

Dans la grande famille de l'électroménager, le Gifam est reconnu comme
étant la référence technique de la
profession, la plate-forme de défense des intérêts collectifs. Dotée d'un champ
de compétences étendu et d'une vision
dynamique du marché,
l'organisation fédératrice de l'industrie des appareils ménagers concourt depuis 40 ans à la dynamique de la filière et à la création de valeur.
Christine DUPUIS
Confortique Magazine Spécial 20 ans
numéro 196 – janvier 2008
En 1967, le Gifam voyait
le jour. Initialement, le Gifam signifiait Groupement des Industries Françaises
d'Appareils d'Equipement Ménagers. Avec les années, la fédération a ouvert ses
portes à des groupes importateurs pour avoir une représentativité plus large et
devenir en 1990 le Groupement Interprofessionnel des Fabricants d'Appareils
d'Equipement Ménager. Bernard Planque, au sein du Gifam depuis 1980 et Délégué
général depuis dix ans, nous remémore le parcours de cette organisation
professionnelle qui "a toujours cherché à remplir au mieux ses missions face à
l'évolution du marché, de la concurrence et autres grands enjeux mondiaux. Le
rôle du Gifam consiste à animer et promouvoir la filière électroménager,
favoriser le développement du marché et être en mesure d'offrir aux
consommateurs des innovations, des services adaptés à leurs attentes. Le Gifam
est composé d'un ensemble d'acteurs venant de l'industrie qui ont des intérêts
communs et une vision dynamique du métier. Leur implication et leur
représentativité font de l'organisation une véritable plate-forme de projets,
un relais auprès des institutions et partenaires".
Le Gifam est le résultat de la réunion de trois
syndicats professionnels (du froid domestique, Uniclima, le syndicat de la
construction électrique, et du chauffage et cuisson gaz) qui, partant du constat
qu'ils s'adressaient à un même marché, ils
avaient intérêt à travailler ensemble pour faire progresser ce marché. "Dès lors, nous avons cédé le critère technique au profit du critère marché. Le
groupement ne s'est pas constitué sur une idée de l'offre mais sur une idée de
la demande, c'était très précurseur comme approche".
Le fondateur du Gifam, Guy Brana, Vice-Président
du Cnpf à cette époque et faisant partie de Thomson, fut le premier Président
du Gifam. Depuis au sein du Gifam, plus d'une quinzaine de présidents lui ont
succédé. Pour l'heure, Alain Grimm Hecker est le Président par intérim jusqu'à
la fin du 1er semestre 2008, succédant à Benoit Lelièvre qui a dû interrompre
son mandat de deux ans.
A ses débuts, le Gifam comptait 400 membres, un
grand nombre de marques à l'époque. Avec les années, le paysage s'est modifié.
Certaines activités ont disparu, comme les poêles à charbon et à bois, des
marchés ont subi des concentrations considérables comme celui des chauffe-eau
électriques, du chauffage électrique qui, dans les années 80, comptait entre 20
à 30 entreprises. Aujourd'hui, les deux principaux acteurs réalisent près de 80
% du marché. De même dans le petit électroménager, secteur où les deux leaders
devenus des multi-spécialistes se partagent plus des 3/4 du marché du Pem. A
leurs côtés, des Pme ont conservé des positions fortes avec des marques de
notoriété, offrant des produits innovants sur des créneaux de marché porteurs.
"D'un marché atomisé, nous sommes passés à un marché concentré. Dès lors, les
concentrations ont réduit le nombre d'acteurs industriels au sein du Gifam. Ils
ne sont plus qu'une cinquantaine aujourd'hui avec près de 150 marques.
Fortement représentatif des acteurs industriels présents sur le marché, le
Gifam rassemble des grands groupes multinationaux et Pme qui proposent une
offre complète et diversifiée sous des signatures de grande notoriété".
Avec les années, la composition du Gifam s'est
également allégée, nouvelle organisation oblige. De 35 personnes à ses débuts,
le Gifam ne compte plus que 9 personnes. Des activités ont disparu comme la
revue intitulée "Le nouvel équipement du foyer" qui a été abandonnée au début
des années 90, un magazine dans lequel les industriels s'exprimaient.
L'informatique a également contribué à modifier la bureautique. Cette évolution
a permis au Gifam de disposer d'un fichier et de statistiques remises à jour
régulièrement et mises à la disposition des adhérents sur le site du Gifam.
Le consommateur, centre de gravité
Depuis sa création, le Gifam a toujours placé le
consommateur au centre de ses préoccupations. "Le centre de gravité de
l'industrie électroménager c'est le consommateur. Tout tourne autour des
consommateurs d'autant que le Gifam représente des grandes marques qui sont,
elles-mêmes tournées vers le consommateur. La mission première du Gifam
consiste à défendre les intérêts collectifs de la filière au profit des
consommateurs, à faire en sorte que les distributeurs trouvent intérêt à
commercialiser et promouvoir les produits innovants et performants. Notre
intérêt en tant qu'industriels est de faire vivre le marché. Les efforts
doivent être valorisés auprès des enseignes de distribution et relayés auprès
du consommateur final".
Dès lors, le Gifam organise régulièrement des
rendez-vous des filières Pem et Gem qui permettent chaque année aux fabricants
et aux distributeurs de débattre ensemble des moyens propres à promouvoir
l'innovation et dynamiser ces activités au profit des consommateurs. "Tel est
l'objectif poursuivi lors de chaque réunion de filière Gem ou Pem. Nous avons
changé de cap avec les distributeurs depuis une dizaine d'années. Auparavant,
la réglementation de la concurrence n'était pas favorable à créer de bonnes
conditions, comme les pratiques de prix d'appel qui engendraient des relations
difficiles. La loi Galland de 1996 a favorisé les relations entre l'industrie
et le commerce. Avec la distribution, il y a désormais une réelle volonté
d'agir en partenaire, d'avoir une vision commune, de mettre ensemble des moyens
pour faire vivre le marché. Cette notion de partenariat est positive sur le
plan commercial".
Accompagner l'évolution
Le secteur de l'électroménager évolue sans
cesse, c'est une évidence. Mais les efforts en matière d'innovation sont-ils toujours
bien compris et traduits par la distribution et in fine par les consommateurs ?
Partant de ce constat, le Gifam organise des réunions filière et croise
plusieurs sources d'informations pour essayer de répondre à cette question et y
apporter des solutions. En effet, le Gifam enrichit régulièrement ses
connaissances du marché au travers de nombreuses études consommateurs
permettant de mieux cerner le parc d'appareils, de connaître les motivations
d'achat, la perception des innovations. Les résultats des analyses permettent
de croiser les informations, de faire des propositions d'informations, de mieux
promouvoir l'innovation. "Le Gifam cherche à mieux connaître la perception des
consommateurs et des vendeurs vis à vis des produits innovants, déterminer
leurs besoins d'information et les moyens de valorisation. Pour cela, il
convient de bien comprendre le consommateur pour mieux l'accompagner au
quotidien, développer un service de qualité et contribuer au travers d'une
communication adaptée. Depuis plusieurs années, nous développons des axes
collectifs de communication. Chaque année, il y a un thème repris par la presse
et communiqué auprès des consommateurs tel que la baisse de consommation
d'énergie, les efforts faits en matière de respect de l'environnement".
En effet, le Gifam préserve un haut niveau de
qualité et de sécurité du marché et dénonce les dysfonctionnements qui
entravent la concurrence tels que les produits dangereux, les contrefaçons, les
annonces déloyales, les pratiques commerciales douteuses, ou encore le non
respect de la réglementation commerciale ou environnementale, et il le fait
savoir à travers ses différentes campagnes d'information et sur le site du
Gifam.
D'autre part, le Gifam est un partenaire actif
des organisations professionnelles fédérales (Medef, Fieec) pour traiter des
questions environnementales, de la politique technique, de l'énergie, de la
concurrence et de la consommation. Au sein du comité européen (Ceced) et en
qualité de leader sur différents dossiers, le Gifam assure le relais nécessaire
des choix européens auprès des instances nationales. Il assure également une
présence active dans l'élaboration des projets de normes et textes
réglementaires, en France et en Europe, dans les domaines de la sécurité, de la
consommation d'énergie et de la santé. Enfin, il accompagne la valorisation de
la qualité et des performances des produits au travers de la certification NF.
Le défi de l'environnement
Si les appareils ménagers améliorent
indiscutablement le confort de vie, leur utilisation universelle les place au
cœur des enjeux environnementaux. "Par son engagement, le Gifam est reconnu
comme organisation leader et responsable". Depuis une dizaine d'années, le
respect de l'environnement est devenu un élément clé de l'activité du Gifam,
notamment sous l'aspect économie d'énergie, à partir d'une directive avec les
pouvoirs publics depuis le début 1990. "Dès lors, nous promouvons les avancées
industrielles en matière de consommation d'énergie et d'eau auprès des acteurs
de l'économie et du marché".
Depuis 15 ans, le Gifam s'est fixé plusieurs
missions dans le cadre de sa politique environnementale. Il veille aux intérêts
des entreprises dans les réglementations environnementales européennes et
nationales, anticipe les échéances par des études pilotes. Ainsi, en 1995, le
Gifam a réalisé une étude avec Renault qui avait pour objectif de connaître le
degré de pollution des appareils ménagers, vérifier s'il y avait une
compatibilité entre les appareils ménagers broyés et les automobiles.
"Nous concilions les équilibres économiques
vitaux de l'entreprise, le fonctionnement du marché et les nécessités
environnementales nouvelles comme la facturation de l'éco-participation".
La mission DEEE fut incontestablement le plus
important dossier du Gifam, "une tâche colossale avec des enjeux économiques
et financiers considérables. Nous avions des objectifs très précis notamment
sur la constitution d'un éco-organisme. Nous devions prendre nos
responsabilités car les produits blancs représentent une part majoritaire des
déchets en tonnages. Il nous a fallu trois ans pour créer Eco-systèmes".
Créé le 4 juillet 2005, Eco-systèmes a été agréé
par les pouvoirs publics comme éco-organisme DEEE le 9 août 2006. Lancé sous
l'impulsion de trois fédérations professionnelles : Gifam, FCD (Fédération des
entreprises du Commerce et de la Distribution), Simavelec (Syndicat des
industries de matériels audiovisuels et électroniques), le projet de fédérer
producteurs et distributeurs est né en mai 2004. Il s'est rapidement traduit
par la volonté de créer ensemble un éco-organisme ayant vocation à accueillir
une majorité des acteurs de la profession. "En initiant l'idée forte, tout à
la fois évidente et inédite que les distributeurs sont des acteurs incontournables
de la collecte des appareils électriques et électroniques en fin de vie, le
Gifam a été le berceau d'un éco-organisme majeur pour les DEEE : Eco-systèmes". •