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Pascal Le Roux
Nouveau Président du Gimes
Directeur général – CDVI
La sécurité : un marché inégal
Si le segment de la détection intrusion est très impacté par la crise, celui du contrôle d’accès continue de voir la vie en rose même si ce rose est un peu plus palôt que l’année passée. Cependant les nouvelles réglementations ainsi que la loi sur l’accessibilité aux handicapés devraient sauver honorablement les meubles.
Comme bon nombre d’activités, le marché des matériels de détection intrusion n’a pas échappé à la crise, passant de 136 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007 à 116 en 2008 (marché global + ventes de l’ensemble des fabricants). Soit une baisse de -15 % en valeur et de - 14 % en volume. Explication : Dans le domaine du résidentiel, la baisse du marché de la détection d’intrusion est liée à la baisse de la consommation des ménages. En effet, et paradoxalement d’ailleurs, en période de crise, la sécurité n’est plus la préoccupation majeure. "Elle passe même en deuxième ou troisième position" traduit Jacques Husser, Président de la commission marché et Directeur général d’Atral. Une période néfaste donc à laquelle est venu s’ajouter tout logiquement un déstockage conséquent des GSB. Le tout, dans une ambiance un brin délétère puisque chez les individus, le sentiment (mais au vu des derniers chiffres des cambriolages, nous nous situons bien au-delà du sentiment !) d’insécurité grandit.
Le contrôle d’accès vogue sur un courant porteur
Autre particularité dans le domaine du tertiaire cette fois, si le besoin de protection reste une réalité, la concrétisation des affaires est elle aussi en forte baisse. Et l’avenir est toujours aussi sombre : bien que les commandes sur les trois premiers mois de l’année 2009 n’aient pas enregistré de chute sensible, les perspectives pour l’ensemble de l’année laissent augurer une nouvelle régression comprise entre 10 % et 15 % – le résidentiel étant toujours plus affecté que le tertiaire, souligne-t-on au Gimes. A noter toutefois que neuf installations sur dix sont toujours vendues et installées par des professionnels (spécialistes alarmes, électriciens,..) sur le segment de la détection intrusion.
Si Jacques Husser ne cache pas son pessimisme pour le proche avenir de la détection intrusion, le contrôle d’accès en revanche, (interphonie, système de lecture par badge ou clavier codé…) enregistre une petite embellie. Ce secteur d’activité qui regroupe 17 fabricants (résidentiel et tertiaire), a connu une année 2008 en légère croissance (+ 5 %) après, faut-il le souligner, une année 2007 exceptionnelle (+ 15 %). Le marché français du contrôle d’accès résidentiel a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires (ventes de l’ensemble des fabricants) estimé à 126 millions d’euros. "Aujourd’hui, précise Luc Sersiron, Président du pôle "Système de contrôle d’accès" au Gimes et par ailleurs Directeur commercial d’Arnould/Bticino Cofrel, ce secteur est en phase de maturité ; il a atteint sa vitesse de croisière de 2 à 3 % par an".
Sur ce segment, l’interphonie maintient elle aussi le cap malgré le ralentissement du bâtiment, avec une progression du chiffre d’affaires de 5 %. Ce qui peut se comprendre dans la mesure où tout bâtiment neuf se doit d’être désormais équipé d’un portier video. Mais pas seulement. Les mix produits et surtout le dynamisme des fabricants qui allient avec succès technologie et esthétique y sont pour beaucoup. Du coup, dans le résidentiel , la video progresse de 15 % alors que l’audio connaît une baisse de 5 %.
Cependant, avec l’application de la réglementation relative à l’accessibilité des personnes handicapées dans les bâtiments d’habitation collectifs neufs et existants et les maisons individuelles en construction, le marché devrait afficher en 2009 une progression. Les résultats du 1er trimestre le laissent en tout cas présager. D’autant plus que grâce à la domotique, la technologie assure désormais des fonctions variées : il est possible à la fois de couper son chauffage ou détecter une fenêtre ouverte et bien d’autres choses encore ; cependant, pas question pour les professionnels du secteur de se perdre en conjecture. "Il ne faut pas gêner la fonction de base qui reste avant tout la sécurité", prévient Jacques Husser. "Quelle est la fonction souhaitée ? A nous de clarifier tout cela". La fonction sécuritaire d’un système serait-elle, du coup, moins… sécurisée ? Ce serait un comble !
Un partenariat efficace avec Récylum
En association avec Domergie, Gisel et le Syndicat de l’Eclairage, le Gimes qui vient d’élire Pascal Le Roux à la présidence, a conclu un accord avec Récylum assurant la collecte des EEE (équipements électriques et électroniques) dès 2010. Afin de faciliter le déploiement optimal de la filière des DEEE professionnels, il a même été décidé de lancer, dès la fin de l’année, une opération pilote en région Rhône-Alpes. Objectif : "obtenir une meilleure visibilité sur les coûts permettant de dimensionner au mieux les moyens opérationnels du dispositif et assurer son déploiement optimal au plan national".
Mais le grand cheval de bataille du Gimes restera la démocratisation du système anti intrusion. Une démocratisation qui passe, entre autres, par la diffusion des Guides du contrôle d’accès dans le tertiaire, et par la protection des chantiers. En effet, on estime à un milliard d'euros le coût des vols commis chaque année sur les chantiers.
propos recueillis par Brigitte Taunais