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Chiffres & cotes |
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n° 218 mars 2010
Ce mot un peu lourd est illustré par une étude, publiée par la Direction générale du Trésor, laquelle constate le fort recul de notre secteur industriel, entre 1980 et 2007. Sur cette courte période, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée nationale est passée de 24 à 14 %, et ses effectifs de 5,33 millions à 3,41 millions d’emplois. Ce recul, affectant essentiellement les industries manufacturières, s’est effectué au profit des services marchands dont le poids dans le PIB national est passé de 45 à 56 %, et dont les effectifs ont augmenté de 53 %. Trois causes expliquent ce phénomène. D’abord les transferts d’emplois de l’industrie vers les services (intérim en majorité), ce qui ramène la perte nette d’effectifs à 1,5 million d’emplois. Ensuite les gains de productivité qui ont réduit le besoin en main-d’œuvre, alors que l’augmentation du pouvoir d’achat incitait les ménages à consommer plus de services et moins de biens industriels. Enfin, la concurrence des pays à bas salaires, jointe aux délocalisations afférentes, qui ont contribué au déclin industriel, en particulier après 2009, mais dans des proportions qui restent difficiles à évaluer. Ainsi, en moins de trente ans, la France a vu son secteur secondaire se rétrécir fortement au profit de son secteur tertiaire, reproduisant le même phénomène qui avait vu, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le secteur primaire se contracter au profit du secondaire. Cette évolution est le propre des pays industrialisés depuis longtemps, mais il faut toutefois noter qu’il n’y a pas de quatrième secteur, ou que celui-ci n’est encore qu’embryonnaire. Que les deux premiers secteurs deviennent des déserts serait assurément préjudiciable au troisième.
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