Soin du linge
Le blanc passe au vert

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Index de l'article
1. Soin du linge : le blanc passe au vert
2. Soin du linge : les produits phares

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L’univers du soin du linge est entré dans une nouvelle ère avec des concepts de lavage et de séchage qui, tout en garantissant le respect du linge, proposent une optimisation des performances tout en réalisant des économies d’énergie. Les grandes capacités continuent d’insuffler une dynamique sur ce marché de renouvellement. Projecteur sur un secteur très convoité qui se redresse en 2010.

Christine DUPUIS

Confortique Magazine
n° 222 août-septembre 2010

 

Dans le domaine du soin du linge, marché de renouvellement, la course en matière d’économie d’énergie et d’eau bat son plein. Les fabricants font valoir leur implication dans la préservation des ressources naturelles et leur engagement en faveur du développement durable. Des arguments en ligne de mire avec les attentes des consommateurs qui, selon une étude GfK réalisée au printemps dernier, considèrent le "green" comme étant la plus importante innovation dans le domaine de l’électroménager de ces dix dernières années. Les appareils verts ou écologiques sont plébiscités par 87 % des personnes interviewées et arrivent largement devant les fonctionnalités des appareils (augmentation des capacités de lavage) et la programmation des appareils (départ différé, fin programmée). Le critère écologique se hisse au 4e rang des critères d’achat les plus importants d’un appareil de gros électroménager au même niveau que le prix.

"Les lave-linge nouvelle génération sont en phase avec les préoccupations des "éco-consommateurs" et leur conscience environnementale, explique Tassadit Ait See Mohamed, Responsable marketing Gorenje. De plus, l’aspect écologique est primordial pour une montée en gamme. Nous assistons aujourd’hui au développement de programmes d’une température inférieure à 20°, des concepts contribuant à une réduction d’énergie supplémentaire. Gorenje anticipe le mouvement avec un programme à 15°, soutenu par de grands lessiviers comme Ariel".

Toutefois, si les avancées en matière d’économie d’énergie et d’eau sont considérables, plus d’un quart des lave-linge en service, soit près de 10 millions d’appareils ont plus de dix ans et ne sont plus adaptés aux exigences environnementales actuelles. Remplacer ces appareils par des lave-linge de classe énergétique AAA ou A+AA permettrait de concilier respect de l’environnement, économie d’énergie et efficacité.

En dix ans, selon Gifam, les progrès réalisés dans le domaine des lave-linge en capteurs électroniques et essorage optimisé, permettent aux nouveaux appareils de réaliser jusqu’à 44 % d’économie d’énergie entre un appareil classe C et un appareil classe A. La capacité variable et la nouvelle conception des tambours conduisent à diminuer de moitié la consommation d’eau, tout en augmentant la charge de linge. Enfin, grâce à l’ensemble des technologies utilisées, un lave-linge Classe A permet de réaliser une économie de 41 %, soit 30,25 euros par an (eau + électricité).


Un marché écolo

"Les efforts des industriels portant sur la réduction du coût d’usage des appareils sont indéniables, souligne Elen Corvoisier, Chef produit lavage Samsung, Il y a une réelle prise en considération des économies d’énergie de la part des fabricants. Le discours écologique est basé sur de réelles avancées qui se traduisent par le développement des classes énergétiques. Selon GfK (janvier/avril 2010), les modèles Front classe A ne représentent plus que 34 % du marché au profit des classes A + qui gagnent du terrain avec 37 % de part de marché volume. On a vu émerger la classe A++ qui pèse désormais 5 % du marché contre 1 % en 2009". Soulignons que chaque "+" correspond à 10 % d’économie. Ainsi, un appareil classé A+, ou A -10 % réalise 10 % d’économie par rapport à un appareil classé A, et ainsi de suite : A++ (A-20 %) et A+++ (A-30 %). Samsung enrichit sa gamme de lave-linge avec deux nouveaux modèles équipés de la technologie Eco Bubble, un procédé qui assure un soin optimal du linge et jusqu’à 70 % d’énergie. Au départ du cycle de lavage, un générateur crée un coussin de mousse, à base d’eau, d’air et de lessive. Il protège les fibres des chocs et des frottements. La mousse pénétrant 40 fois plus rapidement qu’une eau lessivielle classique, les performances de lavage sont optimisées. Et Elen Corvoisier d’ajouter : "Ces deux lave-linge sont capables de réaliser les mêmes performances de lavage à froid qu’un lave-linge standard programmé à 40°. Les économies d’énergie, jusqu’à 70 % en mode Eco Bubble, sont réalisées sur le temps de cycle, inférieur de dix minutes pour chaque programme. En Asie, ¾ des ventes sont réalisées avec cette technologie. Après le froid, le lavage est une activité majeure pour Samsung. Encore petit acteur sur le marché du lavage européen, Samsung a de grandes ambitions : devenir n° 1 en lavage d’ici trois ans en Europe".

La conscience "écolo" est toutefois un peu diffuse, les économies financières ne sont pas toujours bien mesurées dans le temps par les consommateurs. Aussi, la Réglementation européenne a-t-elle défini depuis le 31 mars dernier, une clarification de l’information de la consommation énergétique. Cette nouvelle mesure EUP concernant le lave-linge prévoit l’interdiction de mise sur le marché des appareils présentant une performance de lavage inférieure à la classe A et dépassant un certain seuil de consommation d’eau. A partir du 1er juillet 2011, date d’entrée en vigueur de la nouvelle étiquette-énergie pour les lave-linge, trois nouveaux niveaux de performance énergétique apparaîtront : A-20%, A-30% et A-40%.

 

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 Evolution du marché des lave-linge
en millier d'appareils
source : Gifam
2006
2 446
2007 2 490
2008
2 460
2009
2 400
Segmentation produits en 2009
source : Gifam
Lave-linge Top
41.3 %
Lave-linge Front 58.7 %


Economies au programme

Sur ce marché de renouvellement, puisque le taux d’équipement des foyers français en lave-linge est estimé à 96 % selon Sofrès, les avancées et les arguments développés par les fabricants ont réussi au cours des dernières années à créer une dynamique des ventes. Hormis 2009, période durant laquelle le marché du soin du linge a fait une pause. A fin décembre 2009, si le marché du  lave-linge (Front, Top et lavante-séchante) est resté stable en volume, il a toutefois enregistré une baisse de 2,9 % en valeur. De son côté, le sèche-linge est resté en retrait avec une baisse de 5,3 % en volume et de 4,3 % en valeur pour un PVM de 378 euros en hausse de 1 %. Des résultats somme toute convenables au regard de ceux de 2008 puisque les sèche-linge accusaient un recul de 20 % en volume et de 12 % en valeur.

En 2009, selon le Gifam, il s’est vendu 2,4 millions lave-linge, tous modèles confondus, contre 2,460 millions en 2008 et 2,490 en 2007. Toutefois la conjoncture récente du Gifam (ventes cumulées 6 mois 2010/6 mois 2009 à fin juillet 2010) laisse entrevoir des résultats plus prometteurs avec une évolution des ventes de lave-linge estimée à 7,4 % en volume et 4,6 % en valeur. Une tendance confirmée par GfK sur la période janvier/fin avril 2010, laissant présager une reprise avec + 7 % en volume et + 3,8 % en valeur, malgré la dégradation du PVM, toutes familles confondues : de 428 euros à la même période en 2009, il est passé à 415 euros en 2010, soit une baisse de 3 %.

De son côté, l’univers des lavante-séchante, un marché de niche estimé à 104 000 pièces a enregistré sur la période janvier/avril 2010, source GfK, une progression très confortable de 18 % en volume et 11,2 % en valeur. Véritable alternative pour les ménages en zone urbaine, la lavante-séchante constitue également une famille dynamique. Elle bénéficie elle aussi d’avancées technologiques lui permettant de jouer dans la cour des grands. "Nous assistons à une reprise du marché alors qu’il était en berne en 2009, précise Pierig Bouret, Responsable Marketing Pose libre Indesit. D’importantes avancées ont été réalisées dans cet univers. Aujourd’hui, ce sont des appareils bénéficiant d’une plus grande fiabilité et davantage économes en eau, grâce à de meilleurs composants, un critère déterminant pour ce produit très gourmand en consommation d’eau. Les améliorations portent également sur la capacité de lavage et de séchage". Sur ce marché, Indesit Company est leader avec une part de marché volume de 46,7 % volume (suivi de Candy avec 19 % et Electrolux, 11,7 %). Un univers de produits technologiques peu investi par les MDD et no name, encore discrètes avec une part de marché de 3,5 %. Indesit se démarque avec un produit classé AAA en lavage et séchage alors que le cœur du marché est encore composé d’appareils BAB ou AAB. Dans cet univers, FagorBrandt, le seul acteur à proposer des modèles Top, se démarque cette année avec une nouvelle gamme dotée de la fonction vapeur. "Il y a une réelle demande pour les lavante-séchante d’autant que d’importants efforts ont été réalisés. L’offre s’est étoffée avec des modèles de plus grande capacité sur des formats standard, bénéficiant de classes énergétiques. Les lavante-séchante Brandt fabriquées à La Roche sur Yon bénéficieront d’une taxe carbone plus faible, un détail qui a son importance de nos jours" précise Olivier Tremoureux, Category Manager Lavage FagorBrandt.


La primeur aux frontales

Dans ce contexte, la machine frontale reste la famille dominante avec une progression de ses ventes en volume de 10,4 % et de 7,4 % en valeur (janvier/avril 2010, source GfK) alors que les lave-linge Top stagnent en volume et régressent de 3,3 % en valeur. Il se vend 1,330 million frontales contre 920 000 Top loading. Depuis plusieurs années, les lave-linge Front constituent l’élément moteur du marché des lave-linge pour enregistrer une croissance régulière de leurs ventes. Chaque année, les frontales gagnent des parts de marché et prennent le pas sur les Top loading, désormais en perte de vitesse alors qu’elles étaient leaders pendant des années en France. Rappelons que les machines Top réalisaient, il y a 10 ans encore, 85 % des ventes en France. Si pendant des années, les Français étaient des adeptes des top loading, et restaient atypiques par rapport à leurs voisins européens, depuis cinq ans, le phénomène s’inverse au profit des lave-linge front. En effet, d’année en année, l’exception française s’érode progressivement. Toutefois, dans le parc existant, 70 % des ménages français sont encore équipés d’un lave-linge Top. Il s’agit pour 25 % d’entre eux de personnes âgées de 65 ans et plus.

L’inversement des tendances s’explique en partie grâce aux avancées technologiques qui ont lieu dans le domaine des frontales, remarque Pascal Westrelin, Directeur commercial Euronics France : "Les investissements réalisés par les fabricants en matière d’innovations ont en effet contribué à inverser la tendance, à conforter le succès croissant des lave-linge Front. Le lave-linge Front concourt à la montée en gamme. La bataille a lieu avec des modèles de grande capacité en taille standard jusqu’à 11 kg. La big size, jusqu’à 13 kg, est également un segment porteur. Les consommateurs sont demandeurs de grande capacité alors que nous étions sur du 5/6 kg il y a peu de temps. La montée en puissance du kilotage est réelle depuis deux ans".

Si la présence des principaux acteurs dans la famille des frontales contribue à insuffler un élan sur ce marché de renouvellement, elle attise également beaucoup de convoitise. En effet, les MDD réalisent désormais 16,7 % des ventes en de frontales en volume. Dans ce paysage, la spécificité du marché des lave-linge Front réside dans la proportion majoritaire des grands groupes. Sur la période janvier/avril 2010, plus de la moitié des ventes de lave-linge front est réalisée par le traditionnel quintet que sont Indesit Cy, BSH, Whirlpool, FagorBrandt et Electrolux, un classement dans lequel Indesit Cy garde le leadership avec 15 % de part de marché volume. La part du gâteau restant est somme toute restreinte compte tenu de la place croissante des MDD. Toutefois, un acteur a réussi à se frayer un chemin sur ce marché très fermé, il s’agit de LG qui réalise une part de marché volume de 7,7 % au cours de la même période.


Baisse des prix confirmée

La famille des lave-linge Top annonce une baisse de régime depuis de nombreuses années. Toutefois, le développement des grandes capacités a créé un nouveau dynamisme. Ainsi, les modèles de 6 kg ont progressé de + 83 % en un an et réalisent 8 % des ventes en 2009 (vs 3,9 % en 2008). Précurseur en grande capacité, le groupe Candy Hoover a fortement investi dans sa nouvelle ligne de production en Espagne avec le lancement d’une Top loading Candy en 7 kg, en dimension standard, en classe A+ comme toute la gamme pose libre Candy. Sur le marché des lave-linge top, le fatidique trio (FagorBrandt, leader incontesté avec près de 37 % de part de marché en volume, suivi de Whirlpool et Electrolux) se partage plus de 75 % du marché laissant peu de place aux autres marques. D’ailleurs, les MDD restent discrètes avec 5 % de part de marché volume.

Les fabricants essaient de remédier à la perte de vitesse enregistrée par la famille des Top au travers de nombreuses innovations. Comme les principales avancées portent sur l’augmentation des capacités, les lave-linge top n’échappent pas à la règle. Grâce à un important travail technologique sur l’intégration du tambour et un accès incliné, les lave-linge top offrent aujourd’hui une plus grande capacité de lavage dans des dimensions standard.

Sur ce marché mature, l’érosion des prix se confirme. En effet, la progression des premiers prix promue par une entrée de gamme significative entraîne la baisse du prix de vente moyen des lave-linge. Ainsi, sur la période janvier/avril 2010, selon GfK, le prix de vente moyen du lave-linge, toutes familles confondues, est estimé à 415 euros (vs 428 euros sur la même période en 2009, soit une baisse de 3 %), celui des Frontales est estimé à 400 euros, a perdu 14 euros en un an, celui des modèles Top, est de 410 euros, en baisse de 4 %. Alors les lavante-séchante tablent sur un PVM de 645 euros et n’enregistrent qu’une baisse de 2,3 %. L’écart de prix entre les modèles Front et les Top s’explique en partie par la prolifération des MDD dans la famille des lave-linge Front qui représentent désormais plus de 16 % contre seulement 5 % pour les Top loading. Si la présence des MDD et no name sur le marché du lavage est de longue date, leur montée en puissance s’effectue aujourd’hui avec des produits élaborés proposés à un prix attractif, constituant une sérieuse concurrence à prendre en considération notamment sur le marché des lave-linge Front. "Depuis près de deux ans, les appareils moyen/haut de gamme souffrent davantage que les premiers prix. Aujourd’hui, 80 % des volumes sont réalisés par des ventes d’appareils au PVM inférieur ou égal à 600 euros. Ces résultats illustrent bien le contexte actuel. L’argument prix est important en période d’instabilité, explique Christophe Richez, chef de produit lavage BSH. Nous sommes confrontés à des offres agressives qui génèrent des volumes importants. Des Frontales de marques B sont proposées à moins de 300 euros".


La folie des grandeurs

Dès lors, dans cet univers très bataillé, il n’est pas rare de trouver des lave-linge d’une capacité de 7 kg, et d’une vitesse d’essorage de 1 400 tours, à 400 euros. Dans ce contexte, le modèle 7 kg devient le cœur du marché. La tendance des grandes capacités se confirme : les modèles Front 7 kg pèsent désormais 33 % des ventes (vs 21 % en 2008), les 8 kg, 14 % (vs 8 % en 2008) au détriment des 6 kg qui perdent du terrain puisqu’elles ne représentent plus que 27 % (vs 35 % en 2008). La course aux grandes capacités se poursuit avec des modèles de 9, 11 kg avec un encombrement standard, voire 13 kg pour le modèle Big Size, deux modèles signés LG.

Il est indéniable que la maxi-capacité reste un des axes majeurs dans l’univers du soin du linge. Il y a deux ans, le standard était de 5 kg, aujourd’hui, les modèles de 7 et 8 kg près de la moitié des ventes. Le succès des grandes capacités n’est plus à démontrer auprès de la distribution. Grâce aux avancées technologiques, les appareils actuels offrent pour la même consommation énergétique, plus de capacité de lavage et plus de flexibilité : un lave-linge de 8 kg augmente de 60 % la capacité de lavage par rapport à un 5 kg. Les lave-linge ont en effet bénéficié de l’évolution des composants électroniques. Des puces électroniques ont été intégrées afin d’optimiser les consommations d’eau et d’électricité en fonction des textiles lavés. Et au fil des ans, ces composants se sont miniaturisés, laissant ainsi un espace disponible pour accueillir un tambour de plus grande dimension. Ce travail réalisé sur la contenance des tambours (jusqu’à 65 litres). L’inclinaison et l’intégration du tambour dans l’appareil permet de laver en une seule charge jusqu’à 9 kg de linge dans un encombrement standard.


Lessives sur mesure

Si les grandes capacités ont le vent en poupe, notamment auprès de la distribution pour être un argument simple à mettre en avant, leur développement a des limites. Notamment parce que les besoins des foyers ne sont pas extensibles. En effet, selon Djamel Chinoun, Chef produit lavage Electrolux, "certes, la capacité est un critère de montée en gamme, mais il n’est pas le premier. Le lave-linge doit aussi et surtout devenir un complice et faciliter les tâches ménagères, notamment le repassage considéré par près de 40 % de consommateurs comme étant la plus pénible, en énergie et en temps. Partant de ce constat, Electrolux a développé Steam System, une technologie qui diminue de moitié la corvée de repassage, voire supprime pour certains textiles, une technologie transversale proposée en Top, Front et lavante séchante. La vapeur est un argument facile à relayer sur le point de vente". L’appareil est doté de la fonction Time Manager qui permet d’optimiser les cycles de lavage en fonction de la durée souhaitée et du degré de salissure du linge. Elle permet donc d’obtenir un résultat parfait en un temps record de 40 minutes pour une charge classique de 3,5 kg de coton ou de 25 minutes pour une charge identique de synthétique à 40°.

Dans l’univers du soin du linge, la technologie vapeur se développe de plus en plus. La vapeur est un détergent naturel qui détend les fibres au cœur du linge et accroît le pouvoir détachant. De plus, une injection de vapeur en fin de lavage (à partir de 40 °C) élimine 99,9 % des bactéries contenues dans le linge. C’est un procédé aux vertus écologiques qui répond aux attentes optimales de lavage et de propreté. Dans ce domaine, LG fut précurseur, suivi de Whirlpool en 2008 et de HotpointAriston en 2009.

Sur un marché de renouvellement comme celui du lave-linge, il est difficile de faire rêver le consommateur. Les fabricants ont toutefois réussi à développer des appareils de plus en plus perfectionnés, garantissant une efficacité maximale, le respect du linge, offrant une souplesse de programmation, des durées raccourcies et tout en silence... Autant d’avancées en corrélation avec les attentes des consommateurs. Sans oublier la simplicité d’utilisation, la vitesse d’essorage, un bon rapport qualité/prix, premier argument notamment en période de crise. En effet, le consommateur est sensible aux arguments écologiques, à la classe énergétique "mais pas à n’importe quel prix, ajoute Pascal Westrelin (Euronics France). Aujourd’hui, il y a deux typologies de consommateurs : celui qui cherche la bonne affaire entre 400 et 600 euros et celui qui n’a pas de problème de pouvoir d’achat s’orientant vers des produits élaborés, positionnés 4e quartile. Nous assistons à un effondrement du moyen de gamme. Force est de reconnaître que les Coréens affichent un réel dynamisme dans le domaine du soin du linge, une pertinence tant en capacité, économie d’énergie, design qu’en fonctionnalités. Leaders chez Euronics sur le segment des 900/1 000 euros, ils sont devenus des compétiteurs sérieux notamment dans le réseau de proximité".


Des programmes intelligents à l’honneur

Grâce aux efforts toujours soutenus des industriels, les développements s’accompagnent de performances accrues des appareils en termes d’économie d’eau et d’énergie. Les lave-linge ont bénéficié de l’évolution technologique des composants électroniques. Des puces électroniques ont été intégrées dans le but d’optimiser les consommations d’eau et d’électricité en fonction des textiles lavés. Par ailleurs, en cette période où le pouvoir d’achat et les économies sont au centre des débats, Brandt a créé l’événement avec le lancement de Dose-e fin 2008. Grâce à sa technologie, Dose-e prend en compte tous les paramètres indispensables pour calculer automatiquement la juste dose de lessive à chaque cycle de lavage et permet d’économiser de 30 à 50 % de lessive, selon les usages.

"Les consommateurs sont désormais attentifs au coût d’usage des appareils électroménagers qui représentent 67 % de la facture d’électricité (7 % pour un lave-linge et 14 % pour un sèche-linge). La conscience environnementale du consommateur est réelle, explique Guillaume André Wallut, Chef de produits lavage Whirlpool. Dès lors, Whirlpool a développé des produits moins énergivores dotés d’un label "green generation" dotés d’un icône de surdosage qui clignote en fin de cycle pour avertir d’une surdose de lessive. Début 2011, Whirlpool lancera une gamme de lave-linge avec préconisation de dosage de lessive, informant du dosage optimal". La lessive représente 55 % du coût d’usage d’un lave-linge, l’électricité, 20 %, l’eau, 16 % et l’adoucissant, 9 %. Et d’ajouter "L’aide au dosage permet d’économiser en moyenne 50 ml de lessive par cycle, soit 10,2 litres de lessive sur un an d’utilisation. Soulignons que 50 % de lessive supplémentaire n’améliore les performances de lavage que de 4 %".

Dans le même esprit, le lave-linge LiquidWash de Miele doté d’un distributeur de lessive automatique garantit une économie de 30 % de produits lessiviels grâce au dosage automatique. "Les consommateurs sont de plus en plus éco-responsables dans leur vie de tous les jours, argumente Florence Jouanneau, Chef de produit lavage Miele. C’est une tendance de fond. Aussi, quand on parle écologie, il est important de tenir compte de la juste quantité d’eau utilisée en fonction de la quantité de linge, du programme et du type de textile. Aussi, la pesée électronique du linge adapte le cycle, le litrage d’eau et préconise le dosage de lessive. Le concept EcoFeedback rend le consommateur éco-responsable en l’informant de sa consommation d’eau et d’électricité. Il peut ainsi adapter un programme moins gourmand en énergie".

En 2009, Indesit a également sorti un lave-linge Front doté d’un système de pompe intelligent qui permet de calculer automatiquement le bon dosage de produit lessiviel. Toujours dans l’optique de réaliser des économies supplémentaires, Indesit EcoTime en partenariat avec Procter & Gamble, a créé un programme spécifique EcoEnergie qui, associé à l’utilisation de la nouvelle lessive Ariel Excel Gel, offre un bénéfice consommateur renforcé : une propreté dès 15 °C et une économie d’énergie jusqu’à 50 % par rapport au cycle Indesit standard équivalent à 30 °C.

Siemens propose également la pesée électronique et la recommandation de dosage lessiviel. Le sensor 3D mesure le poids du linge dans le tambour pendant le chargement et l’écran indique la quantité de linge chargé et celle qu’il est possible d’ajouter. Le procédé exploite ainsi la capacité maximum du lave-linge. Il indique également le dosage de produit lessiviel à utiliser. "Dépenser moins d’électricité, consommer moins d’eau et utiliser moins de lessive constituent de réels arguments écologiques auxquels les consommateurs sont sensibles, précise Jean-Yves Catrice, Directeur des achats Cocelec. D’ailleurs, ce sont des informations mises en avant dans nos guides au travers d’un label écologique, sous forme de pastille verte, attribué aux appareils "green". Ce sont de réels bénéfices consommateurs contribuant à la montée en gamme".


Un séchage économe

Dans les foyers français, le sèche-linge reste encore discret dans les foyers français avec un taux d’équipement qui ne dépasse pas 35 %, en progression certes par rapport à 2002 où il n’atteignait que 27 % mais encore très en retrait par rapport à nos voisins européens où il atteint 55 % en Belgique et aux Pays-Bas. Et pourtant, le sèche-linge, encore trop souvent considéré comme un produit de confort, est pourtant devenu un appareil de nécessité par ses utilisateurs. Il laisse donc présager un avenir prometteur avec de belles perspectives de développement tout en tenant compte de la forte saisonnalité. Les meilleures ventes restent toujours concentrées en automne.

Les freins restent liés au coût, à la consommation électrique et au manque de confiance. Selon une étude Electrolux, 47 % des personnes souhaitent une consommation réduite, 39 % une réduction de la durée des cycles et 31 % une facilité de repassage et 76 % avouent comparer la consommation énergétique lors de l’achat. "Le sèche-linge est encore considéré comme un produit anxiogène par le consommateur. Les freins sont encore nombreux : consommation énergétique, sécurité, ergonomie et capacité de séchage, commente Djamel Chinoun (Electrolux). La France est en retard par rapport à ses voisins européens : en Allemagne, 30 % des sèche-linge sont classés A, et en Italie, 40 %. En 1997, Electrolux était le premier fabricant à équiper un sèche-linge d’une pompe à chaleur, lui permettant d’accéder à la classe A. En 2010, nous lançons un sèche-linge doté d’une pompe à chaleur A -40 %".

Pour répondre aux différentes problématiques, les nouveaux sèche-linge sont dotés de microprocesseurs qui adaptent la température et la durée de séchage par l’intermédiaire de sondes ultra précises qui assurent un linge parfaitement séché, prêt à être rangé, et respectant les fibres fragiles. Aujourd’hui, grâce aux capteurs et à l’électronique embarquée dont bénéficient les derniers sèche-linge, 4 séchages par semaine correspondent à une dépense de 9 centimes par jour (classe B), soit 62,92 euros/an. L’utilisation d’un appareil classe A par rapport à un classe F il y a dix ans, permet de réaliser 66 % d’économie. Toujours pour le séchage de 4 lessives par semaine, on passe 1 h 30 à étendre le linge, un sèche-linge fait donc gagner 78 heures de loisirs par an. Equipés de la fonction défroissage, les sèche-linge les plus performants divisent par 2 le temps de repassage. "La principale amélioration dans le domaine du sèche-linge porte indéniablement sur la diminution de consommation d’énergie, un des principaux freins. Cette avancée contribuera au développement du sèche-linge qui reste malgré tout un produit saisonnier" souligne Jean-Yves Catrice (Cocelec).

 

  Lave-linge Sèche-linge
Circuits de distribution en 2009
en valeur
source : GfK
Hypermarchés
16.3 %
15.3 %
GSS
46.3 %
44.2 %
Spécialistesde proximité 30.3 %
32.5 %
Cuisinistes & GSB
1.1 %
0.4 %
Grands magasins & VAD 6.0 %
7.6 %
Evolution du marché des sèche-linge
en milliers d’appareils
source : Gifam
2006
631
2007 690
2008
660
2009
600

2008 2009 2010
Segmentation produits
en %
source : Gifam
Sèche-linge à évacuation 44.7 38.5 30
Sèche-linge à condensation
55.3 61.5 70
 

 

Solutions à toute épreuve

Si le marché a souffert en 2008 et 2009, il enregistre depuis début 2010 de belles performances : il progresse de 11,7 % en volume et de 8 % en valeur avec malgré tout un prix de vente à la baisse de 375 euros contre 388 euros durant la même période en 2009. "Cette baisse du PVM est due à la présence des MDD et no name qui réalisent désormais 14 % des ventes, notamment de modèles à évacuation, ajoute Pierig Bouret (Indesit). De surcroît, la crise n’a pas incité à augmenter les prix. Bien au contraire, la distribution a multiplié les promotions à des prix très agressifs".

Pour l’heure, les sèche-linge à condensation rapportent les suffrages en réalisant 75 % des ventes sur les quatre premiers mois de l’année, en progression de 8 % en volume pour un PVM de 456 euros (vs 245 euros pour un sèche-linge ventilé). Sur la même période, le poids des sèche-linge à condensation Classe A réalisent 7 % des ventes contre 3 % en 2009. Il existe un écart de 200 euros entre un condenseur et un sèche-linge ventilé.  "Logique, dans la famille des mécaniques, les MDD et no name sont nombreux, proposant des produits à des prix défiant toute concurrence et réalisant 45 % des ventes volume des ventilés. Whirlpool compte s’affirmer davantage sur ce marché avec une nouvelle plateforme industrielle à Amiens. Whirlpool réalise déjà un quart des ventes valeur de sèche-linge sous ses deux marques" précise Guillaume André Wallut (Whirlpool).

Autant de disparités qui confirment la montée en puissance des modèles électroniques sur le marché des sèche-linge. "Le consommateur a pris conscience de l’intérêt des programmes électroniques, plus simples à utiliser. C’est une tendance de fond qui se confirme, ajoute Djamel Chinoun (Electrolux). La distribution se doit de jouer le jeu de la montée en gamme répondant aux attentes des consommateurs".

Pour l’heure, les sèche-linge à condensation Classe B représentent encore près de la moitié du marché et les modèles à condensation Classe A, seulement 4 %. "Les meilleures ventes sont réalisées par des sèche-linge dotés de pompe à chaleur, de 1 000 à 1 500 euros. Ce sont des produits qui réalisent de réelles économies d’énergie. Aussi, chez Euronics, 69 % de nos ventes de sèche-linge sont réalisées par des modèles électroniques, le condenseur mécanique devenant marginal", explique Pascal Westrelin (Euronics France).

Les fabricants multiplient leurs efforts en matière de performances de séchage, de respect du linge et d’économie d’énergie d’autant que l’électronique permet d’adapter automatiquement la durée du séchage en fonction de la nature du linge et du degré de séchage souhaité grâce à des sondes qui mesurent l’humidité au cœur du linge, des capteurs qui calculent l’intensité de chaque séchage.

Pour une meilleure qualité de séchage, des sondes mesurent le taux d’humidité résiduelle.

Les principales avancées dans le domaine des sèche-linge résident dans "les modèles dotés de pompe à chaleur se révèlent 50 % plus économes qu’un appareil classé A, ajoute Christophe Richez. En 2010, BSH développe un nettoyage automatique sur un sèche-linge pompe à chaleur. Nous proposons une réelle innovation et contribuons ainsi à la montée en gamme de ce marché. Les consommateurs sont prêts à mettre le prix si le produit est doté de véritables bénéfices consommateurs".

Aujourd’hui, seuls trois acteurs proposent des modèles dotés de pompe à chaleur : Miele, BSH et Electrolux qui a lancé le premier modèle en 1997. En septembre, Miele lance un sèche-linge équipé d’une pompe à chaleur en 6 kg garantissant une réduction de la consommation d’énergie de 50 % par rapport à un sèche-linge à condensation classique.

L’autre argument de poids réside dans le respect du linge : le sèche-linge est aujourd’hui reconnu comme étant le mode de séchage le plus hygiénique car il évite tous les dépôts de pollen, poussière, odeur et pollution… Il est également important de souligner que l’usure du linge provient pour 70 % de porter ses vêtements, 20 % du lavage et seulement 10 % du séchage en machine.

Posés au sol, installés en colonne sur un lave-linge ou à ses côtés, les sèche-linge assurent un gain de temps inégalé sur les corvées. En superposant un lave-linge et un sèche-linge de capacité identique et d’une esthétique assortie, le transfert du linge d’un appareil à l’autre est facilité. L’installation en colonne permet également un gain de place appréciable.

Aujourd’hui, les nouveaux sèche-linge sont dotés d’une isolation phonique renforcée et de moteurs particulièrement silencieux. De plus, certains disposent d’ouverture extra-large pour faciliter le chargement et le déchargement du linge.

Alliant efficacité, rapidité de séchage et simplicité d’utilisation, les nouveaux sèche-linge garantissent un séchage tout en douceur tout en respectant les textiles les plus délicats. Même les lainages peuvent sécher en un temps record sans feutrer.
Véritables concentrés de technologies, les lave-linge et sèche-linge sont passés maîtres en soin et respect des textiles, notamment grâce à de nouvelles technologies comme la vapeur et la pompe à chaleur. De moins en moins énergivores, ils s’inscrivent dans la tendance écologique combinant performances énergétiques optimales et utilisation intuitive. Malgré tout, le marché n’a pas échappé pas à la crise en 2009 et montre des singes encourageants au cours des premiers mois 2010. •

 

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Nouvelle réglementation européenne
Outre la disparition des classes les moins économes et l’évolution de l’étiquette-énergie, la nouvelle réglementation EUP prévoit également l’introduction de nouvelles informations obligatoires dans les notices d’utilisation des appareils électroménagers afin de minimiser les consommations : agencement optimal des produits dans le réfrigérateur, recommandation des types de détergents les plus adaptés selon les différentes températures de lavage, etc.
Enfin, pour une meilleure lisibilité à l’échelle européenne, la nouvelle étiquette énergie présentera les caractéristiques des différents appareils électroménagers (par exemple pour un lave-linge, les niveaux sonores en phase de lavage et d’essorage, la charge, la consommation d’eau, la capacité d’essorage, etc.) sous forme de pictogrammes. Jean-Louis Borloo se félicite que "ces nouvelles mesures de réduction des consommations d’énergie d’appareils électroménagers de la vie de tous les jours s’inscrivent dans la continuité du programme ambitieux lancé en 2008 par la présidence française de l’Union européenne. Nous franchissons une nouvelle étape qui va permettre de réduire les consommations d’énergie et les émissions de CO2, et redonner du pouvoir d’achat à tous les ménages en Europe, et même au-delà puisque ces nouvelles normes sont appelées à devenir des standards internationaux".
Au service de l’éco-consommateur et au bénéfice de l’environnement, ces nouvelles mesures de la Directive EUP contribuent ainsi à inciter les fabricants à innover, encore et toujours, en vue de réduire l’impact environnemental de leurs produits tout au long de leur cycle de vie, de leur fabrication à leur élimination, en passant par leur utilisation. Dans cet esprit, Bosch, partenaire avec WWF depuis début 2010, s’inscrit dans le développement durable à travers le concept Green Technology Inside, un engagement au niveau du processus de fabrication et sur toute la durée de vie de l’appareil.

 



 

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