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Euler Hermes SFAC |
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Principal assureur-crédit de l’Hexagone, Euler Hermes SFAC fait l’objet depuis le début d’année de vives critiques en raison de la diminution des encours accordés aux clients de ses assurés. Considérant la hausse des risques d’impayés observés en 2008 consécutivement à l’augmentation des défaillances d’entreprises, provoquée notamment par le recul de la consommation et les différentes crises survenues, Euler Hermes SFAC a réduit ses encours de 6 à 7 %. Conscient du tort créé par cette décision aux entreprises, l’Etat a mis en place un nouveau dispositif de soutien au crédit interentreprises, intitulé Complément d’Assurance-crédit Public (CAP), permettant aux assurés crédit de bénéficier de couvertures complémentaires en cas de garanties partielles ou de refus de garanties sur leurs clients.
Pierre GAUTHIER
Karine Berger, Directrice des études
S’appuyant sur les données économiques de l’INSEE, estimant la chute de la consommation des biens d’équipement entre 7 et 10 % sur les 12 derniers mois, Euler Hermes SFAC a répercuté ce recul du marché sur ses activités. "L’évolution à la baisse des encours ces 8 derniers mois n’excède pas 4 à 5 %, atteste Karine Berger, Directrice des études chez Euler Hermes SFAC. Mais cette décision était nécessaire dans un contexte économique tendu où nombre de secteurs dont les biens d’équipement de la maison sont affectés par le ralentissement de la consommation des ménages."
Un pionnier à tous les niveauxInstitution fondée en 1927 par un consortium de banques, Euler Hermes SFAC fut créée dans l’optique de favoriser le crédit afin de couvrir les risques encourus par les entreprises. Faisant partie du groupe international Euler Hermes, filiale du groupe AGF, lui-même membre du groupe Allianz, la société Euler Hermes Sfac est ainsi devenue le n°1 de l’assurance-crédit en France, avec 51 % de parts de marché, et à l’international, avec 36 % de parts de marché. Implanté dans plus de cinquante pays, le groupe Euler Hermes garantit aujourd’hui quelque 800 milliards d’euros de transactions commerciales dans le monde. Régie par un principe fondateur qui est que chaque assuré lui verse une prime calculée en fonction de son chiffre d’affaires, Euler Hermes SFAC a pour objectif d’orienter ses clients vers les entreprises ayant une bonne solvabilité. "Nous sommes un intervenant privé, autrement dit nous ne sommes pas là pour soutenir l’économie française mais pour protéger nos clients des impayés, confie Didier Moizo, Conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC. Aussi, nous regardons avec un œil plus sélectif toutes les entreprises françaises". Pour cette raison, la fonction première d’Euler Hermes SFAC est de collecter les informations de toutes les façons possibles sur le territoire national grâce à ses 28 délégations régionales. Assurant une proximité sur le terrain en allant au contact des clients (grossistes, distributeurs) de ses assurés, elle croise les renseignements ainsi recueillis avec l’information collectée par d’autres partenaires financiers afin de valider le profil de chaque entreprise. Au fait des différentes crises survenues tout au long de l’année 2008 (pétrole, matières premières, consommation), Euler Hermes SFAC a été le témoin de la détérioration de la situation économique en France. Observant une explosion des défaillances d’entreprises ces 12 derniers mois, notamment chez les commerçants de l’électrodomestique (+13,4 % à fin avril 2009), elle a été l’un des premiers organismes à alerter ses assurés sur la hausse des risques d’impayés. Ce qui s’est traduit par sa décision de réduire ses encours de 6 à 7 %.
Une décision controverséeAdmettant qu’il y a bel et bien une crise, Euler Hermes SFAC tempère cependant sa gravité à l’heure actuelle bien que la situation de nombreux marchés, comme les biens d’équipement de la maison, demeure encore incertaine. "Nous sommes persuadés que le pire de la crise est aujourd’hui derrière nous, témoigne Didier Moizo. Il y a un an, nous mettions en garde des dangers qui se profilaient à l’horizon avec la réduction des dépenses des ménages français. Certes, nous avons pris des décisions difficiles cependant nous sommes certains aujourd’hui d’avoir fait ce qu’il fallait et nous assumons pleinement le fait d’avoir réduit les encours". Constatant en effet sur le premier trimestre une stabilisation des volumes sur les différents marchés Euler Hermes SFAC justifie sa décision en évoquant la contraction de la valeur sur certains secteurs tels que la micro-informatique. Bien que dénonçant le recul de la consommation des ménages, Euler Hermes SFAC refuse cependant de lui attribuer l’entière responsabilité de la baisse de l’économie. "Nous doutons fortement que le comportement du consommateur ait changé de manière aussi radicale en quelques mois quant à ses achats et qu’il s’agisse de la raison majeure du recul des marchés, souligne Didier Moizo. Il suffit d’observer les volumes réalisés sur les différents secteurs pour s’en rendre compte. Les Français continuent de consommer". D’autres facteurs, cumulés au ralentissement de la consommation, sont en effet à pointer du doigt. C’est le cas notamment de la Loi de Modernisation de l’Economie qui a radicalement changé la donne entre fournisseurs et distributeurs et ce de manière brutale. La réduction des délais de paiement a entraîné d’importants problèmes de trésorerie chez les distributeurs en ce qui concerne le financement de stock. Si bien que tous ont réduit de manière significative le volume de leurs commandes. En outre, et en raison du contexte économique actuel, nombre de fournisseurs ont impacté l’effet de la crise sur leur production en réduisant les volumes, générant ainsi dans certains secteurs une pénurie malgré la demande. "Par conséquent, l’accumulation ralentissement de la consommation + application de la LME en pleine crise financière a eu pour effet de mettre la pression sur les prix," commente Didier Moizo. Bien que la perception de la baisse des encours soit notable ces derniers mois, du fait notamment du nombre de petits contrats souscrits auprès d’Euler Hermes SFAC, l’augmentation des risques contractés par les petits distributeurs a imposé la prise de ces mesures protectionnistes. "Le risque pour nos assurés-crédit est aujourd’hui maximum, explique Karine Berger. De nombreuses entreprises privées ne peuvent plus couvrir les risques pris par leurs clients. Si cela était le cas, nous nous retrouverions contraints de multiplier les prix par 20. C’est la raison pour laquelle, dans le contexte de crise actuel, la prévention prime sur l’assurance et l’indemnisation." Cependant, Euler Hermes SFAC se défend d’avoir généralisé la réduction de ses encours à tous ses assurés, s’agissant uniquement d’une décision effectuée au cas par cas, motivée en fonction de la santé de l’entreprise.
Un engagement gouvernementalAlors que le nombre de défaillances d’entreprises au niveau national est en hausse de 16 % par rapport à l’an passé (57 700 défaillances en 2008 contre 50 200 en 2007), Euler Hermes SFAC prévoit que ce chiffre devrait se situer à +25 % en 2009. Raison pour laquelle la croissance devrait cette année encore se révéler faible. Considérant la baisse des encours engagée par Euler Hermes SFAC ces derniers mois (6 à 7 %), cette évolution correspond sensiblement à la chute enregistrée par le marché français des biens d’équipement de la maison en 2008 (28,92 milliards d’euros en 2008 contre 30,31 milliards d’euros en 2007, soit une chute de 4,8 %) et depuis le début d’année (6,99 milliards d’euros au Q1 2009 contre 7,38 milliards d’euros au Q1 2008, soit un recul de 5,58 %) (source GfK). Vivement critiquée par les distributeurs qui l’accusent de nuire à leur activité, Euler Hermes SFAC travaille aujourd’hui avec l’autorité publique dans le cadre d’un nouveau dispositif mis en place depuis novembre 2008 par l’Etat français. Baptisée CAP, pour Complément d’Assurance-crédit Public, cette initiative gouvernementale consiste à compléter la garantie de l’assureur-crédit afin de soutenir le crédit interentreprises. N’importe quel assuré souhaitant maintenir ses encours à leur niveau peut par conséquent solliciter l’aide de l’Etat pour compléter les crédits contractés par ses clients. Pouvant directement être souscrit auprès d’ Euler Hermes SFAC, le CAP fait l’objet d’un avenant au contrat d’assurance-crédit initial et est facturé au taux annuel de 1,5 % de l’encours complémentaire garanti (la prime complémentaire est versée à l’Etat). Assurant ainsi un partage des risques entre l’assureur-crédit et l’Etat, le CAP offre une garantie sur une période de 3 mois renouvelable à la demande de l‘assuré. S’adressant à tous les clients Euler Hermes Sfac concernés par une garantie partielle sur une nouvelle demande ou par une réduction de garantie, ce dispositif a récemment vu s’élargir son champ d’action aux entreprises souffrant d’un risque de trésorerie trop élevé. Baptisée CAP +, cette dernière mesure permet ainsi de couvrir certains risques des commerces auxquels l’accord d’encours est refusé, l’Etat prenant alors tous les encours à sa charge. Rapidement mis en place, sous un délai de 5 jours, ces deux process connaissent à l’heure actuelle un vif succès notamment grâce à leur grande souplesse de mise en place et d’application. Institués pour couvrir le plus grand nombre d’agréments, le CAP et le CAP+ constituent aujourd’hui les réponses de l’Etat aux entreprises en difficulté dans le contexte économique actuel. Bien que timidement médiatisés, ces deux dispositifs ont cependant reçu un chaleureux accueil de la part des assurés, plus de 3 500 CAP ayant déjà été signés depuis le début d’année, représentant près d’un tiers des contrats de la Sfac. S’il gagne aujourd’hui à se faire connaître auprès de la distribution, gageons que l’Etat et Euler Hermes SFAC sauront maintenir le cap afin de défendre ses intérêts. •
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