FCA
Franchise ou Commerce associé ?

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Pierre GAUTHIER
Confortique Magazine
n° 206 janvier 2009

 

Partenaire de la première édition de la Cité du Commerce et de la Consommation, qui s’est tenue les 28 et 29 novembre au campus de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris-Ecole européenne des Affaires de Paris (ESCP-EAP), à Paris, la Fédération des Enseignes du Commerce Associé (FCA) s’est à cette occasion engagée à présenter un autre regard sur la distribution d'aujourd’hui.

Aux côtés d’autres intervenants invités à prendre part au débat consacré au thème "S’installer, commercer, consommer : quelles libertés ? Quelles responsabilités ?", Guy Leclerc, Président de la FCA, a ainsi défendu le commerce associé, en exposant ses avantages, face aux interrogations que suscite la décision d’ouvrir un commerce dans le contexte actuel.

 

De bons fondamentaux

Autour de Dominique Moreno (Secrétaire générale de la Commission du commerce et des échanges à la CCIP), Jean-Paul Charié (Député du Loiret, Président de la commission chargée de la LME), Olivier Badot (Professeur à l’ESCP-EAP), Guy Gras (Président de la Fédération Française de la Franchise), Eric Renard (Fondateur du Petit Olivier, Président de l’Association Avenir) et de Michel Choukroun (Consultant-Expert en Distribution), se sont évertués à dresser un panorama du commerce et de la distribution en France.

Rappelant l’importance du commerce et de la distribution dans le paysage économique français, 80 % de la croissance française provient de la croissance de la consommation, Michel Choukroun a dans un premier temps tenu à dédramatiser la situation face à la conjoncture actuelle. Soutenu dans son argumentation par Olivier Badot, il a ainsi mis en avant la solidité des fondamentaux inhérents au commerce en France, grâce auxquels l’économie nationale est moins fragilisée que celle des autres pays. "Ce qui s’explique par l’historique du commerce et de la distribution sur le territoire" indique Olivier Badot. Le commerce français a en effet de tout temps été l’accompagnateur de la modernisation de l’Etat, et un modèle pour nombre de pays voisins. Car outre son implication dans le développement du commerce, à travers notamment le concept des grands magasins, la France a également été l’instigateur du déploiement de nombreuses formules. Les coopératives, les magasins populaires, les franchises et les centres commerciaux en sont quelques exemples. À tel point même que certains codes du commerce, tel celui de la franchise, se sont exportés hors des frontières. Si cet effet de levier à l’échelle européenne est aujourd’hui moindre, il n’en demeure pas moins toujours présent, notamment sur le secteur de l’e-commerce qui connaît aujourd’hui une forte croissance (+ 30 %), plaçant ainsi le pays derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Mais cette forte performance du modèle commercial français à l’étranger est également représentative du dynamisme qui anime la distribution. Car outre une base solide, sur le plan juridique et historique, le secteur bénéficie aussi d’une forte implication de ses acteurs et d’une représentativité exhaustive (Fédération Procos, etc.).

 

Un choix difficile

Cette représentativité est par ailleurs résultante de la diversité des modèles de distribution qui cohabitent sur le territoire : magasins intégrés, franchises, commerces associés et indépendants. Toutefois, si cette division du paysage de la distribution en France pose aujourd’hui quelques problèmes pour se repérer, elle laisse cependant une grande part d’importance au monde indépendant, qui représente 60 % du commerce exercé. Cette répartition s’explique aujourd’hui par le développement de structures au sein du monde indépendant, offrant en sus de la représentativité des segments, une organisation et un encadrement. Représentants de deux de ces structures, Guy Leclerc et Guy Gras ont ainsi respectivement exposé les avantages apportés par le commerce associé et la franchise en rappelant leurs différences. À la différence de la franchise qui est un système pyramidal à la tête duquel un dirigeant prend la responsabilité de développer un savoir-faire afin d’en faire bénéficier les autres commerçants ralliés à son enseigne, le commerce associé est constitué d’entrepreneurs indépendants, adhérents à une société coopérative. Ainsi que le précise Guy Gras, « le plus important dans la franchise, au-delà de l’enseigne, c’est le savoir-faire qui permet d’apporter au commerçant un avantage concurrentiel ». Cet atout a notamment permis à la franchise de devenir l’un des grands poids du commerce en France, avec un nombre de franchisés qui a doublé en l’espace de 10 ans. Toutefois, si la franchise présente un certain avantage pour le commerçant, elle incarne également une belle vitrine du commerce français à l’étranger pour le réseau qui peut ainsi profiter de cette reconnaissance pour s’exporter. Or si ce mode de distribution est particulièrement représenté en France, il est néanmoins opposé au commerce associé, lequel couvre plus de 26 % du commerce national. À la différence de son homologue, le commerce associé est une organisation d’intégrés au service d’entrepreneurs individuels, qui propose aux propriétaires de points de vente, associés au sein d’un groupement, de disposer de la force et des services d’une structure centrale sans affecter leur indépendance d’entrepreneurs. Mandatée pour représenter ce secteur, la FCA regroupe ainsi aujourd’hui sur le territoire national quelque 120 enseignes, pour un total de 470 000 salariés et plus de 28 000 entrepreneurs. Affichant en 2007 une croissance de + 5,1 %, pour un chiffre d’affaires de plus de 100 milliards d’euros, les enseignes d’indépendants associés ont ainsi pris le pas sur les réseaux intégrés et représentent à elles seules plus d’un quart du commerce de détail. Si l’engouement pour le commerce associé est évident, cela est également dû aux possibilités d’entreprendre pour les salariés qui y voient un formidable ascenseur social. Et cela d’autant plus alors que 7 700 entreprises seront à reprendre d’ici 5 ans. En outre, il s’agit également d’un secteur particulièrement dynamique puisque 14 000 nouveaux emplois ont été créés en 2007, soit une hausse des effectifs de + 3,3 % par rapport à 2006.

En marge de l’émulation opposant le commerce associé à la franchise, le commerce de proximité et l’industrie ont également une incidence sur le paysage commercial français. Le premier en raison de son implication en centre-ville et de son rapport avec l’habitat et le consommateur, le second parce « qu’il ne peut y avoir d’industrie sans commerce, ni de commerce sans industrie », dixit Eric Renard. La question de la solidarité, ainsi que de l’intérêt général, justement évoqués ici, constitue fort à propos le leitmotiv du Député Jean-Paul Charié dans le cadre de la commission sur la Loi de Modernisation de l’Economie. En dépit d’une certaine maturité du commerce français, les mentalités et la culture françaises à l’égard du commerce doivent aujourd’hui se développer et évoluer. Et cela passe inéluctablement par instituer le fait qu’il peut y avoir une défense du consommateur grâce au commerce, ce qui est l’objectif de la LME, en mettant en place des règles du jeu (urbanisme commercial, libre négociabilité, égalité de concurrence, délais de paiement, etc.).  "Il ne peut y avoir un développement de l’activité économique au détriment de l’intérêt général", conclut Jean-Paul Charié.  •

 

 

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