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Temps fort pour la Fédération des enseignes du Commerce Associé (FCA), les rencontres du Commerce Associé constituent chaque année un rendez-vous incontournable pour tous ses membres, et une occasion de dresser un état des lieux sur secteur. Consacrées chaque année à un thème précis, les rencontres du Commerce Associé qui se sont déroulées le 18 mai dernier à la Cinémathèque française se sont cette année penchées sur les groupements et leur comportement en 2009. Pierre GAUTHIER Confortique Magazinen° 221 juin juillet 2010
Creuset du commerce moderne, la France a de tout temps fait figure de modèle quant à l’organisation de sa distribution. Phénomène gagnant en ampleur, d’autant plus avec la contraction du marché en 2009 et les contraintes imposées par la mise en application de la Loi de Modernisation de l’Economie, le commerce associé a affiché en 2009 des indices positifs et solides.
Un exercice 2009 compliquéLes groupements ont en effet dévoilé une croissance globale de leurs chiffres d’affaires de + 0,9 %, là où le commerce de détail accuse une baisse de - 2,2 %. Réalisant un chiffre d’affaires sur le global de 118,534 milliards d’euros (93 % dans le commerce de détail, 4,4 % dans les services marchands et 2,5 % dans le commerce BtoB), les enseignes du commerce associé ont fait montre d’une bonne résistance face à la crise. Fragilisés par la réduction des délais de paiement imposée par la LME ainsi que par les nouvelles taxes appliquées au commerce, les points de vente ont en effet vu leur besoin en fonds de roulement (BFR) augmenté, pour lequel peu d’organismes bancaires ont donné suite. Dans ce contexte économique tendu, les groupements se sont imposés par leur aptitude à maintenir leur activité grâce à leur capacité en financement et à poursuivre le développement de leurs réseaux. Réunies sous la bannière de la Fédération des enseignes du Commerce Associé, ces groupements nationaux comptabilisent aujourd’hui 38 145 (+ 2,7 %) points de vente, répartis sous 143 enseignes. Représentant en 2009 plus du quart du commerce de détail (27 %), le commerce associé s’est dressé comme un secteur dynamique, confirmant sa croissance grâce à la prise de parts de marché.
La crise de l’équipement de la maisonTandis que le secteur alimentaire, majoritaire au sein du commerce associé avec 60 % de parts de marché en valeur, a enregistré une croissance globale de + 1 % du fait de l’effet déflationniste dont ont bénéficié les produits alimentaires (- 0,3 %) et le carburant (- 14 %), les réseaux non alimentaires ont également affiché une croissance de + 0,67 %. Si, sur le global, tous les secteurs ont progressé, ce n’est cependant pas le cas de l’équipement de la maison qui affiche même une baisse significative, ceci notamment en raison de la redistribution des dépenses du ménage. Bien que l’exercice 2009 se soit montré compliqué, le regain d’activité constaté sur la fin d’année a permis de limiter les pertes des 3 premiers trimestres. Mieux encore, cette tendance s’est poursuivie au premier 2010, confirmant les prémices de la reprise.
Un accompagnement à tous les niveauxChargée de fédérer les enseignes du commerce associé et de défendre leurs intérêts, la FCA est très engagée dans le débat parlementaire en ce qui concerne les récentes réformes gouvernementales. Outre une position affirmée pour ce qui est des dérives consécutives à la réforme de la taxe professionnelle, qui causent préjudice aux enseignes, la FCA est également partie prenante dans l’accompagnement et l’aide aux points de vente pour ce qui est de leur besoin en fonds de roulement. "Il faut savoir que dans le cadre de la réduction des délais de paiements imposée par la Loi de Modernisation de l’Economie, 20 jours de réduction de délais de paiement correspondant à une augmentation de 5 % du besoin en fonds de roulement d’un point de vente, dénonce Guy Leclerc, Président de la FCA. Consécutivement à cela, malgré les accords dérogatoires, au ralentissement de l’économie en France en 2009 et au décalage existant entre les exigences de volumes des fournisseurs et la rotation des stocks des commerçants, le BFR des enseignes a crû de façon importante". Autre facteur ayant amplifié les difficultés rencontrées par les points de vente, le resserrement des conditions et des assureurs-crédit quant à l’attribution de financement a d’autant plus fragilisé le commerce et les PME. Pour cette raison, la FCA a entrepris des démarches auprès de différents acteurs afin de développer un produit de trésorerie qui pallierait les problèmes rencontrés. Mis en place par Socorec, en partenariat avec Oséo, ce produit de trésorerie offrira ainsi la possibilité aux points de vente de consolider leur BFR.
De l’intelligence collective à l’intelligence des réseauxSi le dynamisme du commerce associé s’illustre à travers la croissance du secteur enregistrée en 2009, celui-ci se retrouve également au sein des adhésions à la FCA. Ainsi, bien que le nombre de sorties (544) soit demeuré stable par rapport à 2008, le nombre d’entrées, comprenant les créations et adhésions, a connu une forte hausse (1 553). L’une des raisons majeures à cette tendance sont les services qu’apporte un groupement à un point de vente. Tout en conservant une réelle liberté d’initiative et de gestion dans son magasin, l’entrepreneur bénéficie en effet des moyens et des politiques d’enseignes fortes inhérentes au réseau auquel il appartient. L’ensemble des moyens et des solutions mis en place par le groupement offre ainsi aux entrepreneurs la possibilité de répondre efficacement aux attentes du marché. Outre ces synergies créées tant au niveau de l’achat que des moyens, le partage d’expérience et les différentes occasions d’échanges entre les commerçants, mais également la solidarité entrepreneuriale instaurée dans chacun des réseaux sont autant de facteurs permettant à l’entrepreneur indépendant d’être plus efficace en période économique tendue.
Des transmissions différéesSelon l’observatoire de la FCA, le nombre de transmissions en 2009 a diminué, passant de 1 432 en 2008 à 1 191. Ce ralentissement est notamment corrélé aux décisions des entrepreneurs de poursuivre cette année leur activité et de différer leurs transmissions ; l’évaluation d’une entreprise étant plus délicate en temps de crise et les financements des banques se faisant plus rares. Celui-ci n’est en aucun cas dû au manque de repreneurs dont le vivier ne cesse d’augmenter. Les prévisions pour 2010 indiquent d’ailleurs que 1 419 entreprises seront à transmettre pour cette même année, soit une hausse de 19 % annonçant un retour aux tendances observées préalablement. Toujours selon cette même source, la répartition des différents entrepreneurs évolue d’année en année. Actuellement, et ce pour 82 % des cas, le repreneur est âgé entre 35 et 45 ans et est, de plus en plus souvent, issu du point de vente transmis (31,4 %). En effet, le commerce associé joue de plus en plus le rôle d’ascenseur social procurant les moyens financiers et transmettant le savoir-faire de l’entreprise aux salariés internes au point de vente. La part des transmissions familiales s’affiche quant à elle à la baisse, enregistrant un taux de croissance annuelle moyen, calculé sur 5 années, de - 5,5 %. • |
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