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Electronic Fair |
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C’est dans un climat de crise financière aigüe que s’est ouverte à Hong Kong la session d’automne du salon Electronic fair. C’est sur des résultats records, tant en termes de visitorat que d’exposants que celle-ci s’est refermée. Les chiffres sont vertigineux et confirment la position de leader incontesté sur l’Asie, et surtout de deuxième salon mondial dédié à la profession. Mais comment font-ils donc ? Philippe MECHIN
Confortique Magazine
Telle est la question que l’on peut légitimement se poser. En effet, les chiffres sont ahurissants, puisque pas moins de 3 172 exposants ont présenté leurs produits et nouveautés, sur le magnifique site du Convention and Exhibition center, toujours modernisé, toujours amélioré lors de chaque nouvelle manifestation. Mais, pour cette édition d’automne d’Electronic fair cette fois-ci, il a fallu aller plus loin. Les organisateurs ont été obligés d’ajouter des halls supplémentaires à l’extérieur pour accueillir notamment les fabricants de navigation embarquée. Quant aux visiteurs ils ont eux aussi atteint le chiffre record de 90 152. Toutefois, il faut savoir que cette foire possède une spécificité, puisqu’elle accueille en son sein sous la bannière HKTDC, en collaboration avec MMI Munich, Electronic Asia, dédié aux composants électroniques. En conséquence, la répartition des chiffres s’élève à 56 219 visiteurs pour la partie consacrée aux produits manufacturés, et 33 933 pour la partie purement composants techniques. La ventilation du nombre de stands s’établit à 2 610 pour les premiers, et 562 pour les seconds. Voilà pour la vérité des chiffres. Mais, au-delà de ces statistiques impressionnantes, quelle est la recette d’un tel succès ? A vrai dire, il n’y a pas une recette miracle, mais plusieurs raisons objectives. Mais avant tout si aujourd’hui Electronic Hong Kong peut s’enorgueillir de ces résultats exceptionnels, force est de reconnaître qu’ils sont le fruit d’un travail de fond, et d’un sens du détail et de l’organisation, probablement uniques en Asie, voire au monde.
Ils ont pensé à toutC’est avant tout ce qui frappe lorsque l’on pénètre pour la première fois sur le salon. Il règne, malgré l’affluence extrême et une promiscuité de stands surprenante sur une telle surface, une incroyable sensation de sérénité et de confort. Confort acoustique, tout d’abord. Nous sommes loin de ces salons assourdissants, mal insonorisés, qui distillent des décibels épuisants pour les oreilles du visiteur. Ce qui pourrait paraître comme un détail prend toute son importance sur une exposition réservée à cette typologie de produits, où souvent les démonstrations de produits audio ou vidéo tournent à la cacophonie, allant jusqu’à perturber les entretiens clients fournisseurs. Nous avons encore en mémoire l’exemple du leader mondial du métier, à savoir le CES de Las Vegas, où trop souvent, les visiteurs sont agressées par des sonorisations diverses poussées à l’extrême. Ce qui frappe également, c’est le soin apporté à la décoration, aux lumières. Pas de couleurs agressives, pas de lumières violentes. Tout est ouaté, feutré, tamisé. Les halls d’exposition se succèdent selon une logique claire, et la signalisation est omniprésente. Enfin, ils ne sont pas atteints par la maladie du gigantisme. Ils se démultiplient afin d’éviter ce piège, et surtout souhaitent conserver une dimension humaine. L’autre atout remarquable du Convention and Exhibition Center réside dans l’omniprésence de grandes baies vitrées entre les différents étages. Un salon est un endroit clos où l’on passe souvent des heures, voire des journées. Dans bien des cas, cette absence de lumière du jour fait perdre la notion du temps ce qui est au demeurant fort désagréable, et ajoute aussi à la fatigue. Rien de tout cela ici, et entre chaque étage, le visiteur peut profiter pleinement non seulement de la lumière, mais également du magnifique spectacle de la baie du "port des parfums" traduction littérale du nom chinois de la ville (ndlr). Enfin, il y a ces moquettes épaisses, ces escaliers roulants, la courtoisie du personnel, bref l’efficacité.
Le souci du détailCette remarquable infrastructure en permanente évolution, est le fruit d’un travail de tous les instants, et celui de la quête d’une certaine perfection au service des professionnels qui visitent ou exposent sur le site lors des foires dédiées à leur métier. Ce sens du détail, cette quête de la qualité d’accueil, fait que très vite la "sauce" prend, et que les exposants et les visiteurs y trouvent largement leur compte. À cet effet, le salon de l’électronique, doté de l’âge respectable de 28 ans cette année, poursuit sa progression inexorable, tant en exposants qu’en visiteurs, nous l’avons vu. Mais mieux encore, il possède une autre session qui se déroule au printemps. En effet, le succès est tel que pour faire suite à la demande expresse des fabricants, il a été décidé, il y 4 ans, de créer une édition de printemps, et que croyez-vous qu’il arrivât ? On y joue désormais aussi à guichets fermés… Tout ceci prouve en tout cas, que le monde des salons a encore de beaux jours devant lui, à la condition sine qua non que l’organisation propose un environnement propice à des échanges commerciaux qui puissent se faire dans les meilleures conditions. Un salon agréable à "vivre" attire les visiteurs. Sa facilité d’accès entre aussi en ligne de compte. Et dans ce domaine Hong Kong n’a rien à craindre de personne tant les transports sont simples, rapides, propres, accessibles. Enfin pour les visiteurs étrangers, le grand aéroport ultra moderne de Chep Lap kok, lequel accueille le monde entier, est aussi un atout décisif, sans oublier un parc hôtelier pléthorique.
Une offre exhaustiveC’est aussi un des choix des organisateurs que de vouloir présenter une offre la plus complète possible de tout ce qui se fabrique dans le domaine de l’électronique. Electronic Hong Kong n’est pas seulement un salon du brun ou de l’IT. Tout produit qui a un rapport à l’électronique domestique a sa place ici. Toutefois, ce n’est pas un bazar, tant s’en faut, et tous les fabricants s’exposent selon des catégories, via des halls thématiques. Si l’univers du petit électroménager, cohabite avec celui du healthcare, du multimedia, ou de la navigation embarquée, tout ce petit monde est installé selon une organisation spécifique propre à faciliter la tâche du visiteur en fonction de son activité professionnelle, et toute famille se voit attribuer une place bien déterminée. Ainsi, les exposants de la navigation embarquée, nouveaux venus, ont-ils pu étrenner un hall bien spécifique, à l’extérieur, nous l’avons vu, mais immanquable pour les visiteurs professionnels concernés. Cette exhaustivité de l’offre, nous en avons la meilleure preuve avec la liste des différents types de produits, au nombre de 12. Cela allait des produits image et son, à l’univers du digital, en passant par le multimedia, l’accessoirisation, la navigation embarquée, les assistants personnels, la télécommunication, la bureautique, sans oublier la sécurité et la santé, la domotique, et l’électroménager domestique, et enfin les services. Toute l’offre, au-delà de sa mise en ordre, a également été l’objet de mises en scènes, d’animations, avec notamment le Hall of Fame, où se sont regroupés tous les grands noms de l’électronique grand public. Autre pôle d’attraction, le Digital World, avec ses deux zones thématiques dédiées au digital, l’une sous toutes ses formes, et l’autre uniquement aux produits domestiques. Les deux regroupaient ensemble pas moins de 320 exposants. Toujours dans le même esprit, les visiteurs ont pu découvrir l’espace technologie, où ils ont pu admirer les prototypes de demain, et ce qui se fait de plus innovant dans le domaine. Enfin, mais là nous ne sommes plus dans l’animation, Electronic Asia véritable salon dans le salon réservé aux fabricants de composants a accueilli, pas moins de 33 000 visiteurs sur ses 565 stands. Par ailleurs, au-delà de l’offre produit, de nombreux séminaires et conférences ont permis de s’informer et d’échanger points de vue et idées à propos d’un marché en constante évolution.
Priorité aux marchés émergentsL’avènement d’Electronic fair et de son "petit frère" Electronic Asia au firmament de grands rendez-vous internationaux d’une profession ne s’est pas fait sans efforts. Seuls les chiffres permettent de réaliser l’ampleur des efforts déployés par HKTDC, l’organisateur et ses 40 représentations mondiales dont 11 en Chine. En effet celui-ci a organisé 100 missions économiques regroupant 4 000 entreprises et 7 000 acheteurs venus de 68 pays, pour Electronic fair, et 39 représentants, 1 000 entreprises et 1 500 acheteurs venus de 30 pays pour Electronic Asia. Ces chiffres vertigineux démontrent l’ampleur de la tâche. A travers ces missions économiques, priorité cette année et plus que jamais a été donnée aux marchés dits émergents. La crise qui dévaste nos économies occidentales accentue cette priorité. Bien évidemment, la Chine dite "mainland" est l’objet de toutes les attentions. Même si celle-ci n’est pas épargnée par la crise, son marché intérieur est un relais de croissance et une source de développement déterminante pour les années à venir. La Russie, les pays de l’Est, l’Amérique du Sud avec l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, Le Chili, le Pérou, le Moyen-Orient, via les Emirats, le Liban, la Syrie, et enfin l’Asie du Sud-est avec la Malaisie, les Philippines, Singapour, Taiwan, la Thaïlande et le Vietnam, sans oublier l’Inde bien sûr ont absorbé à eux seuls 45 % de toutes ces missions. Pour Roy Chung, Président de la commission produits électroniques au sein de HKTDC, il est clair que si l’avenir se situe au sein des pays émergents, il ne faut surtout pas négliger les pays industrialisés occidentaux, qui même s’ils connaissent une période économique délicate, restent de grands consommateurs de nouveautés de produits haute technologie. La connectivité, la navigation embarquée, le bluetooth, la sécurité, mais aussi les loisirs sont des secteurs qui sont loin d’avoir connu leur apogée. C’est pour cette raison que de nombreux acheteurs occidentaux se déplacent sur Electronic fair. C’est l’occasion de faire un point sur les nouveautés et les tendances du marché asiatique, surtout chinois. De par son positionnement géographique, Hong Kong est une plateforme idéale. Le salon est devenu la vitrine non seulement du savoir-faire local, mais également de toute la Chine. En se déplaçant sur Electronic fair, les acheteurs ont en quelques jours, une idée précise de ce qui se conçoit et se fabrique dans le pays. Porte ouverte donc sur la Chine, ce gigantesque marché si compliqué, mais également porte ouverte sur le monde. Hong Kong, territoire anglophone cultive son internationalité depuis des lustres. Aujourd’hui s’y croise le monde entier. Electronic fair en a été le parfait exemple puisque 32 000 visiteurs étrangers ont fait le déplacement dont 65 000 européens. Pas moins de 29 nationalités se sont comptées parmi les exposants. Malgré cette crise financière qui dévaste l’univers bancaire, nombre d’industries sont toujours à la pointe de la création, de l’innovation et, malgré les vents mauvais, continuent de tailler leur route. Alors que l’on pouvait craindre des résultats décevants surtout sur le plan du visitorat international, les acteurs de ce marché ne se sont pas envolés, bien au contraire. C’est réconfortant pour l’avenir, et surtout une preuve de la déconnection totale des marchés financiers avec la réalité économique. Ceci prouve en tout cas qu’en ces temps difficiles, beaucoup d’industriels n’ont rien perdu de leur dynamisme, et qu’il existe encore des marchés à potentiel de développement important. N’en déplaise à messieurs les banquiers… •
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