PROCOS
En 2009, reinventons le commerce !

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Dénonçant la crise qui ébranle depuis plusieurs mois les marchés mondiaux et rend toute perspective de développement incertaine, la 17e édition des prix de la fédération pour la Promotion du Commerce Spécialisé (Procos), organisée le 22 janvier, s’est cependant voulue rassurante quant à l’avenir du commerce.

Piere GAUTHIER
Confortique Magazine
n° 207 février 2009

 

Animée par Laurent Fontaine et Pascal Bataille, intronisés maîtres de cérémonie pour la dixième année consécutive, la 17e édition de la remise des prix Procos fut prétexte pour Jean-Luc Bret, Président de Procos, et Michel Pazoumian, Délégué général de Procos, à dédramatiser la situation économique actuelle.

Dressant le bilan de l’année 2008 qui fut particulièrement révélatrice des remises en question dans le commerce, Michel Pazoumian a ainsi abordé tour à tour les difficultés qui se sont fait jour dès le mois d’avril. En effet, après un premier trimestre convenable pour le Commerce Spécialisé, la situation s’est ensuite très nettement dégradée, consécutivement à la flambée du pétrole et la réduction de l’offre en matières premières. Accusant des coûts de production et de logistique toujours plus élevés, le Commerce Spécialisé a ainsi vu son chiffre d’affaires continuellement chuter au cours des sept derniers mois de l’année. Et alors que le mois de décembre, période faste pour les ventes, aurait pu redresser sensiblement la barre, le voile de la récession économique a empêché toute perspective d’amélioration. Si bien qu’à la fin 2008, le Commerce Spécialisé accuse un recul de son chiffre d’affaires global de 0,5 %.

 

2009, l’année des doutes ?

Toutefois, si l’année 2009 se révèle d’ores et déjà comme l’année de tous les doutes, certains signes dévoilés en 2008 permettent aujourd’hui d’aborder l’avenir plus sereinement. Outre l’implication de la fédération Procos en faveur de la structuration du Commerce Spécialisé, l’environnement commercial s’est doté tout au long de l’année de repères, nourris grâce à une activité législative particulièrement soutenue. Incarnée de prime abord par la signature au mois de décembre 2007 d’un accord entre la fédération Procos, la Fédération des Sociétés Immobilières et Foncières (FSIF), le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) et l’Union National de la Propriété Immobilière (UNPI), portant sur la révision d’un Indice plus juste des Loyers Commerciaux (ILC), cette bouffée d’oxygène a trouvé sa pleine expression avec la Loi de Modernisation de l’Economie (LME). Légitimant l’existence législative de l’ILC, la LME a en effet introduit au sein de l’environnement commercial une justice économique en abordant nombre de points sensibles mais nécessaires au regard de la crise de la consommation rencontrée (négociabilité des tarifs, libre concurrence, etc.).

La question de l’urbanisme commercial, débattue par Jean-Paul Charié, Député du Loiret, a également constitué l’un des enjeux majeurs du calendrier parlementaire en 2008. Accusant depuis 4 ans une surproduction financière, avec 8,8 millions de m2 commerciaux accordés chaque année, principalement dans le cadre de projets de Retail Parks en périphérie des villes, le marché ne pouvait plus aujourd’hui se réguler de lui-même et se limiter au tout périphérique. Alors que la situation du commerce urbain exigeait une solution radicale pour endiguer le phénomène d’expansion des commerces en bordure des villes, le Député Charié a su taper du poing sur la table en renversant les règles établies depuis 1988. Redonnant ainsi toutes ses lettres de noblesse au commerce, il lui permet désormais de devenir l’une des composantes de la politique financière et non plus une résultante comme cela était le cas ces vingt dernières années.

 

Une mutation de la consommation

Néanmoins, s’il apparaît capital de repenser aujourd’hui le commerce de demain, cela est également dû au changement des fondamentaux du consommateur. Au-delà de la sempiternelle équation de l’offre qui stimule la demande, laquelle en définitive influe sur les loyers commerciaux, la principale question que le Commerce Spécialisé doit aujourd’hui se poser est son rapport avec le consommateur et ses attentes. "Il ne faut en effet pas parler de crise de la consommation, mais bel et bien de mutation de la consommation, rappelle Michel Pazoumian. Aujourd’hui, le consommateur veut davantage de choix, de meilleurs produits, un sens des valeurs et un meilleur service dans les rapports humains". Cette remise en cause de la place de l’homme au sein du commerce et de la distribution est depuis toujours le cheval de bataille de l’enseigne Nature & Découverte et de son Président, François Lemarchand. Présent lors de cette 17e édition des prix Procos, il a ainsi mis en exergue le fait que les commerçants vivent aujourd’hui trop sur les aspirations de leur clientèle, négligeant ainsi leurs fondements en tant que distributeurs. Invitant tous les acteurs du commerce à revenir aux sources de la distribution, il a ainsi prêché en faveur d’un bonheur national brut. Refusant d’admettre l’hyper consommation, injustement mise en cause selon lui, François Lemarchand a souligné "la responsabilité des commerçants à tout mettre en œuvre pour s’engager vers cette mutation du commerce, citant qu’il s’agit là du «high-tech de demain".

Conduite sous le signe de l’authenticité, cette cérémonie aura ainsi permis de lever le voile sur les futures orientations du Commerce Spécialisé pour l’année 2009, en harmonie avec les attentes du chaland en faveur d’une consommation plus durable et sélective. 

 

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