Indicateurs économiques |
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Les grands plats supplantent les petits écrans
Premier facteur de croissance, le parc installé en France compte quelque 45 millions de postes pour un nombre de foyers d'environ 26 millions. En d'autres termes, le marché de renouvellement est bel et bien là et les Français disposent quasiment tous d'un téléviseur. Plus fort encore, plus de la moitié des foyers en détiennent au moins deux ! Puis, seconde explication, c'est un euphémisme que de rappeler les progrès extraordinaires de la technologie en ce domaine avec l'arrivée fulgurante des écrans plats, LCD et plasmas réunis. Si, en 2006, les traditionnels écrans cathodiques (dits CRT) constituaient encore la moitié des ventes, la bascule s'est opérée l'année suivante et l'on estime pour 2008 un volume de ventes de ces appareils inférieur à 200 000 pièces, la messe est dite. Et ce, pour une raison toute simple, le grand public a très vite compris et adopté les avantages de ces produits nouveaux : qualité de l'image, épaisseur réduite autorisant un meilleur recul de vision ainsi qu'une intégration plus aisée dans l'habitat et connectique numérique plus généreuse, pour ne citer que trois atouts parmi bien d'autres. Autre fait marquant initié par l'apport de la technologie en marche, la taille moyenne des écrans s'envole. Jugezen, quand en 2003, 90 % des ventes de téléviseurs correspondaient à une diagonale inférieure à 78 cm, aujourd'hui, 70 % des volumes concernent des écrans de plus de 83 cm tandis que les plus de 110 cm occupent d'ores et déjà quelque 10 % de part de marché ! Enfin, troisième raison du succès extrêmement rapide des téléviseurs nouveaux, leur capacité à restituer la pleine qualité (image et son compris) offerte par les nouveaux supports ou principe de diffusion dont le protocole numérique qui caractérise la TNT. Et là, figure sans doute un grand enseignement qui consiste à analyser le succès des écrans plats par la disponibilité d'un contenu qui valorise leurs performances. En d'autres termes, l'expansion nationale de la TNT a bien évidemment participé à doper les ventes. Dans le même temps, après le format 16/9e, après le standard labellisé HD Ready, nous en sommes aujourd'hui au Full HD qui, sans rentrer dans des détails techniques complexes et nombreux, permet de profiter d'une qualité d'image jusqu'alors inconnue tandis que la multiplication des sources respectant les formats d'image et de son émergents s'amplifie. D'une part, la TNT passe de son côté progressivement à la fameuse haute définition, et 2008 sera sans doute à considérer comme la véritable année 1 de la TNT HD (passage du standard MPEG2 à MPEG4 généralisé), d'autre part, les lecteurs de DVD sont eux aussi passés de ce côté-ci du miroir avec l'arrivée des formats HD-DVD et Blu-ray Disc (BD). A noter également sur le marché des TV, l'incontestable défaite des rétroprojecteurs qui n'ont pas su résister face aux LCD et plasmas à cause de la solution en demi-teinte qu'ils proposaient : une image de qualité moyenne (dont un angle de vision contraignant) tout en présentant une taille et notamment une profondeur bien moins avantageuse que celle de leurs concurrents. Enfin, en ce qui concerne les vidéo-projecteurs, marché d'amateurs avertis au vu des contraintes d'utilisation qu'ils supposent (installation d'un écran et d'une connectique au travers de la pièce, obscurité totale lors du visionnage…), ceux-ci poursuivent leur bonhomme de chemin avec des ventes quasi étales situées entre 60 et 70 000 pièces par an.
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La guerre des deux mondes
Dans la même mouvance de l'évolution du support des sources, passage du simple DVD aux formats prometteurs que sont le HD-DVD et le Bluray Disc, le monde des lecteurs et enregistreurs vidéo a été en pleine mutation. Victimes de la nouvelle façon de consommer des images où la liberté de choix tant des films et émissions regardées que des horaires choisis, les traditionnels lecteurs de DVD sont en perte de vitesse notable, réduction de plus de la moitié des ventes en volume, au profit bien sûr des modèles dotés d'un enregistreur (soit sur DVD inscriptible, soit sur disque dur interne) dont, a contrario, les ventes ont plus que doublé entre 2005 et les estimations de 2008, soit de 300 à 700 000 pièces. Autre grand gagnant des tendances avérées par les chiffres, les lecteurs DVD portables (de 350 à 950 000 pièces tout de même sur la même période) profitent pleinement du goût des Français pour les appareils nomades à l'instar des lecteurs de MP3 ! Quant aux désormais antiques magnétoscopes, également présents sur la liste des grands perdants au même titre que les lecteurs DVD simples, ceux-ci poursuivent une décroissance constante : de 475 000 pièces vendues en 2005, on attend un score d'à peine 125 000 pour l'année à venir ! Le virage numérique est passé par là ! Enfin, tout derniers-nés de la famille, les lecteurs au format HD-DVD et BD se livrent, ou plutôt se livraient, une bataille sans merci. La dynamique de ce segment reposait sur trois éléments fondamentaux : la création de catalogues de films le plus rapidement possible étoffés et disponibles en magasin à grands renforts de partenariats souvent exclusifs des fabricants avec les plus grands studios de cinéma mondiaux, la course au meilleur offrant de la part des marques en termes de prix de vente et, finalement, de gros efforts de communication et d'explications, via en particulier d'importantes formations des équipes de ventes de la distribution comme la présence d'ILV et de PLV toutes plus alléchantes les unes que les autres dans les magasins. La guerre fit rage jusqu'à décembre 2007 où les plus grands compétiteurs n'ont eu de cesse de jouer au mieux-disant (un lecteur acheté = 3 films offerts, puis 4, puis 5) jusqu'à ce que le coup de grâce soit porté au format HD-DVD. Et là aussi, ce fut une logique de contenu qui a porté le coup fatal ! De fait, dès janvier 2008, une grande major hollywoodienne annonçait son désintérêt pour le format HD-DVD et il n'aura fallu dès lors que quelques semaines pour que celui-ci rejoigne feux ses aïeux analogiques Betamax et V2000 dans les tréfonds de l'oubli ! Entre-temps, deux ténors de la console de jeu s'étaient livrés à la même démarche antagoniste avec toutefois un léger avantage volumique pour la PS3 qui intègre dès sa naissance un lecteur Blu-ray tandis que la Xbox suppose l'achat d'un lecteur externe. Face à ce champ de bataille où ne subsiste qu'un seul vainqueur, le consommateur comme la distribution se frotte les mains du simple fait que le choix d'un camp ne s'impose plus. Si l'on veut des images HD chez soi, outre l'émergence des émissions de TNT, il faut impérativement un lecteur BD ! Ainsi facilité, le boom des ventes peut démarrer et sortira très certainement de façon rapide dans les mois à venir de sa toute petite place de 150 000 pièces en 2007 sur un marché total, tous lecteurs confondus, de presque 4,3 millions.
Musique maestro
Jamais deux sans trois affirme la sagesse populaire. Et, concernant le monde de l'audio, force est de constater sa pertinence. De fait, à nouveau un phénomène de restructuration des formats des sources vient bouleverser la donne. Si le classique CD, dont les ventes ne cessent par ailleurs de s'effriter, continue de séduire une clientèle plutôt avertie et exigeante, cela a pour conséquence de maintenir tant bien que mal le segment des chaînes Hifi, compactes ou à éléments séparés, dont on attend un arrêt de la baisse des ventes en 2008 selon un volume stabilisé autour d'un peu moins de 1,5 million de pièces. Parmi elles, un système sur trois correspondrait à un ensemble de type home-cinéma 5.1. De même, ayant bénéficié depuis quelques années déjà du succès phénoménal du format de compression des fichiers audio MP3, les lecteurs de cette famille vivent une mutation profonde selon deux voies. D'une part, un maelström tonitruant quant à savoir qui édite quoi. Dans les faits, dématérialisée, la musique peut se distribuer de bien des façons, par Internet, par téléchargement sur un mobile et même, au grand désespoir de l'industrie du disque par un simple copier-coller favorable au piratage. Résultat, alors que les chansons et albums étaient jusqu'il y a peu exclusivement distribués par les maisons de disques traditionnelles, aujourd'hui, tout le monde veut sa part du gâteau. Fournisseurs d'accès au Net, enseignes nationales de distribution, fabricants de téléphones voire d'ordinateurs, tout le monde ouvre son site de vente en ligne de musique et vient perturber chaque jour un peu plus les frontières d'un monde en pleine effervescence. Une tournure des choses qui, par ailleurs, inquiète et mobilise les pouvoirs publics dont les décisions d'ordre légal et d'instauration de taxes compensatrices se multiplient. Puis, seconde évolution majeure et paradoxale du monde de l'audio, le sous-segment des produits portables adopte définitivement… l'image ! Après le MP3, le MP4 permet en effet de compresser vidéos, films et clips afin de pouvoir les faire loger dans un petit appareil qui tient dans le creux de la main. L'évolution, en parallèle, de la capacité mémoire de ces derniers n'étant bien sûr pas étrangère à cette nouvelle polyvalence d'usage. Concrètement, l'effet de ciseau entre lecteurs MP3 et modèles compatibles MP4 (vidéo) est flagrant : quand les uns passaient de 4,5 millions de pièces en 2005 à environ 930 000 attendues en 2008, les seconds voyaient leurs scores de vente évoluer de 100 000 à plus de 4,3 millions d'appareils espérés en 2008 !
De belles années en perspective
Au regard de ces évolutions notables, les professionnels du secteur font montre d'un optimisme justifié parfaitement résumé par la synthèse présentée lors de la récente conférence de presse du Simavelec. Celle-ci affirme en effet que la profession confiante dans le fait que le marché de l'EGP se portera bien au cours des années à venir car l'heure est au double rendezvous de la haute définition et du numérique. Les enjeux du métier reposent donc désormais sur une bonne compréhension de l'offre de la part du consommateur comme sur la mise en avant de la diversité des solutions technologiques existantes. En d'autres termes, ensemble, fabricants et distributeurs auront à cœur de toujours mieux jouer un rôle de pédagogie qui passe notamment par "une clarification des messages, l'instauration de logos et de labels moins diversifiés que par le passé et des actions denses de formation et de communication" ainsi que le précisait Benoît Lelièvre, président du Simavelec et directeur général de Philips Consumer Lifestyle. •







