Dyson
L'aspiration bien inspiree

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Index de l'article
1. Dyson, l'aspiration bien inspirée
2. INTERVIEW EXCLUSIVE James Dyson, un vent d'innovation
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James Dyson – un vent d'innovation

 

James Dyson, le célèbre inventeur courageux (rappelons qu’il avait hypothéqué sa maison pour pouvoir commercialiser son invention, l’aspirateur sans sac), s’est souvenu que Confortique avait été la première revue française à parler de lui. C’était en 1995. Depuis, bien des aspirateurs sont passés sous les ponts de la distribution, et son nom est désormais connu du monde entier. Marie-José Nicol, rédactrice en chef de Confortique, a pu, en exclusivité, lui poser quelques questions lors de son passage à Paris, où il venu pour le lancement de sa nouvelle innovation, le ventilateur sans pales.

 

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Confortique Magazine : Si le secteur du Pem, en France, a été épargné par la crise, tel n’a pas été le cas de l’Angleterre. Dans ce contexte, comment Dyson a-t-il passé l’année 2009 ?

James Dyson : Nous avons réalisé un CA de 800 millions de livres sterling, soit 891 millions d’euros, en croissance, de 15 % par rapport à 2008. Il est exact que la conjoncture internationale est vitale pour nous puisque nous exportons 85 % de notre production et ne réalisons donc que 15 % sur notre marché national. En comparaison de l’Angleterre, du Japon, des USA et de la Russie, la France s’en sort bien. En France, nous avons réalisé un CA de 41 millions d’euros en 2009, soit +17,2% par rapport à l’année dernière. Toutefois, à quelque chose malheur est bon puisqu’à la finale, nous nous portons mieux que nos concurrents ce qui nous a permis de conquérir des parts de marchés dans presque tous les pays.

Plus de 130 brevets par an !

Vous allez nous dire que votre succès est dû à l’innovation. Certes, mais d’une part certains de vos brevets sont tombés dans le domaine public (et les aspirateurs sans sac fleurissent) et d’autre part, la diversification entamée il y a quelques années avec les lave-linge n’a pas été un franc succès !

L’innovation, les idées nouvelles, comment améliorer le quotidien du consommateur, c’est ma vie ! Savez-vous que nous déposons, en Angleterre, plus de 130 brevets par an ? Nous remportons, sur ce plan, la médaille d’argent juste derrière Rolls Royce ! Il est exact que certains brevets sont désormais à la portée de tous, mais dans l’aspirateur Cyclone, il reste encore beaucoup de technologies qui sont protégées. De toute façon, le véritable avantage de ce produit ne réside pas tant dans l’absence de sac que dans sa puissance d’aspiration qui reste constante au fil du temps. Sur le plan du produit, notre lave-linge a été un succès total. D’ailleurs, il avait été classé en tête de sa catégorie par Which, l’équivalent britannique de Que Choisir. Malheureusement, le coût de cette technologie était trop élevé par rapport au marché et nous avons été obligés de stopper la production.

Un anglais qui ne mesure pas le succès en terme financier, voilà qui est atypique !

Hé oui, je suis un ingénieur et un créateur, pas un financier !

Les concurrents pâlissent devant l’absence de pales !

Et cela vous réussit. Mais malgré ces nombreux brevets, vos nouveaux produits sont rares. En 15 ans, nous n’avons vu que l’aspirateur et les lave-linge. C’est peu pour un esprit aussi inventif que le vôtre !

Vous oubliez les sèche-mains qui ont eux aussi changé la vie des consommateurs !

Oui, mais ce n’est pas un produit grand public.

Si, car c’est le grand public qui au final les utilise. Mais vous voulez une révolution sur le marché B to C ? Nos nouveaux ventilateurs arrivent ! Plus de pales qui hachent l’air, mais au contraire, un zéphyr doux que vous pouvez doser comme vous voulez !

Ce marché est dominé par des produits chinois d’importation à bas prix. Le vôtre, plus technologique est nécessairement plus cher. Il sera commercialisé en prix public à 299 euros. Ne craignez-vous pas de vivre la même mésaventure qu’avec les lave-linge ?

J’espère vivre la même aventure qu’avec les aspirateurs. Car, vous vous souvenez certainement, tel était également le cas du premier aspirateur Cyclone qui se trouvait clairement positionné dans le 4e quartile. Et puis les ventes réalisées en Australie cet hiver ont dépassé les attentes : nous nous sommes mêmes retrouvés en rupture de stock !

Allez-vous également vendre ce produit dans les circuits du bricolage car là se trouve, en France, la part la plus importante du marché des ventilateurs ?

Nous sommes d’ores et déjà référencés chez Castorama et nous espérons que la qualité et le design de cette innovation sauront séduire d’autres centrales.

Fabriquez-vous toujours en Angleterre à Malmesbury ou avez-vous succombé aux sirènes du Sud-est Asiatique ?

Nous sommes une société britannique. Nous payons nos impôts et nos taxes en Grande-Bretagne, mais nous fabriquons en Malaisie et à Singapour. Nous y possédons (en propre) 7 usines : 4 pour les aspirateurs, 1 pour les ventilateurs (en Malaisie), 1 pour les sèche-mains et 1 pour les moteurs. Ce dernier point est important car c’est grâce à notre nouveau moteur, deux fois plus petit mais deux fois plus puissant que les produits traditionnels, que nous avons pu développer notre nouveau ventilateur.

A partir de cette technologie, nul doute que vous ne puissiez développer de nouveaux produits. Des sèche-cheveux par exemple ?

Notre potentiel d’innovation est énorme. Rien que dans l’électroménager, il reste encore de nombreux progrès à faire dans l’amélioration des utilisations pour le consommateur. C’est ce qui rend notre métier passionnant, excitant et joyeux.

Pour vous le mot crise n’existe donc pas ?

Lorsque je regarde la route qui nous reste à accomplir, je suis très optimiste. La technologie recèle toujours plus de promesses et de nouveaux marchés, comme celui lié au développement durable, s’ouvrent tous les jours.

Allez-vous un jour relancer la machine à laver ?

Peut-être oui, peut-être non. Qui sait ?

Le mot de la fin ?

Quoi que nous fabriquions, il s’agira d’un produit utilisant une technologie de rupture et dont l’utilisation comblera une frustration jusqu’à présent ressentie par le consommateur.

 

 



 
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