RVS
Tout le monde vient pour Roselyne

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RVS fête ses 40 printemps cette année. "L’occasion de réunir de façon conviviale pour cet anniversaire mes partenaires privilégiés", raconte Roselyne Joué. Ainsi, BSH, Miele, Magimix et Smeg, ont vu leurs couleurs célébrées à tour de rôle dans ce magasin d’électroménager haut de gamme du XIIe arrondissement parisien. Rencontre avec un chef d’entreprise hors du commun.

Annabel BENHAEIM
Confortique Magazine
n° 207 février 2009

 

Pour fêter ses 40 ans, Roselyne Joué a souhaité bien faire les choses. A chacun de ses fabricants "chouchous", Roselyne Joué a réservé un soir de la semaine du goût. Elle a invité près de 600 clients, 300 au moins ont répondu présents, pour célébrer la pérennité de la boutique.

A l’origine, RVS s’appelait Hervé Service. C’est Roselyne Joué, dans la partie depuis 1972, qui a repris l’affaire et l’a appelé RVS (Roselyne Vente Service) en 1994. Cette nouvelle dénomination est d’autant plus attractive que "les clients viennent pour Roselyne", comme elle se plait à le souligner. "J’ai éprouvé le besoin de créer un village dans la ville avec ce magasin", analyse-t-elle pour expliquer sa réussite. Roselyne Joué est une provinciale, accueillante et chaleureuse. "Je bénéficie aujourd’hui d’une antériorité dans le métier qui n’est pas négligeable et j’en fais profiter mes clients", continue-t-elle. Pour qu’un magasin indépendant (elle y tient beaucoup) réussisse à fêter ses 40 ans d’existence, il a dû faire preuve de respect, de compétences et d’amour vis-à-vis de ses clients. "J’ai ainsi réussi à fidéliser une clientèle qui maintenant m’envoie ses propres enfants".

Roselyne ne travaille que sur le haut de gamme avec des marques prestigieuses comme Miele, Gaggenau, Smeg, etc. Devant cette énumération de marques allemandes et italiennes, la question de savoir si Roselyne travaille avec des marques françaises arrive rapidement. Et la réponse fuse : "Tout d’abord, il existe fort peu de marques françaises ensuite, celles qui existent pêchent parfois par un manque de rigueur côté SAV. Les marques allemandes sont moins décevantes". Roselyne ne s’étendra pas plus sur le sujet.

 

"On ne vend pas du beau matériel dans une hutte"

Le magasin s’est spécialisé sur le GEM et l’encastrable avec un peu de PEM, à hauteur de 10 %, toujours sur le segment du haut de gamme, voire du très haut de gamme. "Je travaille très peu sur le brun, la boutique ne propose que 8 écrans plats, dont 5 de 40 à 46 pouces, 3 moyens et 2 petits et un peu de hifi, explique-t-elle. Les clients peuvent néanmoins me passer commande de temps à autre et pour un besoin précis". Roselyne Joué est fière d’avoir misé très tôt sur le haut de gamme. A la question de savoir pourquoi elle a choisi cette politique commerciale, elle répond d’abord qu’elle a été précurseur sur ce segment. En effet, en 1994 peu de revendeurs tablaient dessus. Elle a travaillé dur pour imposer sa patte. Afin de se construire une image "prestige", elle a commencé par l’intérieur de son magasin qu’elle a voulu "très beau" selon ses termes, en espérant un jour en être gratifiée. "On ne vend pas du beau matériel dans une hutte". Les gens qui achètent du haut de gamme se rendent plus facilement dans un magasin attractif, aux tonalités et aux matériaux "respectables" dans l’espoir d’y trouver les plus beaux produits.

RVS emploie 5 personnes et Roselyne précise qu’elle collabore avec les services après-vente de ses fabricants.

 

Loin de la crise

Roselyne ne connaît pas la crise et devant un tel succès, elle avoue avoir déjà eu envie d’ouvrir d’autres boutiques. Cependant, celle de l’avenue Ledru-Rollin est son bébé : qui trop embrasse, mal étreint. "J’ai eu peur de ne pas y apporter tout ce que j’étais, de me disperser", confie-t-elle.

Avec la crise financière qui semble frapper à toutes les portes du secteur, Roselyne constate une baisse du nombre d’entrées dans son magasin. Mais elle ajoute que grâce à sa politique commerciale sa clientèle est très diversifiée : elle va des architectes, aux administrations, en passant par les artistes et les particuliers. Elle s’est forgé sa réputation par le bouche-à-oreille. Selon elle, si elle réussit à surmonter la crise pour l’instant, c’est "probablement grâce à mon sens du relationnel". Même si les gens déménagent ou prennent leur retraite, "ils continuent de faire appel à mes services et de m’appeler pour des conseils, des commandes".

Sa devise du moment ? "Pour éloigner la crise, il faut travailler". A méditer. 

 

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