Indicateurs économiques
Internet – La guerre des contenus !

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2007 aura été à marquer d’une pierre blanche puisque, à l’occasion de cet exercice, la barre symbolique d’un foyer français sur deux connecté à la grande toile a été atteinte ! Outre cette indication qui marque un tournant dans l’histoire de ce média, l’année a cependant subi deux sortes de séismes qui devraient laisser des traces dans un futur plus ou moins proche : la chute caractéristique des téléchargements frauduleux et l’explosion du e-commerce. Tour d’horizon de ces deux facteurs qui sont en train de révolutionner notre quotidien.

 

Eric BOURILLOT
PANORAMIQUE 2008

 

C’est officiel (source GfK), 12,6 millions de foyers français (contre 10,9millions en 2006) possèdent Internet et 94 % (+ 16 % par rap- port à 2006) des inter- nautes connectés le sont par le biais du haut débit (plus 16%par rapport à novembre 2006, soit 22,9 millions d’internautes). C’est 900 000 (+ 5 %) de plus par rapport à fin 2006 soit tout juste 50 % de la population. Les 9 heures par semaine de connexion, en moyenne, pour un individu en 2004 sont passées à près de 12,5 heures en 2007 ! Quant on sait que le stade des 15 heures devrait être atteint en 2010 il est aisé de comprendre pourquoi les publicitaires accordent une part de leur budget plus importante, de trimestre en trimestre, dans le Net. Les consultations du courrier électronique (77 %) et la recherche des informations (77 %) trustent de loin les 2 premières places des applications préférées des habitants du pays des Gaules. Puis viennent dans l’ordre : les achats en ligne (38 %), la communication avec les autres internautes (31 %), l’organisation de ses loisirs (30 %), gérer son quotidien (29 %), le téléchargement (18 %), l’accession à des programmes multimédias (13 %) et le développement d’un réseau social (Face Book, blog : 3 %). Placée au même stade en pourcentage que l’action de "consulter son courrier", la "recherche d’informations" a littéralement explosé, la faute aux élections présidentielles de mai dernier. En moyenne, près de 23 millions de Français ont visité un site d’information au cours de l’année soit une moyenne de 8 internautes sur 10. Ce sont en particulier les sites d’ "Actualités nationales et internationales" qui ont enregistré une très forte progression soit 25 % en un an et près de 14 millions de visiteurs uniques en novembre 2007. Les portails des différents courants politiques ont enregistré un taux record de visites quelques semaines avant le 1er tour puisque plusieurs d’entre eux comptaient plus de 100 000 visites par mois. Pour la première fois de l’histoire du pays, près d’un million d'électeurs ont voté à la présidentielle via des "urnes électroniques", dont ont été équipées une cinquantaine de villes. Le résultat n’a pas été tout à fait à la hauteur des attentes escomptées,mais cela démontre à quel point Internet est désormais entièrement inscrit au sein de la vie quotidienne des Français et des Européens.

 

PRES DE 50 % DES FOYERS SONT CONNECTES A INTERNET
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L'ACCES DES MENAGES A INTERNET
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J’achète !

L’e-commerce enregistre des résultats plus qu’encourageants puisque, selon Mediametrie, près de 4 Français sur 10 ont acheté sur le Web. Chaque mois, près de 2/3 des internautes (65,7 %) visitent au moins l’un des sites du Top 15 du e-commerce soit une augmentation de 16 % en l’espace d’un an. Et pas seulement pour faire ses petites emplettes du jour puisque même l’immobilier ne résiste pas à la charge ! En fin d’année, Mediametrie a relevé qu’une personne sur 6, soit 17 % des internautes, consultait un site lié à ce marché pour, soit vendre, soit acheter, louer ou investir. Les internautes profitent aussi de l’opportunité, pratique et économique, d’acheter en ligne. Ceux-ci font surtout du shopping de biens culturels (pour 60 % d’entre eux), d’articles de modes (53 %), de produits techniques (37 %). Le Web se révèle être un outil précieux dans l’organisation des loisirs pour 30 % des internautes, réservation de séjours et voyages en tête (à 85 %). De manière générale, les Français commencent doucement mais sûrement à laisser des montants plus importants. Comprenant que l’achat par l’e-commerce ne comportait que peu de points négatifs, la confiance gagne les concitoyens. Après avoir durant deux ans "testé" le système par le biais de sommes dépassant rarement 200 euros, certains indicatifs présentés par le Cetelem démontrent que 8 % des internautes et 5 % de la population totale n’hésiteraient plus à dépenser plus de 1 000 euros en un seul achat. Alors, bien sûr, ces chiffres sont très loin de ceux qui sont recueillis au Royaume-Uni (35 % et 22 %) mais il faut bien se rappeler que l’e-commerce est un concept qui est arrivé relativement tard en France. Même s’il est impossible de se projeter dans le temps avec précision, les observateurs indiquent que, sous 3 ans aumaximum, plus d’1/3 des achats se feront par l’intermédiaire d’Internet. Bien que l’écart petite ville/grande ville soit significatif, il ne l’est pas tant que cela ! En moyenne, 32 % de la population dans les grandes villes a déjà effectué un achat sur le Net contre 25 % dans les petites villes. La carte de "crédit", très à la mode pour régler ces achats en France, remporte et rafle toutes les mises puisque 86 % des règlements sont effectués par ce type de paiement (1er en Europe à égalité avec l’Allemagne). Ne pouvant fléchir, l’e-commerce a donc de beaux jours devant lui puisque, d’ici 2010, plus d’un Européen sur deux aura accès à Internet et, d’ici 2015, le commerce en ligne représentera un quart du commerce total.

Il ne faut donc pas sortir de la cuisse de Jupiter pour comprendre les énormes intérêts qui sont déjà en jeu et la manne conséquente des marchés. Les publicitaires l’ont déjà fort bien compris puisque selon la source TNS Media Intelligence, Internet a représenté 53 % de la croissance du marché publicitaire en 2007. Cet aspect qui n’a recueilli que peu d’échos dans le passé prend aujourd’hui une taille conséquente et, bien sûr, ne peut qu’intéresser la majeure partie des grandes entreprises et enseignes du pays. Conscient que le futur ne peut et ne doit se conjuguer sans l’aide du Net, les grandes marques de l‘économie ainsi que les plus obsolètes investissent plus que concrètement dans ce média. Le montant global des investissements publicitaires bruts plurimedia en France a atteint 23 milliards d'euros en 2007. Un record, mais une progression de 6,2 % décevante au regard des chiffres de 2006 (10,7 %). Sans la progression des investissements sur Internet, la croissance du marché s'élève à 3,2 % seulement. En euros constant, avec une inflation autour de 2 %, la croissance publicitaire sur les médias traditionnels a donc été très faible l'année dernière. La conjoncture économique, l’envolée du prix du pétrole, la crise des subprimes et des matières premières, les diverses incertitudes liées aux élections présidentielles ont sûrement participé activement à cette petite baisse du pourcentage. Même si, selon Eric Trousset, directeur marketing du Pôle Investissements Publicitaires de TNS Media Intelligence, ce chiffre ne devrait pas être dépassé en 2008 à cause d’une croissance qui tarde à décoller, le montant global des investissements devrait lui, par contre, dépasser les 25 milliards d’euros. La part de marché d’Internet représentant les investissements publicitaires a gagné 2,5 points en 2007. Les dépenses publicitaires des annonceurs ont, quant à elles, progressé de 34,5% alors que les autres médias, pour leur part, enregistraient en moyenne une chute de 11 %.

La croissance de l'Internet en France est supérieure à celle des Etats-Unis (+ 17,2 %), mais demeure inférieure à celle du Royaume-Uni (+ 37,8 % sur la période janvier/septembre) ou de l'Allemagne (+ 64,8%). Les secteurs qui ont investi le plus massivement sont : "l’hygiène et la beauté" (+ 81,3%), les "Loisirs" (59,8 %), l’ "Automobile" (+ 53,9%), les "banques d’assurances" (+ 52,2 %)la "Distribution" (+ 51,1%), le "Tourisme" (+ 11,2 %) et les "Télécoms" (+ 6,7 %). Pour finir, le nombre total d’annonceurs a progressé de 5 % (40 400) et pourrait dépasser les 50 000 fin 2008.

 

INTERNET : TOUJOURS EN TETE DES USAGES DU PC !
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INTERNET : OUI MAIS POUR QUOI FAIRE ?...
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Ce qui devait être fait, l’a été !

C’est souvent la même rengaine, le bonheur des uns fait obligatoirement le malheur des autres ! Même s’il n’est pas concevable de juxtaposer le marché de l’e-commerce avec celui du téléchargement illicite, ce dernier a peut-être vécu ses dernières heures de gloire en 2006 ! Second fait marquant de l’année 2007, la chute vertigineuse du nombre des téléchargements frauduleux. Alors que cette action occupait une place de choix dans le cœur des internautes, elle ne brigue plus que la 6e place du classement répondant à la question : "Que faites-vous quand vous êtes sur Internet ?" Avec une perte de 16 % dans les sondages, le téléchargement de films, de musique, de vidéos et de logiciels n’est plus à la "mode" ! Même si près de 900 000 foyers déclarent, en leur âme et conscience, télécharger du contenu illégal, la baisse ne peut que réjouir tous les artistes qui vont peut-être enfin arrêter de pleurer la perte de quelques pourcentages de leurs revenus. Deux raisons expliquent cet effondrement. La première se prénomme : la peur du gendarme. Petit à petit, l’oiseau fait son nid ! Même si l’internaute "moyen" ne risque pas grand-chose à télécharger le dernier blockbuster américain, il semblerait que les répercutions liées aux différentes affaires présentées au journal de 20 heures ou en grands caractères dans les quotidiens aient légèrement refroidi les ardeurs de quelques "maniaques".

Deuxième réponse (et sûrement celle qui est la véritable raison de cette chute !) : le trop plein. Internet ne date pas d’hier ! Cela fait maintenant quelques années qu’il est possible, via des sites tels qu’ICQ, Bearshare ou Torrent, de télécharger sa filmothèque et de se constituer le juke-box de ses rêves. La majorité des titres qui devaient être bien tranquillement entreposés sur son disque dur dort sereinement. Seuls les téléchargements liés à l’actualité occupent les fins de soirée des amateurs du genre. L’explosion du haut débit et de la V.O.D contribue grandement à ce fait qui devrait, sauf très grande surprise, continuer à s’émousser. La fin de l’âge d’or du téléchargement illégal indique qu’Internet commence doucement mais sûrement à être "domestiqué". Jugé "incontrôlable" il y a encore peu de temps, ce dernier tend à démontrer qu’il est en passe d’atteindre l’âge de raison et donc de "vivre" en adéquation avec le monde qui l’a vu naître. Quant on imagine la place qu’il va occuper dans la vie de tous les jours de la majorité des Français dans les 5 ans qui viennent, voire même dans les 20 ans, cette nouvelle ne peut être prise que positivement pour chacun d’entre-nous.  •

 

... ACHETER EN LIGNE : 38 %
ORGANISER SES LOISIRS : 30 %
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... COMMUNIQUER ET ECHANGER : 31 %
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... TELECHARGER : 18 %
ACCEDER AUX PROGRAMMES MUTIMEDIA : 13 %
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