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Design en mutation |
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Après Paris, c’est au tour de Mulhouse (Haut-Rhin) d’accueillir l’exposition"Design en Mutation". Ainsi, les Mulhousiens peuvent découvrir cette exposition réunissant des designers qui, loin des seules préoccupations esthétiques, composent des objets intégrant les impacts des changements écologiques, énergétiques et technologiques dans nos modes de vie.
Bénédicte Topuz
Confortique Magazine
L’exposition "Design en mutation", organisée par la Mairie de Paris et la Fondation EDF Diversiterre, présente, en partenariat avec le VIA, les travaux de onze designers les plus représentatifs d’une génération qui s’affirme dans la recherche et le design prospectif. Ceux-ci ouvrent de nouvelles voies permettant à chacun d’envisager les objets qui composeront notre cadre de vie futur. En marge de l’exposition, un film documentaire de 30 minutes présente les témoignages de directeurs d’écoles, d’institutions d’aides et de promotion du design sur leur perception de ces mutations et sur la manière dont elles influencent les pratiques. Une prise de conscience des designersIl semble évident qu’à plus ou moins brève échéance, une révolution environnementale va se produire à l’échelle planétaire. Le sommet de Copenhague qui s’est tenu en décembre dernier l’atteste, poussant ainsi les politiques à s’organiser malgré leurs divergences. Autre révolution en cours, celle du numérique dont les effets sur la société sont encore peu évalués. Les métiers de la conception et de production des biens de consommation devraient être particulièrement exposés aux ondes de choc de ces deux événements indépendants mais qui s’entrecroisent. Ainsi, plusieurs designers ont compris qu’ils étaient dans l’obligation de repenser leur discipline qui repose encore sur les préceptes des mouvements modernes. Cette nécessité concerne tout autant la remise à plat des finalités (que produire, dans quel but et avec quoi ?), que la révision de l’ensemble des outils méthodologiques.
Ces designers sont donc en train d’abandonner les classifications par grandes fonctions et les typologies d’objets qui en découlent pour poser un autre regard sur les activités humaines – chacune prise dans sa globalité, en lien avec le contexte dans lequel elle se déploie – et tenter des réponses plus raisonnées. Car grâce à l’apport de nouvelles technologies, les produits manifestent des innovations d’usage qui facilitent les activités de la vie quotidienne. Ils ne remplacent pas des produits existant, mais s’inscrivent dans un processus nouveau d’accumulation : dans l’univers de l’habitat, le nombre d’objets passe de 200 à 2000. Cette exposition permet ainsi de découvrir les recherches d’aujourd’hui et d’envisager le monde demain.
Des approches différentesC’est donc un espace d’observation et d’expérimentation abordant les enjeux du design à travers les pratiques quotidiennes. L’habitat est posé comme une métaphore du monde, le lieu où se jouent des tensions entre les sphères privée et publique, entre l’individu et le collectif, entre le "bricolé" et le technologique, entre le fonctionnel et le symbolique. Il incarne un écosystème idéal à partir duquel il semble plausible de modéliser des dispositifs de transformation. Ainsi, par exemple, l’intention de Delo Lindo est d’observer la banalité et de tenter de l’améliorer. C’est ce qu’il a réalisé pour les objets issus du programme électroménager Simply Event développé pour Téfal, pour lesquels la conception est née d’une distinction conceptuelle entre la partie électrique et la partie manuelle et dont les conséquences influent sur la forme. Autre approche celle d’Olivier Gassies qui vérifie que la création d’un objet peut être la réponse à une problématique environnementale. Ainsi, il présente des objets qui ont pour fonction, chacun à leur niveau, de récolter l’eau jusque dans ses moindres manifestations physiques (eau de pluie, rosée, humidité ambiante) et de traduire ces différentes actions par des propositions d’objets inédits. Pour EDF R&D Design, la rupture passe par le développement des énergies renouvelables et la réduction des consommations, mais aussi en imaginant un futur où l’information énergétique sera présente dans l’habitat pour communiquer à ses occupants ses différents états et les aider à agir en conséquence. De son côté, l’agence Machin Machin propose des alternatives à des outils technologiques coûteux, par exemple la climatisation. Pour Jean-Louis Fréchin, la mutation vient du nouveau rapport aux temps et aux espaces, il s’agit de donner une forme à l’économie de l’immatériel et de l’information. Il propose donc un environnement interactif où les objets de votre confort quotidien et les objets technologiques cohabitent, d’où par exemple l’étagère WaAz. •
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