Les 3 & 4 février s’est tenue au Palais des Congrès de Paris la 17e édition du Salon des Entrepreneurs. Ce rendez-vous annuel s’adresse en particulier à tous les entrepreneurs, porteurs de projets, créateurs ou repreneurs établis en Ile-de-France, aux salariés en quête de reconversion, auto entrepreneurs, chefs d’entreprises PE/TPE, demandeurs d’emploi, dirigeants de PME/PMI, investisseurs, artisans, commerçants & entrepreneurs individuels, étudiants. Au final à tous ceux qui ont un projet ou simplement une idée, voire une entreprise déjà établie et que la crise oblige ou motive à entreprendre.
Eric BOURILLOT
Confortique Magazine
n° 218 mars 2010
Photo : Charles Marinakis, Laurent Amar, Nathalie Dubiez, Eric Holzinger, Stéphane Georgeon, Laurence Vernay, Luis le Duff, Jean-Claude Puerto Salavert, Alexandre Bouthelier.
L’une des conférences qui s’est tenue en marge de cet événement réunissait un panel de chefs d’entreprises de tous horizons qui ont essayé de répondre à une question simple, mais ô combien capitale pour bon nombre de futurs entrepreneurs : Quels sont les modèles et secteurs à succès pour créer son entreprise en 2010 dans le domaine de la Franchise et des Groupements ?
Très souvent, un seul chiffre résume à lui tout seul l’étendue d’un problème ! En 2009 selon le constat du dernier rapport d’Oséo, établissement public de l’Etat français, chargé en France de soutenir l’innovation et la croissance des PME et PMI, le nombre des PME qui ont fermé leurs portes est en augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente. Ce résultat met en avant un recul général et prononcé de l’activité fin 2008, accompagné par un coup de frein à la croissance de l’emploi et par une importante diminution de l’investissement (mi-2009, 43 % des PME prévoyaient d’investir contre 57 % mi-2008 et 66 % mi-2007). D’un autre côté, les résultats du sondage "Les moins de 30 ans et l’esprit d’entreprise en France" (réalisé par OpinionWay pour l’APCE, CER France et le Codice à l’occasion du Salon des Entrepreneurs) démontrent que près d’un jeune sur deux (47 %) souhaite créer un jour une entreprise et 13 % des 9 millions de jeunes de 18 à 29 ans envisagent de le faire d’ici 2 ans, soit 1,2 million de Français à court terme ! Dans le dessein de tenter d’enrayer cette crise et d’encourager de futurs jeunes à tenter leur chance, 10 chefs d’entreprises de renom se sont réunis sur une même estrade afin de tenter d’expliquer en partie les ficelles du métier et les clefs du succès. D’autant que ce métier est promu à un brillant avenir, car du fait du départ à la retraite de nombreux commerçants, pas moins de 6 500 points de vente seront à reprendre dans les 5 ans à venir.
Savoir donner !
La première question qui a été posée lors de cette conférence portait sur un axe bien précis et combien importante à savoir, quelles étaient les qualités requises pour être un bon franchisé ? Nathalie Dubiez, Responsable du marché de la franchise chez HSBC, affiche un avis bien tranché sur la question : "Un bon franchisé doit bien évidemment posséder maintes qualités et cela dans un maximum de domaines. Maintenant, je pense que l’une des plus importantes est l’action de s’immiscer au plus près de l’enseigne que l’on représente. Il est primordial que le franchisé soit en parfait accord avec les valeurs que véhicule cette dernière et qu’il les partage avec ses employées. Il n’est pas si important que cela que la personne soit issue de la même branche professionnelle que la marque qu’il représente en tant que franchisé, car dans la vie, "tout s’apprend" si le courage et la passion sont au rendez-vous, sauf si bien évidemment, certaines compétences acquises dans des domaines bien précis permettent de gagner un temps précieux. Maintenant, il est primordial que le franchisé possède un bon sens du commerce, qu’il soit un manager dans l’âme et qu’il dispose de quelques notions de gestion. L’important au final est de connaître ses propres "limites" et de ne pas s’embarquer dans un domaine d’activité qui n’est pas en totale adéquation avec ses envies, ses espérances et ses passions."
Travailler "plus vite" !
Quelles sont les raisons qui poussent une personne à ouvrir une franchise ? La réponse est simple et colle parfaitement avec les envies du moment. Une étude datant de 2009 indique que plus de la majorité des Français (56 %) désire être à leur compte. Fatigués de subir les foudres de leur patron, les descendants de Clovis aspirent à l’orée du XXIe siècle à voler professionnellement de leurs propres ailes. Cependant, il faut savoir qu’en 2009, un commerce indépendant sur deux disparaît au bout de cinq ans alors que 85 % des groupements et franchises continuent à subsister au final de cette même période de temps. De plus, la franchise permet de travailler "plus vite" tout en offrant une traçabilité sans fausse note. Enfin, à l’inverse du commerçant indépendant, le franchisé est épaulé et se retrouve au cœur d’un système qui connaît les mêmes tracas que lui. Pour résumer, à l’heure d’aujourd’hui, peu de points négatifs entrent en ligne de compte et la franchise demeure, sans erreurs possibles, un bon gage de réussite pour la personne qui souhaite s’y embarquer. Charles Marinakis, Directeur général Century 21 Entreprise et Commerce explique : "La rentabilité de notre concept est fondée sur trois principes : un investissement initial raisonné et raisonnable, un point mort maîtrisé et atteint dès la première année d’activité, une rentabilité exponentielle au-delà du point mort. Ce travail cohérent sur le point mort, qu’il ne faut pas aggraver par des dépenses inutiles, commence dès la recherche de l’emplacement de l’agence. En s’appuyant sur la marque Century 21 et ses 87 % de notoriété globale, on choisit un local qui n’est pas en emplacement numéro 1, à l’entrée de la ville sur un axe entrant, facilement accessible au stationnement, car les clients sont souvent éloignés. Quant à la pérennité de notre concept, tout est fait aujourd’hui en France pour créer de la valeur ajoutée, pour favoriser la création et la reprise d’entreprises, à travers des incitations fiscales et sociales, comme le statut de l’auto entrepreneur. Nous sommes passés de 200 000 créations d’entreprises par an en 2000, à 327 000 l’année dernière. De plus, le tissu des services prend progressivement la place du tissu industriel. Cela représente aujourd’hui un marché de 60 000 ventes, dont 5 000 dans le cadre d’une reprise."
Quand un bon banquier vaut mieux qu’un bon taux !
Dans la vie, rien n’est gratuit ! Cet adage vaut bien évidemment pour le cas échéant. Louis le Duff, Président du groupe Le Duff (La Brioche Dorée, Pizza del Arte, Le Fournil de Pierre, La Madeleine, Bridor), considéré comme le "Roi" de la Franchise est catégorique sur le sujet : Il ne faut jamais croire que l’on peut tout faire seul et éviter de se concentrer uniquement sur le taux du crédit que la banque vous accorde. "Le taux du crédit que la banque vous consent ne doit pas être la seule raison de votre choix ! L’expérience m’a appris qu’il est plus que souhaitable sur le long terme de chercher une banque qui va vous accompagner sur un large laps de temps. De toute manière, l’argent n’est pas le nerf de la guerre ! Par exemple, le plus souvent, c’est moi qui finance mes propres franchisés, car j’aime faire confiance à l’homme et non à l’apport financier qu’il représente." Nathalie Dubiez ajoute : "Il est souhaitable cependant de posséder une certaine trésorerie, car il subsiste de nombreux frais à la suite de la signature du contrat. Il est donc indiqué d’arriver tout de même avec quelques munitions en poche afin de parer à toutes les éventualités qu’occasionne une première année d’exploitation tout en sachant qu’il n’est pas impossible d’obtenir un complément d’argent de la part de son fournisseur ainsi que de l’Etat".
"Quand tout dépend de la rémunération demandée par l’employeur !"
En moyenne, quelle est la rentabilité d’une franchise ? Voici une question qui vaut le coup d’être posée et qui n’a nullement émoustillé les différents interlocuteurs. Eric Holzinger, Directeur de Synalia (Julien d’Orcel, la Guilde des Orfèvres, Heures & Montres, Parfait Alibi) annonce une rentabilité
entre 5 et 7 %. Laurent Amar Dirigeant de Monceau Fleurs communique pour sa part 10 % quand Jean-Claude Puerto-Salavert, PDG d’Ucar, cofondateur d’ADA table sur un pourcentage allant de 5 à 10 %. Stéphane Georgeon D.G. du Groupe Jean-Claude Biguine n’hésite pas à annoncer un chiffre allant de 5 à 20 % : "En fait, tout dépend de la stratégie de la rémunération de l’employeur ! Chaque enseigne offre telle ou telle garantie de contrat et il est donc impossible de donner un chiffre global. De toute manière, il n’est pas bon pour le franchiseur de demander dans les premiers temps une rémunération importante, car cela freine obligatoirement le nouveau franchisé et par conséquent cela l’empêche de mener à bien son business. Dans ce cas-là, prudence fait toujours office de mère de sûreté !"
L’important est de s’épanouir professionnellement
Vouloir ouvrir une franchise est un fait, choisir son domaine d’activité en est un autre ! En 2010, quels seront les secteurs porteurs ? Interrogée sur la question, Alexandra Bouthelier, Déléguée générale de la F.C.A., explique : "Il est indéniable que les services à la personne vont connaître dans un futur plus ou moins proche une croissance très forte ! Les secteurs des énergies renouvelables vont eux aussi exploser. À l’inverse, il demeurera toujours difficile de faire entièrement confiance à tous les secteurs liés à la technologie, car ces derniers "avancent" à grande vitesse et peuvent à tous moments s’écrouler !" Louis le Duff prompt à répondre à toutes les questions stipule en guise de conclusion : "Il ne faut jamais confondre diversions et diversification ! Le plus important est de s’orienter dans une voie qui lui correspond et qui va permettre à tout à chacun de s’épanouir professionnellement. La base du métier de franchisé est la passion et la motivation ! Tout homme qui compte en lui ces valeurs est capable d’accomplir les plus grands exploits !" •
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Laurence Vernay Avocate, Cabinet d’avocats SAJE prend la parole devant un parterre entièrement conquis à la cause de la Franchise et des Groupements. |
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Louis le Duff, Président du groupe Le Duff (La Brioche Dorée, Pizza del Arte, Le Fournil de Pierre, La Madeleine, Bridor), incarne l’expression même de l’entrepreneur breton qui a réussi !
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