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Las Vegas |
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En ce début d’une année 2009 historique à bien des égards, en raison notamment du "sacre" de Barack Obama, 44e Président des Etats-Unis attendu comme un messie, s’est tenue à Las Vegas l’édition 2009 du Consumer Electronic show. Malgré les effets dévastateurs de la tempête économique qui s’abat sur le monde, le salon reste le premier rendez-vous mondial d’un métier qui maintient le cap. Philippe MECHIN
Confortique Magazine
C’est en effet bien le vent de l’histoire que nous avons respiré dans la capitale mondiale du jeu et des plaisirs. Une histoire qui s’écrit sur fond d’une crise terrible, probablement la pire de ce siècle, aux dires des experts. Pas besoin toutefois d’être grand clerc pour en mesurer les effets. Magasins et centres commerciaux désespérément vides en cette période de soldes, restaurants et hôtels loin de faire le plein, tables de casinos clairsemées. Plus incroyable encore ces grues immobiles, ces chantiers de vastes complexes provisoirement arrêtés, preuves accablantes que l’oncle Sam est très malade et que la potion du docteur Obama devra être forte pour empêcher que son état de santé ne s’aggrave et ne vienne contaminer plus encore un monde entier qui tousse déjà très fortement. C’est dans ce contexte morose que s’est déroulé le CES. Et pourtant malgré les mauvaises nouvelles et les nuages qui s’amoncèlent, le "navire" a encore cette année maintenu le cap, avec 2 700 exposants et un visitorat qui s’est maintenu aux alentours de 200 000. Ces chiffres démontrent que, quelles que soient les circonstances, Las Vegas reste bien quantitativement et jusqu’à nouvel ordre, le premier rendez-vous mondial de l’électronique grand public. Son succès tient évidemment dans le choix d’un site qui malgré la crise, est un lieu universellement connu et reconnu. Le nom Las Vegas reste quoi que l’on puisse en penser, un label universel, au pouvoir d’attraction incomparable. Autre raison majeure de ce succès, le CES est bien LE salon incontournable du métier, dans la mesure où tous les secteurs d’activités sont représentés. A comparer avec son rival européen, L’IFA qui se déroule début septembre à Berlin et qui, à tort ou à raison souffre d’être avant toute chose le rendez-vous mondial de l’écran plat, et peut être bientôt celui de l’électroménager blanc, mais ceci est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, le monde entier se retrouve chaque année sur le CES, crise ou pas crise, preuve que Las Vegas, est L’as des as…
Les acheteurs au rendez-vousToutefois, un salon aussi intéressant soit-il a pour mission essentielle de réunir la profession, acheteurs et fabricants afin de prendre la température, découvrir les tendances en vue d’achats à court ou moyen terme pour les uns, proposer les nouveautés et innovations pour les autres. D’après les fabricants que nous avons rencontrés, les résultats ont été à la hauteur des espérances, voire même plus, nous le verrons plus loin. Toujours est-il qu’une curieuse tendance est entrain de se dessiner, via une relative désaffection de certains salons européens (pas tous, loin s’en faut) au profit des salons du bout du monde. Devons-nous nous en étonner dans ce contexte de globalisation de l’économie ? Toujours est-il que la qualité des contacts humains loin des bases est différente. Le temps et la disponibilité de chacun s’en trouvent grandement améliorés. Le voyage éclair aller-retour dans la journée, ou chaque seconde de l’emploi du temps est comptée, n’a plus court lorsque l’on se trouve éloigné de 10 000 km, pour ne prendre que le cas des Européens. Dans ces conditions, chacun se trouve plus réceptif, plus à l’écoute, et la dimension accordée au temps reprend toute sa valeur. Les relations acheteurs fournisseurs s’en trouvent grandement améliorées aux dires de nombreux fabricants. Enfin l’universalité d’un salon comme le CES, permet des rencontres internationales inédites. Tout ceci explique probablement le succès grandissant des salons extra européens lointains. Bref, l’alchimie des échanges de qualité a fonctionné cette année encore, et pourtant l’offre n’était pas révolutionnaire, loin s’en faut.
L’écran plat crève… l’écranEn effet, ce ne sont pas les nouveautés exceptionnelles qui ont fait traverser l’Atlantique aux visiteurs et acheteurs. Pas d’événement à sensation dans cet univers de l’électronique grand public qui nous avait habitués ces dernières années aux nouveautés chic et choc. Les ingénieurs n’ont pourtant pas laissé leur imagination et leur savoir-faire au vestiaire, mais toujours est-il que c’est au service de nouveautés moins spectaculaires qu’ils ont porté leurs efforts et leur attention. Bien évidemment, les téléviseurs à écran plat ont une fois encore occupé la vedette. La bataille y fait toujours rage, et chaque fabricant rivalise d’imagination pour présenter des écrans toujours plus plats. Mais rien de surprenant en la matière, habitués que nous sommes désormais à ces téléviseurs "slim". L’enjeu aujourd’hui, est avant tout d’ordre technique. L’amélioration de la qualité de l’image est l’objectif de tous les constructeurs, via notamment la technologie du rétroéclairage par Led, comme nous l’a confirmé Alain Appriou, Directeur marketing électronique grand public chez Toshiba "Le rétroéclairage par la technologie Led répond à un double objectif. Tout d’abord il améliore grandement la qualité notamment sur le plan des contrastes. Les noirs sont plus noirs, les blancs plus blancs. Il permet également de "rogner" sur la profondeur des écrans. Ainsi aujourd’hui arrive-t-on grâce à ce procédé à fabriquer des écrans qui passent de 10/13 cm à 4 cm. L’autre avantage majeur de cette technologie réside dans la réduction de la consommation d’énergie, enjeu essentiel s’il en est. Toujours sur le plan de l’amélioration de l’image, nous travaillons sur les puces. Nous aurons également des menus très réactifs grâce à un disque dur de 3 terrabits. Bien d’autres éléments comme le 200 hertz, et le backlight scannning accompagnent ces avancées en matière d’amélioration de la qualité". Cette course à l’amélioration de la qualité et de l’économie d’énergie trouve son écho chez tous les fabricants. Ainsi Patrick Chardin Directeur général ventes et marketing chez Sharp ne dit pas autre chose "C’est le grand challenge des années à venir pour les fabricants. Notre objectif est de réduire la consommation de 50 % sans nuire à la qualité de l’image. Ceci passe par le rétroéclairage par Led, mais également par des détails comme la consommation zéro lorsque les appareils sont en veille". Au-delà de ces impératifs, l’esthétique et le design font leur entrée sur le marché comme nous le confirme Alain Appriou (Toshiba). "L’acquisition d’un téléviseur à écran plat est un acte où désormais Madame a son mot à dire. Les femmes sont prescriptrices dans les décisions d’achat, et le design est un élément déterminant. Ainsi mettons-nous, à cet effet sur le marché une gamme nommée Lagoon, de couleur noire et irisée autour de l’écran". Généralisation de la technologie du rétroéclairage par Led, économie d’energie, développement du design, apparition de l’image en 3d, les écrans plats ont encore bien des sources de développement pour les années à venir. Certes la progression du marché n’est plus ce qu’elle était, mais celle-ci résiste encore suffisamment pour assurer le "spectacle" sur les prochains salons. Reste la problématique de la rentabilité pour les fabricants. Mais ceci est une autre histoire…
La photo sous les flashs de l’actualitéAutre vedette la photo. Avec l’avènement du numérique, le marché a connu ces dernières années une révolution sans précédent. Tous les fabricants s’y sont mis avec plus ou moins de bonheur, des noms nouveaux sont apparus, et les appareils sont devenus des petits bijoux de technologie. Avec à la clé, comme toujours dans l’électronique grand public, une terrible bataille des prix. Bien évidemment le marché a lui aussi évolué avec l’apparition des bridges et des reflex. Mais la star reste encore le compact, malgré un marché en baisse comme nous l’a déclaré Florent Pavillard, Directeur de la division photo et caméscope, chez Samsung "Selon GfK, les prévisions ne sont pas très optimistes avec un marché en valeur en régression de 5 % au sein duquel seul le reflex sera positif. Le compact est annoncé à moins 12 % et le bridge à moins 20. Au-delà de ces chiffres, il faut quand même savoir que le compact reste majoritaire et représente un gros marché de plus de 4 millions de pièces sur la France.Toutefois pour réussir sur le marché de la photo, il est impératif d’être présent sur les 3 segments. Aussi, allons-nous commercialiser d’ici la fin de l’année des bridges et des reflex. Cependant comme le compact représente le plus gros du marché, nous allons nous battre pour remonter le prix moyen du produit via une offre technologique toujours plus sophistiquée. A cet effet nos appareils seront dotés d’ultra grands angles 24mm, de Hi zooms, ou longs zooms, d’écrans LCD OLed appelés Amoled, contraction d’Active Matrice Oled. Nous parlerons également de Wifi et de transfert d’images vers des photos frames, des téléviseurs et des téléphones mobiles par exemple. Ainsi, espérons-nous devenir dès 2010, numéro 1 sur le marché des compacts en France". Même en régression, le marché des appareils compacts reste encore la locomotive des fabricants. Il est clair que plus que jamais la bataille s’annonce terrible. Qui du prix ou du pari technologique l’emportera ? Réponse en fin d’année.
Bluetooth, et designMoral plutôt au beau fixe pour les professionnels de la technologie Bluetooth. La convergence est dans le courant des modes, et plus que jamais cette technologie démontre son utilité et sa praticité. Nos IPod, Iphones, lecteurs MP3, mobiles, etc. sont de plus amenés à s’interconnecter. La musique embarquée en voiture est aussi appelée à un bel avenir, même si en ces temps troublés, nous utilisons moins nos automobiles, sources de surcoûts et de pollution. Seulement cette technologie merveilleuse d’efficacité n’est franchement pas très glamour. Il existe pourtant un fabricant qui mise sur l’esthétique en proposant les appareils numériques de demain. Il est français et se nomme Parrot. Il est entre autres le créateur du DS3120, autoradio Bluetooth ultra moderne totalement numérique avec connectiques pour Iphone, Ipod, carte SD, port USB etc. sans lecteur CD. Ce produit présenté lors du dernier Cebit avait suscité beaucoup d’intérêt. Gageons qu’il en sera de même avec les magnifiques haut-parleurs signés Philippe Stark présentés sur le salon et dont nous parle Chris Robert, Directeur EMEA avec beaucoup d’enthousiasme "Nous avons démontré notre savoir-faire en matière de technologie Bluetooth, et la qualité de nos produits n’est plus à démontrer. C’est pour cela que notre Président Henri Seydoux a voulu prouver, une fois de plus, qu’au-delà de la haute technologie nous savions produire du beau. A cet effet il s’est entouré des meilleurs designers, et Philippe Stark était tout désigné pour inaugurer cette nouvelle voie". Une réussite, que ces hauts parleurs très épurés et dont la restitution est de très haute qualité. Nous les avons testés. Désormais des voies nouvelles pour les fabricants de produits bluetooth se sont ouvertes, à l’initiative d’un fabricant français. C’est assez rare dans le monde du High tech pour être signalé.
Bureautique et informatique toujours en plein élan créatifPlus que jamais, pour le monde de l’IT, (Information Technology pour les profanes) de la bureautique et de l’informatique, le Ces est une des vitrines de cette industrie si innovante. Selon Agnes Van de Waele, Directrice de la division IT chez Samsung, le salon est même un des grands événements de l’année "Ce CES est très important pour nous puisque nous y présentons toutes nos nouveautés, que ce soit dans le domaine de l’impression, des moniteurs ou des notebooks. Vous aurez pu remarquer notamment que nos moniteurs sont toujours plus fins, plus plats, via la technologie LED à l’instar de nos produits télévision. A cet effet nous lançons un produit pour les Gamers en mars avec les lunettes NVIDIA. Nous présentons également toute une zone dédiée à l’affichage dynamique avec les écrans tactiles en 3D. Le domaine des imprimantes voit la confirmation de la suprématie de la technologie laser couleur, avec des lancements de nouveaux modèles multifonctions toujours plus compacts. Pour la partie notebook, nous étendons la gamme des netbooks, que nous customisons, via la couleur et l’intégration de haut-parleurs pour certains d’entre eux. Nous mettons aussi sur le marché quelques produits en 12 pouces. Toujours à propos des notebooks, nous lançons des nouveaux châssis, avec écrans LED et PC très fins. Enfin le dénominateur commun pour tous ces produits, c’est le "Green" et tout ce que cela implique en matière de respect de l’environnement et de réduction de la consommation. Ces éléments font aujourd’hui partie intégrante de notre stratégie. Nous avons comme vous le voyez beaucoup de choses à montrer, et le CES de par son universalité est l’endroit idéal". C’est ce que confirme également Christian Moulin Directeur de la division électronique grand public chez Hewlett Packard "Toute la distribution se rend à Las Vegas. C’est une occasion pour nous de rencontrer et de présenter nos nouveautés dans un cadre différent du quotidien. Est-ce la distance, le lieu mythique, mais toujours est-il que nous vivons des moments d’échanges professionnels empreints d’une vraie convivialité. C’est aussi le moyen pour nous, Français, de rencontrer nos collègues au niveau mondial, et de voir ce qui se passe aux Etats-Unis. Enfin, nous en profitons pour faire remonter les informations et les exigences de nos marchés locaux. Il ne faut pas oublier en effet que notre filiale est une filiale qui pèse lourd dans notre groupe et nous sommes écoutés, d’autant plus que les consommateurs français ont la réputation d’être particulièrement exigeants. Ceux-ci sont demandeurs de produits sophistiqués, peu voraces en énergie et très performants en matière d’ergonomie. Ces exigences équivalent à un vrai cahier des charges et nous poussent à faire toujours mieux en matière d’offre. Est-ce pour cela que nos produits sont performants, mais toujours est-il que d’une manière générale Hewlett Packard se développe grâce à l’Europe." Grâce au dynamisme extrême de cette industrie en termes d’innovation, les consommateurs et amateurs d’électronique grand public disposent d’une offre de très haute qualité. Bien sûr technologiquement, il est toujours possible d’aller plus loin. Seulement les temps ont changé. Si l’acheteur reste exigeant en termes de performances, d’esthétique, d’ergonomie, il le devient par la force des choses aussi en termes d’économie d’énergie et de préservation de l’environnement. C’est désormais le challenge de tous les fabricants, quel que soit leur secteur d’activité. Tous les constructeurs et fabricants y travaillent, et il sera passionnant de voir le résultat de leurs recherches lors du prochain CES… •
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Karen Chupka
La surprise Malaise