IFA Blanc 2009
Le drapeau du BLANC flotte sur le Pem

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Index de l'article
1. Le drapeau du Blanc flotte sur la marmite du Pem
2. Jens Heittecker, IFA
3. Jean-Christophe Nicodème, BSH
4. Franjo Bobinac, Gorenje
5. Vincent Bougeard, Kenwood et Delonghi
6. Fabien Seingier, Electrolux
7. Matej Cufer, Gorenje
8. IFA Blanc : la vitrine

Incontestable succès que cette deuxième édition de l’Ifa réservée aux industriels du blanc. Les halls dédiés aux exposants de la profession ont fait le plein, grâce essentiellement à la présence massive des fabricants du petit électroménager.

Philippe MECHIN
Confortique Magazine
n° 213 octobre 2009

 
Si la majorité des grands noms a donc répondu présent au rendez-vous Berlinois, la bataille n’est pas encore totalement gagnée pour les organisateurs afin que ceux-ci puissent se prévaloir d’avoir fait de l’Ifa, le salon incontournable du blanc. Des acteurs comme Whirlpool, Fagor-Brandt ou Merloni, manquaient à l’appel, ce qui dans une profession très regroupée est fâcheux. En effet, à l’instar des grandes industries de biens de consommation, comme l’automobile, la concentration est très forte, et les marques sont aux mains de seulement quelques groupes. Ainsi, suffit-il que deux ou trois d’entre eux fassent défection pour que le salon ne soit pas la vitrine exhaustive de la profession. Le deuxième effet pervers de cette hyperconcentration implique l’obligation faite aux industriels de louer des surfaces très importantes, afin de pouvoir présenter leurs gammes et nouveautés fort nombreuses, dans un métier ou l’innovation est une seconde nature. Les exposer implique donc des coûts élevés, et même si ces entreprises possèdent des dimensions internationales, les temps difficiles que nous traversons ne sont pas sans conséquences sur leurs investissements. Le cas de figure s’est déjà produit il y a quelques années avec le salon Confortec, héritier du légendaire salon des arts ménagers, où la défection simultanée de 3 grands groupes a rendu le salon caduc, dans la mesure où l’offre proposée n’était plus représentative de la réalité du marché. Les organisateurs ont donc préféré mettre fin à une aventure qui pourtant connut de beaux moments de gloire dans les années 90.

A Berlin, en termes d’offre pure, le cas de figure est similaire. Ironie du sort, les mêmes qui, il y a quelques années, ont jeté l’éponge considérant que le media salon ne correspondait plus à leurs besoins, n’ont pas varié de position, et ont brillé par leur absence. Ce choix leur appartient, mais il pose toujours le même problème qu’il y a quelques années en termes de représentativité. Un salon automobile où le groupe PSA, Volkswagen et Fiat seraient absents serait-il la vitrine de la profession ? Que nenni, penseriez-vous, et vous auriez mille fois raison !

Berlin, avec son offre incomplète de par l’absence de 3 grands acteurs, présente le même cas de figure. Il est donc prématuré de parler de l’Ifa comme le grand salon européen du blanc. L’offre est encore à ce jour incomplète.

 

Le Pem en soutien

Toutefois, cette seconde édition est très loin d’être un échec. Tout d’abord, force est de reconnaître que le marché a évolué depuis les années 2000 et le sabordage de Confortec. L’absence des grands noms précités est moins préjudiciable, dans la mesure où depuis quelques années de nouveaux acteurs tels que LG, Samsung, Gorenje, ou Haier sont apparus sur le marché, avec des produits nouveaux, une stratégie de communication agressive, une image de savoir-faire technologique issue de leur notoriété dans le domaine de l’électronique grand public (Samsung, Haier) et qui à défaut de faire oublier totalement les absents, atténuent l’impression de vide qu’ils auraient laissée il y a quelques années.

Enfin, et là n’est pas le moindre des mérites des organisateurs, ils ont su attirer les acteurs du marché du Pem qui ont investi massivement les halls qui leurs étaient dédiés. Leur venue a définitivement comblé des vides potentiels, et démontré surtout que ce marché est toujours très vigoureux et particulièrement créatif. Son champ d’action s’élargissant toujours un peu plus, s’attaquant maintenant à un secteur du healthcare, du wellness, et de la santé, en plein boom, nous y reviendrons un peu plus loin.

En conclusion force est de dire que le salon Ifa dit "blanc" est un succès. L’alchimie de l’intégration au sein d’un salon de l’électronique grand public a plutôt bien fonctionné. Il faut dire que les passerelles sont réelles tant la technologie utilisée est désormais similaire. Les produits qu’ils soient purement blancs ou Pem, sont désormais de petits bijoux toujours plus sophistiqués, où les processeurs font florès à la demande d’un public toujours plus exigeant.

 

Berlin, capitale de l’Europe

Il faut reconnaître que Berlin est le rendez-vous Européen dont la distribution spécialisée avait besoin. A cet effet les organisateurs n’ont pas ménagé leur peine, puisque c’est la Chancelière Angela Merkel en personne qui a inauguré le salon. Les résultats sont en tout cas à la hauteur des efforts déployés, puisque pas moins de 228 000 visiteurs ont fait le déplacement, un chiffre qui représente une progression de 8 % par rapport au visitorat de l’an passé. Voilà un excellent résultat qui se doit d’être signalé, dans un contexte "douloureux" pour les salons européens, à l’exception des salons allemands qui, à quelques exceptions près, restent les maîtres incontestés dans notre Vieille Europe. Alors qu’ailleurs nombre de foires professionnelles se contentent de résultats stabilisés pour les meilleurs d’entre elles, et de baisses conséquentes pour d’autres, quel que soit le secteur, l’Ifa enregistre une progression remarquable. Le succès du rendez-vous berlinois illustre le besoin réel de la distribution spécialisée européenne. Celle-ci propose, d’une manière générale, le couplage Brun/Blanc à sa clientèle. Cette spécificité est notoire chez nous dans les enseignes de réseaux longs. Toujours est-il que toute une profession se voit une occasion unique de découvrir l’exhaustivité de ce qu’elle commercialise dans ses magasins. Cette complémentarité proposée par l’Ifa est unique en Europe. Dans le monde seuls les 2 salons saisonniers de Hong Kong peuvent revendiquer une offre similaire, à la différence près que ces derniers sont typés sourcing et OEM dans leurs produits, donc plus dédiés à la très grande distribution, tandis que Berlin est typé, salon de marques. Toutefois, les choses évoluent très vite sur le continent asiatique, et Hong Kong sera à n’en pas douter la vitrine des marques asiatiques, et notamment chinoises qui s’apprêtent à envahir le monde et l‘Europe en priorité.

 

La Chancelière Angela Merkel, en personne, a inauguré le Salon.
Patrick Bailly, Directeur général de Haier.
Polti, une affaire de famille...
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Circuler y a tout à voir

A l’instar de son grand frère de l’Electronique Grand Public, l’espace dédié au blanc et au petit électroménager, largement majoritaire en termes d’exposants, a été marqué du sceau de l’innovation. Les nouveautés omniprésentes ont été l’illustration d’une profession qui affiche un réel dynamisme, porté par une concurrence acharnée, malgré les vents mauvais qui soufflent sur nos économies mondiales. Quoi qu’il en soit, la sacro-sainte innovation se doit d’être beaucoup plus qu’un détail sur un produit. La technologie est une exigence des consommateurs, bien plus souvent qu’un prix. Haier, comme ses concurrents, se positionne sur ce créneau, dans un environnement compliqué pour le géant chinois, comme nous l’a expliqué Patrick Bailly son Directeur général : "L’actualité de Haier est principalement orientée sur la technologie via ses innovations. Ce principe s’applique à diverses lignes de produits tels que les réfrigérateurs à tiroirs, avec lesquels nous rencontrons un grand succès auprès de la distribution et du consommateur. Cette gamme se décline sur des modèles de différentes dimensions de 60 à 90 m de large. Ceci étant, les temps sont difficiles, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je dois reconnaître qu’il n’est pas facile dans ce contexte d’imposer sur le marché un groupe chinois, en 2010, en Europe de l’Ouest. Probablement arrivons-nous 10 ans trop tard. Pour ajouter aux difficultés, la distribution française est en phase de transformation. Ainsi, une société comme But réorganise son service achats, Conforama remanie son équipe à l’occasion de l’arrivée de son nouveau président, bref tous ces événements ne facilitent pas la tâche d’une marque émergente comme la nôtre, pour assurer son développement pérenne dans la sérénité. Si j’avais pu, comme je l’ai dit, défendre les couleurs de Haier sur le marché, il y a 10 ans, à l’instar de Samsung, il est clair que la situation eut été plus facile. L’équilibre entre l’offre et la demande était beaucoup plus favorable pour un nouvel arrivant, alors qu’aujourd’hui le marché est mature, pour ne pas dire saturé. Quant à la distribution, celle-ci est considérablement centralisée, et surtout très conservatrice. Ceci nous procure un gros handicap. Nous avons donc aujourd’hui besoin d’un partenaire visionnaire qui pariera sur nous avec notamment tous les avantages que cela lui procurera pour sa rentabilité, ce qui n’est pas le cas chez nos concurrents qui ont une distribution numérique pléthorique, laquelle est impactée par exemple par des remises de sortie de caisse. Travailler avec nous implique des notions de protection et de refuge qu’un distributeur peut prendre en considération et en apprécier les avantages. Enfin, sur le plan technique, nous pouvons désormais offrir de vrais produits, adaptés à la demande européenne, issus des recherches et du travail de nos services de recherche et développement. C’est notamment le cas de notre réfrigérateur à tiroir. C’est pour cela que la vraie innovation "utile" est un des challenges que nous voulons relever. Ainsi, le lave-linge sans détergent dit hybride que nous avons lancé, est à ce jour un "concept produit", mais servira de référence à tous les modèles que nous lancerons. Je voudrais également profiter de ce salon pour annoncer notre partenariat avec la société Exalto pour les produits blancs et bruns en Belgique et au Luxembourg. C’est une grande satisfaction, car ceci nous permettra de renforcer nos positions entre l’Allemagne et la France". Parmi toutes les nouveautés lancées par les grandes marques du blanc, les tendances sont très nettement à l’économie d’énergie, faut-il s’en étonner, via les technologies de pointe en matière de composants. C’est notamment le cas dans le domaine des lave-linge où les moteurs à induction sans poulie ni courroie se généralisent, lesquels garantissent économie bien sûr, mais aussi silence de fonctionnement. Les lave-vaisselle proposent des capacités de lavage toujours plus élevées, tout en offrant des consommations d’eau de plus en plus conséquentes.

 

A la santé du Pem

Pleins feux sur les produits Healthcare, wellness, plaisir. L’heure est au bien-être, à la santé dans ce monde de brutes. Le marché des machines à café ne faiblit pas, et le secteur bouge. C’est ainsi que Philips vient de racheter la firme Italienne Saeco. Le paramédical en plein boom est très présent, via les divers instruments de contrôle de notre santé. Enfin, pour notre vie quotidienne, les appareils que nous utilisons au quotidien pour les tâches ménagères se sophistiquent à l’extrême comme cet aspirateur hybride que lance Miele, lequel fonctionne avec deux moteurs à la manière des automobiles pour une utilisation autonome pendant quelques minutes. En tout cas, les aspirateurs de grand-papa sont morts. Place désormais à l’esthétique, comme ceux que propose Dirtdevil, très "tendances", dessinés par un designer américain ! Polti, un des grands noms du nettoyage à vapeur, privilégie élégance, et fonctionnalité. "L’Italian touch" selon Franco Polti, Président de la célèbre marque Italienne du même nom, qui se réjouit de ses résultats, notamment à l’export. "Excepté l’Espagne, où la situation économique est mauvaise, nous affichons d’excellents résultats sur tous nos marchés internationaux. Nous sommes leaders dans de nombreux pays européens et avons l’intention de le devenir en France très vite. A cet effet, nous lançons beaucoup de nouveautés. Nous sommes probablement les seuls ici, dans notre métier, à en présenter autant. C’est ce qui justifie notre présence sur le salon. Innovations, qualité, design et haut de gamme sont les quatre mots clés de notre production, venue de nos deux usines. L’une se situe à Côme, et l’autre au Mexique afin de nous attaquer au marché américain."

Enfin comme l’aspiration à l’hédonisme est non seulement une tendance, mais un mouvement de fond dans nos sociétés modernes, les produits qui alimentent ce "marché" semblent avoir le vent en poupe en Europe, comme les caves à vins dont Climadiff est un des éminents spécialistes. Pour Renaud de Barry son Dirigeant, la présence à Berlin s’inscrit dans une stratégie bien déterminée : "Notre volonté est de nous développer le plus possible à l’international. Nous sommes LES spécialistes de la cave à vin et nous essayons de dupliquer ce modèle à l’export. Nous exposons à Berlin, car nous pensons que l’Ifa est le meilleur endroit pour rencontrer les clients potentiels des pays de l’Est, Russie, Pologne, Tchéquie, etc. et toute l’Europe en général. Nous sommes leaders à ce jour en France, avec 45 % du marché, et nous nous voyons difficilement grimper plus haut sur notre marché intérieur. Notre futur passe donc par l’international. D’autre part, nous nous développons actuellement en Allemagne, et ceci justifie également notre présence sur le salon. Nous en profitons également pour proposer un maximum de nouveautés. En effet, notre réaction face à la crise a été d’investir dans de nouveaux produits, tant en vieillissement qu’en préservation, afin d’être prêts lorsque l’activité économique redémarrera".

 

Un salon pérenne ?

Au vu des chiffres, l’Ifa blanc a semble-t-il trouvé sa place, et s’est imposé en deux ans comme le rendez-vous de la profession. Il reste cependant une interrogation majeure. Au vu de la typologie d’un métier très concentré en quelques groupes, il suffit que deux ou trois d’entre eux fassent de nouveau défection, et c’en sera fini d’un vrai salon blanc. Reste que le géant Bosch Siemens à l’origine de l’initiative via son président de l’époque et responsable du syndicat de la profession est Allemand. Cela constitue un bel atout, pas une garantie absolue toutefois.

Au cas où les mêmes causes reproduiraient les mêmes effets, l’Ifa deviendra non plus le salon du blanc, mais celui du Pem. •



 
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