Procos
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Cérémonie dédiée aux enseignes du commerce spécialisé, la remise des prix Procos constitue l’un des temps forts de l’année. A l’occasion de la 18e édition qui s’est tenue courant janvier, les 233 enseignes adhérentes à Procos et le Comité d’Organisation des prix se sont réunis afin de décerner 6 prix sous le signe de la solidarité, de l’humanité et de l’humilité.

  Pierre GAUTHIER

Confortique Magazine
n° 218 mars 2010

 

Dressant comme chaque année le bilan de l’exercice clos au 31 décembre, la soirée de remise des prix Procos est l’occasion pour ses participants d’aborder à froid les grands moments et tendances de l’année passée, cela afin de mieux envisager l’exercice à venir.

 

Liste des lauréats des prix Procos

Prix "Meilleur commercialisateur 2010"
James Calon – Immochan

Prix "Création de centre commercial 2010"
Les Docks 76, développé par
Unibail-Rodamco à Rouen
Prix "Extension de centre commercial 2010"
Géant Chateaufarine, développé
par Mercialys à Besançon
Prix "Ville et mobilité 2010"
La ville de Montpellier et Montpellier Agglomération
Prix Spécial du Comité d’Organisation
Emmanuel de Labarre, ancien Directeur de Procos, ancien Directeur général de Bérénice et Co-fondateur de l’Institut pour la Ville et le Commerce
Prix Procos d’Honneur 2010
Gérard Mulliez, fondateur du Groupe Auchan

 

Une conjoncture 2009 difficile

Compliquée et difficile pour le commerce spécialisé, l’année 2009 s’est clôturée sur une régression de l’activité de - 2,6 % pour les parcs d’activités commerciales et de - 1,5 % pour les enseignes de centre-ville/centre commercial (à périmètre comparable). Affichant une progression en dents de scie, se distinguant notamment par les performances réalisées au mois de juin et de décembre, l’évolution du chiffre d’affaires du commerce spécialisé continue de subir la baisse de la consommation enregistrée depuis le printemps 2008. Dans ce contexte économique défavorable et tendu, l’année 2009 aura seulement connu 4 mois positifs, lors des périodes de soldes (janvier et juin), en octobre et au moins de décembre. Profitant globalement à tous les secteurs d’activités, à l’exception des loisirs qui subissent de plein fouet les choix effectués par le consommateur, le mois de décembre aura notamment permis au commerce spécialisé de tempérer la baisse enregistrée en 2009.

 

Les failles de la LME

En dépit du dynamisme des enseignes qui se sont tout au long de l’année remises en cause en cherchant des solutions pour s’adapter aux besoins de la clientèle, le marché est pour la seconde fois consécutive en régression. Si dans ce contexte, la professionnalisation des équipes et la préservation du capital humain furent les grands chevaux de bataille des enseignes, la libéralisation des implantations commerciales permise par la Loi de Modernité de l’Economie a également concouru à une fragilisation du secteur. En effet, alors que le marché français subit la crise, conjointement à une baisse de la consommation, le volume de surfaces commerciales autorisées en 2009 a encore atteint des records. Malgré un léger ralentissement des investissements du côté des promoteurs, les autorisations accordées par les collectivités locales ont contribué à maintenir un niveau élevé de projets de surfaces commerciales pour un total de 4 millions de m2 (3,5 millions de m2 en 2007, 3,1 millions de m2 en 2008). L’augmentation du seuil de 300 m2 à 1 000 m2 prévu par la LME, dispensant de procédure d’autorisation les surfaces de vente de moins de 1 000 m2, a très nettement favorisé le développement des projets situés dans la tranche de 300 m2 à 1 000 m2.

 

Une prise de conscience collective

Avec la disparition du député Charié en 2009, chargé de la commission de la réforme sur l’immobilier commercial, les centres-villes continuent de subir la pression du développement des projets commerciaux en périphérie, au détriment des commerces de proximité. Confrontées aux difficultés conjoncturelles, les enseignes du commerce spécialisé émettent désormais de plus en plus de réserve quant à ces projets d’ensembles commerciaux malgré leur volume croissant. En effet, selon l’observatoire de la fédération Procos, 593 projets (soit 7 432 000 m2) sont d’ores et déjà prévus pour les 5 prochaines années. 80 % des surfaces en projets concernent des opérations de périphérie, dont 52 % des parcs d’activités commerciales et 28 % des centres commerciaux. A contrario, les centres commerciaux de centre-ville ne représentent que 12 % des surfaces en projet. Ainsi qu’évoqué précédemment, la retail parkomania dont souffre la France lui permet de se maintenir à la première place des pays d’Europe dans lesquels le plus grand nombre de projets et de m2 sont programmés. Et cette tendance ne semble guère s’inverser, en dépit d’une diminution, la première depuis les années 1990, du nombre de projets.

 

De la nécessité d’une loi réglementant l’urbanisme commercial

Consciente de cette surproduction abusive, la fédération Procos a dénoncé les conséquences que cette évolution injustifiée produirait à terme. Alors que le Conseil National des Centres Commerciaux estime à - 3,9 % la baisse de fréquentation des centres commerciaux sur 2009, la poursuite de cette expansion commerciale, sans suivi de la demande, risque de créer un phénomène de cannibalisation des commerces, d’entraîner des fermetures et donc favoriser le développement des friches commerciales. De plus, cela fragilisera les équilibres entre les centres-villes et la périphérie. Evoquant les mesures proposées par le Grenelle de l’Environnement en faveur de la lutte contre l’étalement urbain, de la préservation des équilibres territoriaux et la maîtrise des déplacements, la fédération Procos se montre favorable à l’élaboration d’une loi fondatrice, fomentée autour de plusieurs princes-clés, qui permettrait de traiter spécifiquement l’urbanisme commercial. Ainsi, elle préconise le renforcement ainsi que le rendu obligatoire du volet commercial des SCOT. Egalement, elle soutient l’application de nouvelles prescriptions en matière d’intégration architecturale, urbaine et paysagère afin d’améliorer la qualité des nouveaux programmes, avec une maîtrise des coûts, évitant de facto l’envolée des loyers pour les nouveaux commercés créés. Elle appelle en outre à la création de nouveaux outils, pour la maîtrise foncière, le montage et le portage des opérations afin de relever l’enjeu de la requalification des sites existants, notamment les entrées de villes dégradées. •

 

Bilan économique 2009
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Le panel est établi à partir des variations de chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, à périmètre comparable.
 

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