Jean-François Morice, Responsable Pem Leclerc et adhérent du groupement
Rudy Jacob, Directeur commercial petit électroménager BSH
Les stands des exposants regroupés au premier étage du salon ont bénéficié d’une belle affluence
La marque Thomson tente un come-back sous la houlette de Patrick Boudinski, Directeur pour l’Europe du Nord de la nouvelle organisation TCL
Le magasin recrée au rez-de-chaussée répartissait chaque univers distinctement
Qu'il s'agisse de micro-informatique, de gros électroménager ou bien de Pem, tous les univers de l'électrodomestique étaient réunis sur le salon
Chez canon, l'atmosphère était studieuse
L'ambiance était à la dégustation dans les allées du
Le groupement d’achat de Leclerc, plus connu sous le nom de "Le Galec", a accueilli ses fournisseurs dans ses propres locaux à Ivry-sur-Seine, en région parisienne et pendant deux jours, le temps d’une rencontre privilégiée avec les adhérents de la coopérative. L’entretien avec Jean-François Morice, responsable PEM à la centrale et adhérent Leclerc, nous a confirmé l’importance grandissante de l’électrodomestique au sein de l’enseigne.
Annabel BENHAEIEM
Confortique Magazine
n° 204 novembre 2008
Le salon d’enseigne de Leclerc réunit chaque année depuis vingt ans ses principaux fournisseurs, non alimentaires et hors textile. Chacune des 162 marques présentes lors de cette manifestation disposait d’un stand afin d’exposer aux visiteurs, venus nombreux, leurs dernières nouveautés. Le Galec (Groupement d’achat des Centres E. Leclerc) coordonne et met en œuvre la politique commerciale de l’enseigne au service des centres E. Leclerc. Il a pour mission de référencer et de négocier les conditions commerciales pour l’ensemble des magasins. Aujourd’hui près de 400 salariés travaillent au sein du Galec essentiellement sur des missions de développement commercial et de marketing, en lien avec des fonctions supports d’informatique, finance et communication.
Les 162 fournisseurs présents lors du salon font partie du Groupe de Travail 4, soit le GT4 Technique qui rassemble chez Leclerc les univers du blanc, du brun et du gris. Cette dénomination permet de faire la distinction entre les différents secteurs de la coopérative (alimentaire, textile, électrodomestique, bricolage…). Ce groupe de travail est dirigé par Olivier Huet.
Une mise en scène bien pensée
Le salon était composé de deux étages. Le premier étage permettait aux fournisseurs de rencontrer les adhérents, qu’ils soient propriétaires des magasins ou bien chefs de rayon, au détour des allées ainsi que les responsables de la centrale, qui travaillent en binôme avec les adhérents. Le rez-de-chaussée, quant à lui, nous a offert une belle surprise puisque sur 900 m2, avait été recréé l’intérieur d’un magasin Leclerc avec sa signalétique particulière. Chaque marque présente au salon pouvait venir admirer son produit en rayon ou bien mis en scène par les soins d’une équipe technique aux aguets. Pour Jean-François Morice, adhérent Leclerc et responsable à la centrale du secteur du PEM, le salon est une réussite. Il s’inscrit dans le prolongement du travail sur l’agencement de la partie électrodomestique entrepris dans les points de vente Leclerc depuis quelques années. Ces nouveaux agencements remportent un vif succès auprès des consommateurs, car les surfaces de vente ont, pour la plupart, harmonisé la présentation de l’offre par secteurs. Le repérage au sein des rayons est ainsi facilité et la déambulation dans les linéaires plus plaisante. Selon Jean-François Morice, "le magasin Atlantis à Nantes constitue un bon exemple puisque son propriétaire a décidé de regrouper toute la partie technique dans un bel endroit du point de vente, le tout agrémenté d’un jeu de couleurs bien choisies".
Un espace dédié à l’électrodomestique
Le magasin recréé lors du salon Le Galec reprend cette thématique avec un espace uniquement réservé au GT4 Technique, et agencé selon les familles de produit. "Le salon Le Galec est une occasion unique pour nos partenaires référencés de rencontrer les managers et les chefs de rayon Leclerc. D’ailleurs, ils n’exposent pas l’ensemble de leur gamme, ils répondent surtout présent pour rencontrer les décideurs, précise Jean-François Morice, pour les fabricants, ce salon représente une véritable aide à la vente". Ceci a naturellement amené les grandes marques à s’intéresser de plus près à ce salon, et nous avons constaté une recrudescence de leur présence au Galec", continue le responsable PEM. De plus, le fait de pouvoir toucher les produits, les soupeser, voire les tester, a constitué une véritable valeur ajoutée pour les adhérents qui se sont pris au jeu. Plusieurs animations organisées par les fabricants ont émaillé ces deux journées comme la préparation de crêpes sur la nouvelle crêpière de Seb, ou bien la dégustation de cafés ou de chocolats chauds au stand BSH, créant ainsi une atmosphère détendue et presque familiale. Le sourire, feint ou réel, était sur toutes les lèvres. L’apparition furtive de Michel-Edouard Leclerc a d’ailleurs contribué à cette bonne ambiance. D’autant plus que "le GT4 Technique représente l’un des secteurs qui progresse le plus ces dernières années chez Leclerc, avec par exemple, sur le PEM, une progression de 10 à 15 % du CA global", toujours selon Jean-François Morice. Les quelque 530 magasins de la coopérative, d’une surface moyenne de plus 4 000 m2, se sont tous ouverts à l’électrodomestique. En effet, Les rayons non alimentaires semblent avoir pris le pas, ce qui pousse la coopérative à explorer régulièrement de nouveaux univers de consommation ou bien de perfectionner des univers dans lesquels les hypers ne sont pas toujours performants. Et l’électrodomestique fait partie de ces univers encore mal exploités par les GSA. De plus, la concurrence des grandes surfaces spécialisées du type Darty ou Boulanger n’est pas évidente à contrer. Explorer ce secteur permet à Leclerc d’investir des marchés porteurs et de renforcer son image de multispécialiste par la mise en place "d’espaces" dignes de concurrencer les meilleurs. L’exemple de la culture est probant. Les Espaces culturels Leclerc sont des lieux agréables et conviviaux dans lesquels le consommateur peut découvrir un grand choix de produits (livres, bandes dessinées, disques, cassettes vidéos...) dans un cadre qui n’a rien de commun avec celui d’un hypermarché. Le Manège à Bijoux témoigne également de cette réussite, puisque Leclerc est devenu l’un des premiers bijoutiers de France. Selon les cas, ces concepts peuvent prendre vie à l’intérieur de l’hyper ou à proximité. Ce qui permet, le cas échéant, de dynamiser une galerie marchande.
LME : "Enfin !"
Sur le Pem, la tendance actuelle veut que la coopérative se dirige vers le moyen haut de gamme. La marque repère créée sur ce secteur permet de labelliser les MDD et de proposer sous les marques Elsay et Eco Plus près d’une cinquantaine de produits. Cette étape a été voulue par Leclerc dans le but d’éviter au maximum de passer par des intermédiaires. Et c’est d’ailleurs devenu le credo de l’enseigne-coopérative, selon Jean-François Morice.
Si se passer d’intermédiaires est le cheval de bataille de Leclerc, nul doute que la mise en place de la Loi de Modernisation Economique (LME) a remporté tous les suffrages au sein de la maison. "Enfin !", s’exclame notre responsable Pem, "enfin, nous allons pouvoir reprendre notre métier là où il s’est arrêté voilà dix ans ! Nous allons aussi pouvoir négocier les prix d’achat et les accords commerciaux au profit du consommateur. Etant donné que je vais pouvoir travailler sur un volume supplémentaire avec le fournisseur, la négociation des prix se fera donc sur le volume et ce sera au fournisseur de connaître son seuil de rentabilité".
Dans une interview parue début septembre dans Le Parisien, Michel-Edouard Leclerc estimait que la loi de modernisation de l’économie permettra de limiter la hausse des prix des produits alimentaires à 2 % dès décembre dans les magasins de l’enseigne. "Je m’engage à ce que de 4,06 % d’inflation annuelle actuelle, on passe en décembre à un rythme annuel de 2 % en moyenne. Le consommateur sentira les effets dès les premiers mois de 2009", a déclaré Michel-Edouard Leclerc. Il n’a pas non plus manqué de dénoncer certains industriels qui "continuent de prendre les distributeurs pour des gogos". Il a également déclaré avoir donné des consignes aux directeurs d’achat pour refuser des hausses de tarifs supérieures à 2 %.
D’après une étude récente du cabinet Nielsen, l’enseigne Leclerc serait le leader de la distribution en France avec une part de marché de 16,3 % en cumul annuel mobile sur la période avril 2007/mars 2008. Elle surpasse ainsi Carrefour (14 %), Intermarché (13,8 %), Auchan (9 %) et Système U (8,9 %), la première enseigne de hard discount n’arrivant qu’en 7e position; il s’agit de Lidl (4,6 %).
Expansion au programme
Et Leclerc n’entend pas s’arrêter en si bon chemin puisque le calendrier de l’enseigne est chargé en cette rentrée avec la volonté de s’implanter sur deux îles françaises : la Corse et la Réunion.
L’implantation à la Réunion devrait s’avérer plus facile que sur l’île de beauté.
Les enseignes Champion et Leader Price risquent de faire les frais de l’envie d’expansion du groupement. Au premier trimestre 2009, 2 hypermarchés Champion, 9 supermarchés Leader Price et 5 supérettes du même nom se convertiront en enseignes Leclerc pour les plus grands et en Leclerc Express pour les autres, selon un communiqué du groupement. Tous ces magasins sont contrôlés par les familles Thiaw-Kine et Chon Fah Shen. Dès leur transfert d’enseigne, ils bénéficieront de l’ensemble des conditions d’achat du Galec et feront entrer progressivement les 3 800 références de marques de distributeur, y compris Eco Plus.
En Corse, l’affaire s’avère plus épineuse. Dix magasins Système U devraient porter d’ici quelques semaines le pavillon Leclerc et l’enseigne compte bien faire baisser les prix dans cette région réputée très chère. Ces dix magasins ont demandé à Leclerc de rentrer dans ce groupement afin de pouvoir baisser leurs prix dans l’idée d’instaurer une culture de concurrence sur l’île.
Rattachés à Lecasud, centrale régionale d’approvisionnement des Centre E. Leclerc pour le Sud, début mars 2009, ces magasins auront trois ans pour arriver à leur objectif. Le principal obstacle reste les coûts liés au transport. Certains prétendent que Michel-Edouard Leclerc aurait réussi à baisser les prix du transport par voie de mer de 50 %. D’autres parlent d’un miracle si l’enseigne réussit à faire baisser les prix de 12 % comme elle le souhaite. Ne jouons pas aux oiseaux de mauvaise augure, ce pari semble fou mais les dirigeants de Leclerc paraissent déterminés. •
Historique
"Acheter le moins cher possible pour vendre le moins cher possible". La formule d’Edouard Leclerc est le concept fondateur du mouvement. De l’épicerie de Landerneau qu’il ouvrit en 1949 aux grandes surfaces d’aujourd’hui, le système E. Leclerc s’est affirmé comme une alternative à la distribution classique.
1949 : Edouard Leclerc ouvre sa première boutique, à Landernau (Bretagne), en pratiquant la vente à prix de gros. Assez vite, les grands magasins et les magasins populaires mettent en place à son encontre une politique de dumping alors que de nombreux industriels refusent de le livrer ou exigent de lui des prix imposés.
1958-1959 : Une cinquantaine de magasins portent le panonceau E. Leclerc. Première ouverture en région parisienne, à Issy-les-Moulineaux.
1960 : Interdiction du refus de vente. Edouard Leclerc remporte ses premiers procès contre les fournisseurs récalcitrants.
1960-1970 : Le système Leclerc tel qu’il apparaît aujourd’hui se met en place. Ses bases: l’ACDLec, le Galec et les centrales régionales.
1969 : Figure centrale du mouvement, Jean-Pierre Le Roch est en désaccord avec Edouard Leclerc sur un certain nombre d’options relatives à la conception même du métier de distributeur. Il quitte le mouvement avec 95 adhérents pour créer ce qui deviendra plus tard Intermarché.
1970-1980 : Bataille pour le droit d’établissement, “Bataille de Rochefort” (affrontements avec le CID-UNATI), dénonciation du monopole des compagnies pétrolières..., le mouvement part en guerre contre tous les avantages et privilèges. Mouvement qui, par ailleurs, s’oriente de plus en plus vers l’hypermarché.
1973 : Edouard Leclerc combat le texte de la loi Royer, qui allait être le premier d’une longue série limitant l’expansion des grandes surfaces.
1979 : Création de la SIPLEC afin de pouvoir vendre l’essence moins chère.
1981-1986 : Dans les années quatre-vingt, la lutte pour accéder aux “secteurs protégés” (livres, carburants, parapharmacie...) s’intensifie.
1991 : Création de la marque Tissaa (vêtements), et d’une gamme de produits premiers prix afin de contrer les hard discounters naissants.
1986-1990 : Importantes diversifications (voyages, bijoux, parapharmacie)
1995 : Ouverture des premiers centres E. Leclerc en Pologne et au Portugal
et ouverture du premier concept Espace Culturel.
1995 : Ouverture des premiers centres E. Leclerc en Pologne et au Portugal.
2005 : E.Leclerc plaide pour une réforme massive et brutale de la Loi Galland.
2006 : Les premiers magasins Leclerc Express voient le jour, pour contrer la montée des hard-discounters.
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