ce type d’appareils. Il faut savoir par exemple que ce principe de caméras numériques, fait passer nos images à 3 megapixels, à comparer avec les 0,1 à 0,3 megapixel fourni par une caméra traditionnelle, pour un résultat entre 10 à 30 fois supérieur au niveau du détail. L’avancée est donc spectaculaire, et très bénéfique pour nos clients, qui ont accueilli nos produits très favorablement, puisque nous sommes aujourd’hui leaders mondiaux.Nous sommes d’ailleurs très ambitieux pour le marché français, où nous sommes présents depuis 3 ans via l’équipement de GSB de renom comme Leroy Merlin ou Castorama".
Courant porteurOptimisme également de rigueur chez Devolo leader européen de la technologie CPL, ou courant porteur en ligne, qui possède à ce jour plus de 60 % de parts de marché.Cette entreprise allemande développe et commercialise depuis sa création en 2002 des solutions de transferts de données pour le grand public et les professionnels. À l’occasion du salon de nombreuses nouveautés étaient proposées, et notamment cet étonnant récepteur CPL dLAN TV SAT, qui permet de regarder ses émissions favorites en haute définition sur son ordinateur ou son téléviseur dans toutes les pièces de la maison sans utiliser de câble coaxial. D’autres possibilités sont offertes au consommateur telles que l’enregistrement de programmes. En élargissant les fonctionnalités du courant porteur en ligne via des nouveaux secteurs tels que l’audio et la vidéo, en développant des produits toujours plus performants à l’attention des professionnels, et surtout en faisant de l’électricité un des nouveaux éléments fondamentaux de la connectique, Devolo est à nos yeux l’entreprise la plus innovante de cette édition 2009.
Le drapeau vert flotte sur le CebitPlus que jamais l’étendard des couleurs de l’écologie flotte au firmament. En effet, la Green It ou informatique verte est le thème fédérateur pour la seconde année consécutive, en collaboration avec la Bitkom (association allemande de l’informatique, des télécommunications et des nouveaux médias) et le ministère allemand de l’environnement. De nombreuses marques de renom étaient présentes comme Alcatel Lucent, Fujitsu Siemens, Hitachi, IBM, ou encore Nokia. De nombreuses conférences et tables rondes dédiées à tous les aspects de la Green IT, y étaient proposées, avec en point d’orgue la participation de Klaus Topfer ancien Directeur du programme pour l’environnement aux Nations Unies, sans oublier le forum thématique du même nom. Plus que jamais les questions de réduction des coûts énergétiques sont au cœur de l’actualité, non seulement pour des raisons d’économie, mais les aussi pour des raisons environnementales, lesquelles sont devenues prioritaires dans les comportements d’achat. Avec le Green It world, les visiteurs ont pu non seulement disposer d’une plateforme d’information exhaustive sur les produits et modèles innovants en la matière, mais aussi compléter leurs connaissances via séminaires et conférences.
L’Asie au rencart ?Nous l’avons vu en préambule, ce sont les pays asiatiques qui ont massivement fait défection, sur l’édition 2009 de ce Cebit. Pour autant, le reflux, s’il est conséquent, ne marque pas la fin d’un âge d’or pour un continent après des années de croissance fulgurante. À l’instar du monde entier, l’Asie n’échappe pas à la crise et la tempête balaie les entreprises les plus faibles. Enfin, les salons locaux connaissent un succès grandissant, ce qui n’est pas sans faire de l’ombre à un grand nombre de salons européens. Le salon Electronic de Hong Kong qui peu ou prou propose une offre similaire, connaît un succès qui ne dément pas puisque deux sessions ont lieu en Automne et au Printemps.Enfin de nombreuses entreprises chinoises redéploient leur activité sur le fabuleux marché intérieur, afin de compenser la baisse des exportations, comme nous l’explique Jia Lei Directrice des ventes de Macro leader, entreprise spécialisée notamment dans la fabrication de clés USB "La consommation à l’opposé de ce qui se passe en Occident, ne s’est pas effondrée en Chine, et les perspectives pour les années à venir sont bonnes. Jusqu’à l’an passé, notre société était très tournée vers l’export via l’Amérique du Sud et le Moyen-Orient, mais la situation qui se dégrade un peu partout nous a amenés à reconsidérer notre position. Nous avons donc décidé de porter nos efforts, sur le marché intérieur, sans toutefois abandonner l’export. Ainsi avons-nous créé notre propre marque récemment, pour le marché suisse. Cette marque que nous avons appelée Volk, portera le même nom en Chine. Nous allons proposer toute une gamme spécifique de produits et accessoires dédiés à l’informatique que nous commercialiserons dans les grandes villes comme Shanghai, Beijing, Guangzhou, etc. Toutefois, nous n’abandonnerons pas nos positions sur les marchés d’exportations, mais nous ajusterons notre production en fonction d’une demande différente depuis le début de la crise financière internationale. Nous sommes capables par exemple de livrer de petites quantités et disposons de tous nos produits en stock, afin d’être plus réactifs en termes de délais de livraisons. Si cette année les entreprises asiatiques sont moins présentes, c’est que nombre d’entre elles sont en phase de restructuration. Elles travaillent à un déploiement sur un marché domestique énorme mais très concurrentiel. Beaucoup vont lancer leurs propres marques, qu’elles sont prêtes aussi à commercialiser à l’export. Enfin, les plus faibles, celles qui n’ont pas anticipé cette nouvelle donne, ont ou auront disparu". Si la Chine est le leader incontesté du continent asiatique, bien d’autres pays affichent un dynamisme que la crise mondiale vient à peine altérer. C’est le cas de la Malaisie dont les entreprises s’exposent de plus en plus. Ainsi, nous avons retrouvé Cellframe et son très entreprenant patron Arun Pudur, quelques mois après le CES de Las Vegas, à la conquête de l’Europe, un marché qu’il considère comme plus complexe "Il est évident que l’on ne s’impose pas comme cela en Europe. Le concept de marque notamment est important. Les Européens sont très sensibles à la notoriété. Notre objectif est donc de nous faire connaître. Pour cela bien évidemment, nous utilisons la plateforme qu’est le Cebit, mais nous avons que ce n’est pas suffisant. Nous devons entamer une démarche de long terme qui passe par la mise en place d’une politique de marketing et de communication. Nous allons nous y employer". Malgré des statistiques guère encourageantes, le Cebit reste encore un salon important, pour preuve le taux de satisfaction élevé des exposants qui, malgré la baisse de fréquentation, ont enregistré de très bons résultats sur le plan des affaires et noué d’excellents contacts. Il s’agit maintenant pour les organisateurs de savoir si cette chute est conjoncturelle ou structurelle, voire un peu des deux. La réponse nous la connaîtrons en mars 2010. •
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