C620 Map Europe right
L'une des grandes avancées du GPS nomade a consisté à proposer au consommateur un logiciel de navigation transfrontalier qui couvrait les principaux pays européens.
Mio
La preuve en images de l'évolution sans cesse améliorée de l'affichage des itinéraires : au début de simples tracés sommaires de routes et de rues à emprunter, aujourd'hui la visualisation en 3D des monuments et bâtiments les plus emblématiques du parcours (ici la tour Eiffel et la place Saint-Pierre à Rome).
Mio
La preuve en images de l'évolution sans cesse améliorée de l'affichage des itinéraires : au début de simples tracés sommaires de routes et de rues à emprunter, aujourd'hui la visualisation en 3D des monuments et bâtiments les plus emblématiques du parcours (ici la tour Eiffel et la place Saint-Pierre à Rome).
Mio 269 plus device front
Désormais, outre une richesse de contenus hautement développés (grâce aux fameux POI,
Mio168
C'est en 2003, à l'instar de ce premier PDA Mio (le Mio168) équipé d'une fonction GPS, que le gand public a pu découvrir les bienfaits des logiciels d'aide à la navigation via leur assistant personnel électronique.
Palm GPS
Outre les véhicules d'exception, les premiers GPS sont apparus sur les Pocket PC et autres Palm pour une raison toute simple : il suffisait alors de mettre à profit le parc existant en ajoutant à ces appareils, par nature ouverts, une application de cartographie voire de navigation.
Viamichelin
Entre les tout premiers modèles de GPS mis sur le marché, à l'instar de ces modèles proposés par Viamichelin, et les plus récents, les progrès en termes d'ergonomie et d'esthétisme général s'avèrent évidents.
Viamichelin
Entre les tout premiers modèles de GPS mis sur le marché, à l'instar de ces modèles proposés par Viamichelin, et les plus récents, les progrès en termes d'ergonomie et d'esthétisme général s'avèrent évidents.
A l'image de ses grands
frères que sont les lecteurs MP3 et l'appareil photo numérique avec lesquels il
partage bon nombre de similitudes au regard de leurs développements respectifs,
le GPS a réussi une entrée fracassante auprès des automobilistes français. Les
hommes de l'art espèrent quelque 4 millions de pièces vendues en 2008 alors
même que, voilà seulement 4 ans, les volumes étaient encore confidentiels,
quelques dizaines de milliers tout au plus ! Portrait rapide d'un surdoué dont
l'avenir semble tout tracé (à considérer l'actuel très faible taux d'équipement
estimé à moins de 15 %) et qui aura en 4 ans atteint un niveau de maturité à
jeu égal avec d'autres familles de produits de l'EGP le plus souvent âgées,
quant à elles, de plus de 20 ans !
Eric TIXIER
Confortique Magazine Spécial 20 ans
numéro 196 – janvier 2008
A l'origine, le système
GPS fut mis en place, fin des années 70, par l'armée américaine qui,
responsable de la sécurité du pays, a lancé en orbite autour de la Terre 24
satellites (dont le dernier en 1994) destinés à indiquer la position précise de
tout capteur capable de calculer à partir des signaux émis par lesdits
satellites sa localisation exacte sur la surface du globe. Longtemps
volontairement cryptés, ces signaux ne donnaient alors qu'une approximation
d'environ une centaine de mètres à tous les utilisateurs autres que les forces
armées de l'Oncle Sam. Puis, le 2 mai 2000, les USA décidèrent de supprimer ce
cryptage pénalisant, offrant ainsi à tous l'accès à une précision de l'ordre
de... 15 mètres ! Entre-temps, initiés au Japon, un pays où les numéros de rues
ne se suivent pas car la numérotation se fait dans l'ordre chronologique de la
construction des bâtiments, les systèmes GPS accessibles au grand public
apparurent dans les véhicules haut de gamme (voir encadré) ainsi que sur les
PDA, les fameux assistants personnels électroniques. Mais très vite, dès 2004,
une société issue de cet univers des logiciels de navigation allait créer la
surprise en mettant au point son tout premier GPS autonome nomade (dit PND pour
personnal navigation device) : le Tom Tom Go ! Très rapidement suivie par
d'autres grands noms du secteur, tels que Garmin, Mio et Navman, Tom Tom ouvrit
ainsi une voie royale au GPS grand public. Un monde auquel Michelin, grand
spécialiste de la carte routière si l'en est, s'est joint en 2001 via la
création de sa filiale ViaMichelin.
Pourquoi un tel succès ?
En quelques années, le succès fut au rendez-vous
(voir encadré Une croissance exponentielle) pour deux raisons très simples.
Tout d'abord, précis le GPS présentait un réel avantage consommateur
jusqu'alors inconnu, celui de le guider efficacement lors de ses déplacements.
Ensuite, même si aujourd'hui le prix de ces appareils à leurs débuts laisse
songeur, plus de 600 €, le GPS devenait malgré tout potentiellement accessible
au plus grand nombre. De fait, tout naturellement, ce furent en premier lieu
les passionnés de technologies, puis les professionnels, et finalement Monsieur
Toutlemonde au fur et à mesure de la rapide baisse des prix de vente moyens
observée. Paul Notteboom, Président de Mio technology explique : "Lancé en
2005, nos premiers PND rencontrèrent un vif engouement par le simple jeu d'une
mise sur le marché à une valeur bien inférieure à celle de la première monte
proposée par les constructeurs automobiles. Et très vite, le parc européen
s'est étoffé à la vitesse grand V : 12 millions en 2006, 19 millions en 2007 et
probablement 24 millions courant 2008 ! Aujourd'hui, il n'est plus rare de voir
des appareils performants proposés à moins de 150 €. À noter également que le
succès des PND aura été accompagné par des améliorations pertinentes de tous
les instants, car attendues par le consommateur ! Je pense notamment à l'ajout
d'un disque dur interne ou d'un lecteur de carte mémoire type SD par exemple,
mais aussi à une cartographie plus complète, plus précise et transfrontalière
qui permet de voyager d'un pays à l'autre sans changer la carte routière
numérisée. Bref, le GPS est progressivement passé de simple produit aidant à la
navigation quelque peu élitiste au statut de réelle solution compagne de tous les consommateurs automobilistes !"
Des enrichissements permanents
En effet, bien au-delà de son identité de
boîtier réunissant une carte numérisée, un capteur de signal et un logiciel de
gestion de l'ensemble, le GPS a acquis en un temps record ses lettres de
noblesse via de multiples enrichissements notables. Frédéric Langin, Directeur
général Tom Tom France remarque : « Nous en sommes à la troisième génération de
GPS et sans doute le premier point remarquable de ces appareils repose sur
l'intégration d'un écran tactile qui participe grandement à l'excellente
ergonomie désormais acquise. Tom Tom, leader européen avec des parts de marché
partout supérieures à 50 %, développe sa stratégie selon 3 axes
majeurs. Primo, la simplicité d'utilisation via des menus, des icônes et des
hiérarchisations de l'information toujours au plus près d'un usage intuitif,
deuzio, un accroissement permanent de la taille de l'écran (jusqu'à 4,3" soit
presque 11 cm de diagonale) et, tertio, l'optimisation des contenus. Cela porte
notamment sur l'accroissement de la richesse informative de la cartographie
dont en particulier l'intégration de multiples "points d'intérêts"
(dits POI) tels que restaurants, stations-services, cinémas, etc. Mais aussi un
usage plus dynamique de l'information. Dans cet esprit, Tom Tom a mis au point
le concept de Map Share (partage de carte) qui permet à tout un chacun de
nourrir la base de ses constats personnels. Ainsi, si vous remarquez un beau
matin que la rue de votre boulangère préférée est devenue voie à sens unique,
vous pouvez mutualiser cette information en la transmettant à toute la
communauté adhérente au programme Map Share. C'est la gestion dynamique et partagée
de la cartographie !"
Une croissance exceptionnelle
Source : E. Tixier (compil)
Année
| Nombre de pièces | Progression
| Prix de vente moyen
|
2004
|
46 000 |
|
|
2005
|
315 000 |
585 % |
559 €
|
|
2006
|
1 000 000
|
217 %
|
390 €
|
| 2007 |
2 500 000 |
150 %
|
300 €
|
2008
projections |
4 000 000
|
60 %
|
250 €
|
Un marché incontestablement mature
Côté industrie et distribution, l'historique des
GPS constitue sans aucun doute un sujet d'étude très intéressant parce
qu'unique. Premier point, contrairement aux lecteurs MP3 ou aux appareils
photos numériques qui ont dû patienter au moins 6 ans avant d'atteindre le
palier du million de pièces vendues, le GPS a grandi d'une façon fulgurante
passant de volumes insignifiants à quelque 4 millions de pièces présumées en
2008 en l'espace de seulement 4 ans ! Second point notable, l'incroyable
rapidité avec laquelle le segment a atteint une haute maturité de structure du
marché. De fait, à l'image de secteurs parfaitement matures car très anciens
(TV, audio, électroménager), l'on remarque qu'une poignée d'industriels, 5 au
plus (Tom Tom, Garmin, Navman, Mio et Via-Michelin), capitalise plus de 80 % de
parts de marché. De même, la distribution, schématiquement 50 %
multi-spécialistes, 20 % GSA et 30 % divers dont ventes en ligne, présente ce
profil équilibré où chacun joue son rôle. Choix et montée en gamme pour les
premiers, petits prix et volumes pour les seconds.
Et demain ?
Le ticket d'entrée élevé de la technologie GPS
(en termes de recherche & développement et de production industrielle)
laisse supposer comme hautement improbable l'arrivée de nouveaux compétiteurs
de grande envergure. Surtout si l'on prend acte d'une offre déjà riche de plus
de 250 modèles sur le marché français ! De même, déjà profondément ancrés dans
une dynamique commerciale bien établie et maîtrisée, les PND ne laissent
aucunement la place à d'éventuelles substantielles évolutions de parts de
marché des différents circuits de distribution. À l'inverse, les prochaines
révolutions s'annoncent sur le plan technologique. D'une seule voix, Paul
Noteboom, Frédéric Langin et Laurent Meillaud, consultants spécialistes de
l'électronique automobile embarquée, pronostiquent de nettes avancées à venir
notamment sur le plan de la mise en réseau des GPS. En amont d'une part, via
une meilleure exploitation des informations trafic, jusqu'à aujourd'hui
cantonnées au fameux TMC qui ne couvre que 10 % du territoire. Tom Tom
travaille d'ailleurs sur ce plan avec Vodaphone afin de proposer prochainement
une gestion interactive des embouteillages en temps réel sur la base de savants
calculs d'estimation de la densité de téléphones portables activés sur une zone
donnée. Et en aval d'autre part, grâce à un traitement multimodal de la
navigation. Concrètement, cela signifie que le PND saura bientôt gérer
l'intégralité d'un voyage en intégrant différents modes de transports : en
voiture, à pied et transports en commun par exemple. Potentiellement, de futurs
téléphones mobiles équipés de GPS pourront eux aussi intervenir dans cette
gestion multimodale des déplacements. Enfin, il semble inéluctable que les
prochains GPS obéiront à une logique de personnalisation croissante. Navman a
initié le mouvement avec un appareil GPS appareil photo qui permet ainsi
d'associer un lieu à un cliché personnel que l'on peut ensuite partager avec un
cercle de proches et d'ores et déjà un autre grand nom annonce le lancement
imminent de produits au design justement... très personnalisé ! Quand le design
prend le pouvoir, c'est la preuve ultime d'une évidente maturité et le GPS, du
haut de ses 4 ans et à défaut d'avoir une réelle longue histoire, peut ainsi
faire jeu égal avec d'autres marchés de l'EGP qui, eux, ont depuis fort
longtemps soufflé leurs 20 bougies et plus ! •
|
Laurent MEILLAUD
Consultant spécialiste de l'électronique automobile embarquée
Les tout premiers GPS
"C'est en 1994 que le constructeur BMW lançait
le premier GPS intégré à un véhicule (sur un modèle Série 7) pour la modique
somme de 4 500 € soit 30 000 F ! Précisons toutefois que l'équipement disposait
par ailleurs d'une fonction télévision. Puis, peu après, l'équipementier Bosch
introduisait sur le marché de la seconde monte son Travel pilot tandis que
Renault initiait en 1996 sa série limitée Carminat sur Safrane suivi de peu par
Philips via son système GPS baptisé Carin. À cette époque, la prestation se
révélait encore de bien piètre envergure puisque la cartographie se limitait
parfois à Paris (au-delà, l'automobiliste n'avait droit qu'à un repère qui se
déplaçait sur un fond désespérément vert !) De plus, le temps de calcul
d'itinéraire dépassait la minute et la synthèse vocale se montrait bien peu
séduisante. Côté distribution, ces produits étaient alors réservés aux
spécialistes de l'automobile et en particulier ceux de l'autoradio car l'option
en premier équipement demeurait tout à fait rare et exceptionnelle. De façon
logique, en amont, les premiers acteurs industriels provenaient également de ce
même univers de l'autoradio à l'instar de Becker, Clarion, Alpine, Pioneer et
Sony. Entre-temps, alors que ces compétiteurs amélioraient sans cesse les
performances (affichage couleur, ergonomie simplifiée, vitesse de calcul
accrue, intégration de services tels que le suivi du trafic...) sont apparues
en 2000 les premières fonctions GPS sur PDA de type Pocket PC. Mais la vraie rupture allait survenir en 2004
quand un nouveau venu, Tom Tom, allait révolutionné le marché grâce à son offre
de GPS nomades dont le succès fut immédiat. En quelques années, Tom Tom a su
séduire 10 millions de clients soit beaucoup plus que toutes les ventes réunies
des compétiteurs historiques !"
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